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Abhishek Sharma brille, l’Inde écrase l’Afghanistan 3–0

Le vieux Arun Jaitley Stadium a déjà vu des soirées bruyantes. Celle‑ci restera dans les archives. En 14,1 overs, l’Afghanistan est plié pour 94. L’Inde s’impose de 127 runs, complète un 3–0 sans bavure et laisse surtout une image nette : cette série appartient à Abhishek Sharma.

Un ouragan nommé Abhishek

Afghanistan gagne le toss, Ibrahim Zadran choisit de chasser. Sur le papier, une décision logique. Sur le terrain, un pari qui tourne au cauchemar.

Abhishek Sharma et Ishan Kishan s’installent. Six overs plus tard, le tableau d’affichage hurle 100/0. Abhishek vient de livrer l’un des powerplays les plus violents de l’histoire du T20I : cinquante en 16 balles, un taux de frappe stratosphérique, 8 fours, 7 six. Chaque erreur de longueur est punie, chaque variation est renvoyée au‑delà des cordes.

Ibrahim Zadran tente le coup d’expérience : Mohammad Nabi entre pour calmer la tempête. Résultat, 29 runs dans l’over, le bras droit du vétéran criblé de coups. L’Afghanistan ne contrôle plus rien, seulement les dégâts.

La furie ne s’arrête pas à la phase de puissance. Abhishek continue d’écraser l’attaque dans les middle overs. Il file vers un centenaire qui ressemble à une exagération statistique : 100 sur 30 balles, 9 fours, 10 six. Le stade est debout, l’Afghanistan à genoux.

Rashid Khan finit par trouver une brèche. Sur l’avant‑dernière balle du 10e over, il arrache une edge, Rahmanullah Gurbaz ne tremble pas : Abhishek s’en va pour 108. L’Afghanistan vient de retirer la prise, mais la maison a déjà brûlé.

Samson assure, l’Afghanistan se ressaisit en fin de manche

Avec Abhishek dehors, la manche indienne change de ton. Tilak Varma ne fait pas long feu : run out pour 2, encore une fois sous l’impulsion de Rashid Khan, cette fois au lancer. Sanju Samson, lui, reste droit au milieu du chaos. Déjà revenu au cœur de la discussion avec un 57 sur 22 balles lors du deuxième T20I, il enchaîne : 44* sur 31 au moment où l’on bascule dans le dernier tiers de l’innings, calme, propre, sans chercher l’esbroufe.

À 12 overs, l’Inde affiche 155/2. La projection flirte avec les 240. Azmatullah Omarzai refuse pourtant de servir de figurant. Il enlève d’abord Samson pour 50, puis Shivam Dube pour 14, deux coups de ciseau qui freinent brutalement la progression. Sur quatre overs, l’Inde ne marque « que » 36 runs, le run rate global descend sous les 12. L’Afghanistan respire enfin.

À 16 overs, le score indique 191/4. On s’attend toujours à un finish démentiel. Il ne viendra pas. Abdollah Ahmadzai exécute le plan parfait en fin de manche : large yorkers, lignes serrées, zéro panique. Il concède seulement 38 runs sur ses quatre overs, décroche le wicket de Nitish Kumar Reddy et, surtout, limite l’Inde à 221/7. Sur les 24 dernières balles, seulement deux boundaries. Vu le carnage initial, c’est presque un petit miracle pour les visiteurs.

Axar, Bumrah, Thakur : la chasse commence

221 à poursuivre, sous les projecteurs de Delhi, face à une attaque indienne complète. La mission ressemble déjà à une escalade à mains nues.

Axar Patel frappe le premier. Il fait voler les stumps de Rahmanullah Gurbaz pour 15, puis fait tomber Sediqullah Atal, pris par Abhishek Sharma au champ. Deux coups au plexus dans la même over.

Jasprit Bumrah, lui, ne fait pas de détail. Cinquième over, Darwish Rasooli arrive, repart aussitôt : golden duck, les stumps nettoyés avec une précision chirurgicale. Ibrahim Zadran tente de résister, 25 rapides sur 16 balles, quelques signes d’agressivité. Mais Yash Thakur le cueille en début de 6e over, Ishan Kishan assure la prise. À la fin du powerplay, le tableau affiche 51/4. Le match, lui, semble déjà plié.

Bishnoi étrangle, Nitish Kumar Reddy achève

Noor ul Rahman et Azmatullah Omarzai essaient de recoller les morceaux. 23 runs ajoutés, un semblant de partenariat. L’Inde, pourtant, ne lâche rien.

Ravi Bishnoi intervient dans le 9e over : Noor est pris par Nitish Kumar Reddy pour 11. Avec Axar Patel, le leg-spinner forme un étau. Six overs, 31 runs concédés, les limites se font rares, les singles deviennent pénibles. L’Afghanistan n’avance plus, il survit.

La vraie rupture tombe au 12e over. Shreyas Iyer redonne la balle à Nitish Kumar Reddy. Le jeune all‑rounder transforme sa manche en démonstration.

  • Première balle : Mohammad Nabi, 8, bowled.
  • Deux balles plus tard : Azmatullah Omarzai, meilleur scoreur avec 17, renvoyé.
  • Plus loin dans l’over : Mujeeb Ur Rahman, stumps explosés.

Trois wickets pour un run. En cinq balles, l’Afghanistan passe de 81/5 à 82/8. La poursuite, déjà improbable, se disloque complètement.

Il ne reste plus que des formalités. Les derniers wickets tombent sans résistance. À 14,1 overs, la manche s’arrête à 94. Une déroute sèche, sans appel.

Une série maîtrisée, des messages envoyés

Le score brut raconte une correction : victoire de 127 runs, 3–0 sur la série. La manière, elle, raconte autre chose : une équipe indienne qui profite de chaque fenêtre pour tester, ajuster, donner du temps de jeu, tout en gardant un niveau d’intensité impitoyable.

Abhishek Sharma repart de Delhi avec un 108 en 30 balles qui va circuler longtemps dans les discussions. Sanju Samson a consolidé sa place avec deux contributions majeures en deux matches. Axar Patel, Jasprit Bumrah, Yash Thakur et Ravi Bishnoi ont tous signé des passages qui respirent la maîtrise. Nitish Kumar Reddy, avec son over à trois wickets, a rappelé que la concurrence pour les places ne va pas faiblir de sitôt.

L’Afghanistan, lui, quitte la série avec quelques éclairs – la discipline de Abdollah Ahmadzai en fin d’innings, les efforts d’Azmatullah Omarzai – mais aussi une leçon brutale : face à cette Inde‑là, la moindre fenêtre de faiblesse se transforme en porte ouverte.

Delhi a livré son verdict. La vraie question, désormais, se déplace : combien de ces visages alignés ce soir au Arun Jaitley Stadium retrouvera‑t‑on au cœur des grandes échéances à venir ?