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Carlos Alcaraz, Aryna Sabalenka, Naomi Osaka : vérités à New York

Le décor est planté. Lundi, le Arthur Ashe et l’ensemble de Flushing Meadows vont retrouver un visage qu’ils n’avaient plus vu en match officiel depuis plus de quatre mois : Carlos Alcaraz. Le tenant du titre du US Open revient d’une blessure au poignet droit et relance sa saison là où il l’avait commencée, tout en haut, avec l’ambition folle de l’encadrer de deux titres du Grand Chelem.

Face à lui pour ce retour : Roman Safiullin, frappe lourde, 29 ans, et le profil parfait du premier tour piégeux.

Alcaraz – Safiullin : un test d’entrée, pas un échauffement

Le face-à-face est à égalité, une victoire partout. Et ce n’est pas un détail anodin. Safiullin sait déjà ce que cela signifie de faire tomber Alcaraz. Il l’a fait à Paris, à l’ATP Masters de 2023, en bousculant l’Espagnol dans le dur du jeu à plat, en cadence, depuis la ligne de fond.

Le Russe a aussi prouvé cette saison sur gazon qu’il pouvait se glisser dans les grandes affiches : victoires sur Andrey Rublev et Joao Fonseca avant une défaite en quatre manches contre Novak Djokovic en huitièmes de finale de Wimbledon. Un parcours qui dit beaucoup sur sa capacité à tenir la distance et à frapper fort, longtemps.

Alcaraz, lui, revient avec une donnée essentielle : la confiance dans son poignet. Il l’a répété, ses séances d’entraînement ont été intenses, sans retenue. Il se dit prêt à « aller à 100 % ». Le message est clair : il ne vient pas pour se tester, il vient pour défendre son territoire.

Reste une inconnue, la seule que les courts puissent vraiment trancher : le rythme. Quatre mois sans match officiel, même pour un champion déjà sacré en Australie en janvier et devenu le plus jeune joueur à compléter le Grand Chelem en carrière, laissent forcément des traces. Safiullin, lui, arrive avec du jeu dans les jambes et la certitude de pouvoir l’agresser du fond.

Si l’Espagnol tarde à régler la mire, la nuit new-yorkaise pourrait devenir très longue.

Sabalenka – Osorio : la numéro 1 sous pression

Aryna Sabalenka débarque à New York avec un paradoxe aussi brutal que son jeu : elle peut entrer dans l’histoire, et perdre sa place de numéro 1 mondiale dans le même tournoi.

La Biélorusse vise un triplé rarissime : trois titres consécutifs au US Open, comme seules Chris Evert et Serena Williams l’ont fait avant elle. Mais sa saison sur dur, après un début tonitruant, s’est effritée. Titre à Brisbane, finale à l’Open d’Australie, puis la chute progressive : quart de finale à Roland-Garros, huitième de finale à Wimbledon, et une dynamique qui s’est grippée après son doublé Indian Wells–Miami en mars.

La spirale n’a pourtant pas éteint son discours. Sabalenka assure que la confiance est intacte, qu’elle se nourrit des obstacles. « Lancez-moi des défis difficiles, je reviendrai plus forte », martèle-t-elle. New York va vite vérifier la promesse.

En face, Camila Osorio, 59e mondiale, connaît déjà la marche à gravir. Les deux fois où elle a croisé Sabalenka, elle est repartie battue : une fois sur le gazon de Wimbledon en 2021, une autre sur la terre battue de Madrid en 2023. Deux surfaces, même issue.

Cette fois, c’est le dur de Flushing Meadows, terrain de chasse favori de la Biélorusse. Osorio n’a rien à perdre, Sabalenka presque tout : un règne, une série, une image de patronne du circuit. La moindre fébrilité au service, le moindre trou d’air mental, et le match peut s’ouvrir. Si Sabalenka impose d’entrée sa puissance, il peut aussi se refermer très vite.

Osaka – Zakharova : le retour d’une reine sur son terrain

Naomi Osaka connaît chaque recoin de ces courts. Deux titres ici, en 2018 et 2020, quatre majeurs au total, et la sensation que, malgré les années compliquées, le US Open reste son refuge.

Elle l’a dit sans détour : elle s’appuie sur ce passé pour avancer. Sa demi-finale à Washington, puis son quart de finale à Toronto ce mois-ci, ont remis du carburant dans la machine. Le dernier Grand Chelem qu’elle a soulevé remonte à cinq ans, en Australie. Entre-temps, Osaka a ouvert au grand jour le chapitre de sa santé mentale, puis celui de la maternité, avec une pause de quinze mois avant son retour en 2023.

Son été sur gazon a envoyé un signal fort : un meilleur parcours en carrière à Wimbledon, ponctué par une victoire de prestige sur Sabalenka. Une performance qui rappelle qu’une Osaka en confiance reste l’une des joueuses les plus dangereuses du circuit, surtout sur dur.

Face à elle, Anastasia Zakharova, 101e mondiale, découvre ce genre de scène avec le rôle de l’outsider totale. Aucun précédent entre les deux. Osaka aura l’avantage de l’expérience, de la mémoire des grands matches ici, et d’un court qui lui convient parfaitement. Zakharova, elle, peut jouer libérée, sans comparaison, sans historique.

Osaka cherchera un départ rapide, net, pour éviter de laisser la moindre ouverture à une adversaire qui n’a rien à défendre et tout à gagner. Car si la Japonaise se remet à dicter l’échange en quelques frappes comme à ses plus belles heures, ce premier tour peut devenir le point de bascule d’une nouvelle campagne majeure à New York.

Alcaraz qui revient, Sabalenka qui vacille, Osaka qui se réaffirme : la deuxième journée du US Open ne se contente pas de lancer un tournoi. Elle dessine déjà, en filigrane, les lignes de force d’une fin de saison qui peut tout redistribuer.