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Alex Michelsen : Ascension fulgurante à l'US Open 2026

À New York, un nom s’est imposé sur le tableau masculin presque en contrebande : Alex Michelsen. Si vous l’aviez coché pour les quarts de finale de l’US Open avant le début du tournoi, vous faites partie d’une infime minorité. Et vous avez sans doute déjà encaissé vos gains.

Un tournoi mené à toute allure

À 22 ans, l’Américain non tête de série traverse la quinzaine comme une rafale. Quatre matchs, quatre victoires, aucun set perdu. Pas un accroc. Le niveau monte à chaque tour, mais pour l’instant, c’est lui qui dicte le tempo.

Son jeu est simple à décrire, beaucoup moins à contrer. Service lourd, souvent injouable. Quand la balle revient, la punition tombe : deux mains fermes côté revers, prises de balle précoces, et une avalanche de coups gagnants. Face à Tomas Martin Etcheverry au quatrième tour, il en a empilé 44. Une production de patron.

Le tableau raconte aussi sa montée en puissance :

  • 1er tour : victoire contre Federico Cina 6-4, 6-1, 6-0
  • 2e tour : victoire contre la tête de série n°16 Brandon Nakashima 6-3, 6-4, 6-4
  • 3e tour : victoire contre Daniel Merida 7-6 (7-5), 6-4, 6-3
  • 4e tour : victoire contre la tête de série n°27 Tomas Martin Etcheverry 7-6 (8-6), 6-4, 6-4

Pas de détour, pas de marathons en cinq manches. Michelsen joue vite, frappe fort et ferme la porte dès qu’il entrevoit une ouverture.

Le rendez-vous avec Frances Tiafoe

Le décor du prochain acte est déjà planté : un quart de finale 100 % américain face à Frances Tiafoe, tête de série n°11. Sur le papier, l’affiche sent la nuit électrique à Flushing Meadows.

Sur le plan des confrontations directes, l’histoire penche nettement du côté de Tiafoe : deux matchs, deux victoires. Michelsen n’a encore jamais trouvé la clé face à son compatriote. Cette fois, il arrive pourtant avec une dynamique différente, porté par un tournoi où tout lui réussit.

Mardi 8 septembre, il ne jouera pas seulement une place en demi-finale. Il jouera aussi un bond majeur dans sa carrière.

Ascension express vers le top 30

Classé 46e mondial sur le circuit ATP avant le tournoi, Michelsen est à une marche d’un basculement de dimension. Une qualification pour les demi-finales le propulserait dans le top 30, son meilleur classement à ce jour. Un cap symbolique, mais aussi très concret dans la hiérarchie du circuit.

Sur le plan financier, la quinzaine new-yorkaise marque déjà un tournant : un peu plus d’un million de dollars de gains en 2026 avant l’US Open, et 780 000 dollars supplémentaires garantis grâce à ce quart de finale. Une trajectoire qui s’accélère à vue d’œil.

De la promesse universitaire au choix du professionnalisme

L’histoire d’Alex Michelsen ne suit pas exactement le script classique du jeune Américain promis à la NCAA. Originaire d’Aliso Viejo, en Californie, il sort diplômé de Laurel Springs School avec l’étiquette de meilleur joueur américain né aux États-Unis de la promotion 2023. Il signe alors une lettre d’intention avec le programme masculin de l’université de Georgia. Tout semblait écrit pour une étape universitaire à Athens.

Il n’y mettra pourtant jamais les pieds. En 2023, il tranche : cap sur le circuit professionnel.

Ce choix ne tombe pas du ciel. Sa carrière amateur parlait déjà pour lui. Titre en double à Wimbledon chez les juniors en 2022, finale en double la même année à l’Open d’Australie dans la même catégorie. Puis une première apparition en Grand Chelem en double à l’US Open 2022, conclue par une élimination au premier tour, mais marquant son entrée dans le grand bain.

En 2023, il revient à New York avec une invitation, cette fois en simple. Grand Chelem en solo, acte I. Il faudra attendre 2025 pour le voir dépasser pour la première fois le troisième tour, à l’Open d’Australie, avec un huitième de finale. L’US Open 2026 marque donc une nouvelle frontière franchie.

New York comme point de bascule

Ce quart de finale n’est pas un accident de parcours, c’est un point de bascule. Un joueur qui n’avait jusque-là qu’un huitième de finale en Grand Chelem comme meilleure performance se retrouve désormais à un match d’une demi-finale à l’US Open, dans un tableau masculin dense et sans pitié.

Face à lui, Frances Tiafoe, habitué des grandes soirées new-yorkaises, incarne le test parfait : expérience, charisme, puissance. Si Michelsen veut s’installer durablement dans le paysage, c’est ce type de duel qu’il doit apprendre à gagner.

Il a déjà prouvé qu’il pouvait bousculer les têtes de série. Il a montré qu’il pouvait garder son calme dans les tie-breaks, imposer son rythme, et fermer les matchs sans trembler. Reste une question, simple et brutale : ce run à Flushing Meadows est-il l’éclosion d’un futur pilier du top 20, ou la parenthèse enflammée d’une quinzaine magique ?

La réponse passera par Frances Tiafoe, mardi soir. Sur ce court, il n’y aura plus de surprise. Seulement un jeune homme qui frappe à la porte du très haut niveau, et un adversaire décidé à lui rappeler que, dans ce pays, la relève doit encore gagner son droit de passage.