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Alexander Zverev remporte l'US Open et son deuxième Grand Chelem

Alexander Zverev n’a pas seulement battu Ben Shelton. Il a fait taire Arthur Ashe Stadium, refroidi un rêve américain et confirmé, enfin, qu’il appartient à la caste des très grands.

Sous le toit de Flushing Meadows, face à un public acquis à la cause de son jeune rival, l’Allemand a imposé son expérience et son calme pour s’offrir l’US Open, trois mois après son sacre à Roland-Garros. Succès net, maîtrisé, en quatre manches : 6-3, 7-6 (7-2), 5-7, 6-2.

De la pression au contrôle total

Le match a basculé dès les premiers échanges. Ben Shelton, huitième tête de série, entre tendu, service en panne de repères. Double faute sur balle de break d’entrée : Zverev n’en demandait pas tant. Ce cadeau initial, face à un joueur de ce calibre, se paie presque toujours au prix fort.

Porté par un premier service solide et un plan de jeu limpide, Zverev verrouille la première manche. Il pilonne le revers du gaucher américain, ce côté plus friable dans les échanges de fond. Shelton force, tente d’abréger, multiplie les risques. Les fautes tombent, la première manche aussi : elle se termine comme elle a commencé, sur une nouvelle double faute de l’Américain, cette fois sur balle de set.

Le scénario se répète dans le deuxième acte, mais avec plus de résistance en face. Shelton s’accroche, trouve par séquences la longueur et la puissance qui ont fait sa réputation. Zverev, lui, ne lâche rien sur son engagement, ne concède pas la moindre brèche. Une seule occasion de break se présente à lui dans le set, dans le quatrième jeu : il la manque, mais ne dévie pas de sa ligne.

Le tie-break tranche. Et là, l’écart d’expérience saute aux yeux. L’Allemand serre le jeu, enchaîne les premières balles, impose un bras de fer mental que Shelton ne peut pas encore soutenir. 7-2. Zverev mène deux manches à rien, et le souvenir de la finale perdue ici même en 2020, après avoir mené deux sets à zéro, plane dans l’air. Cette fois, il ne vacille pas.

Le sursaut américain… puis la sanction

Arthur Ashe attendait un signe, un frisson. Il arrive dans le troisième set. Shelton, enfin, se libère. Son service claque, ses frappes trouvent les lignes, son langage corporel change. Il commence à bousculer Zverev sur ses jeux de service, à installer une vraie pression.

Sur sa troisième balle de break, l’Américain frappe. Le stade explose, les 24 000 spectateurs se lèvent, sentent le match changer de direction. Shelton se nourrit de cette énergie, tient l’avantage et arrache la manche 7-5. L’US Open tient sa nuit, son espoir de remontée héroïque, son scénario à l’américaine.

Mais Zverev a trop souffert, trop attendu, pour laisser filer une nouvelle fois une finale qui lui tend les bras.

Dès le début du quatrième set, il reprend la main. Il casse le rythme, rallonge les échanges, replonge Shelton dans le doute. Le break tombe rapidement, comme un coup de froid sur le public. L’Allemand déroule, reprend le centre du court, impose sa lourde cadence de fond. Un deuxième break achève les dernières illusions américaines. 6-2, net, sans appel.

Un champion transformé

La scène de la balle de match résume presque tout. Sur la dernière attaque, Shelton renvoie long. Zverev ne réagit pas tout de suite. Il regarde, se tourne vers son clan, presque incrédule. C’est seulement quand son équipe lui signale que c’est terminé qu’il laisse éclater un large sourire, un peu surpris, beaucoup soulagé.

À 29 ans, celui qu’on disait maudit des grandes occasions est désormais double vainqueur en Grand Chelem. Il avait déjà perdu trois finales majeures, vu sa carrière menacée de ne jamais répondre aux attentes énormes placées en lui. Cette saison, tout a basculé.

Les blessures de Carlos Alcaraz et Jannik Sinner ont ouvert une brèche. L’Espagnol a manqué Roland-Garros et Wimbledon, l’Italien a déclaré forfait pour l’US Open. Eux deux s’étaient partagé tous les titres majeurs en 2024 et 2025. Zverev s’y est engouffré, sans trembler, là où d’autres auraient vacillé sous le poids de l’opportunité.

Son parcours à New York n’a pourtant rien eu d’une promenade. Début de tournoi poussif, matches terminés au cœur de la nuit, niveau de jeu fluctuant. Mais au fil des tours, il a monté en puissance. Sans affronter le moindre joueur du top 20 avant Shelton, il a construit sa confiance, retrouvé ses automatismes, aiguisé ce mélange de puissance et de contrôle qui fait sa force.

Face à un adversaire qu’il avait déjà battu cinq fois sans perdre un set, il n’a pas laissé l’histoire changer de script.

Une dynastie familiale, enfin récompensée

En tribune, son père Alexander senior et son frère Mischa, qui dirigent son équipe, savourent. Trente ans de travail, de voyages, de blessures, de déceptions aussi. Zverev l’a rappelé au moment de s’adresser à eux : trois décennies sans titre majeur dans la famille, et soudain deux en trois mois.

Il a parlé de souffrance, de travail, de douleur accumulée avant cette année 2026 qu’il décrit comme le résultat de tout ce qui a précédé. Une forme de délivrance tardive, mais totale.

Sur le court, Ben Shelton quitte la scène sans trophée, mais pas sans promesse. Sa puissance, son culot, sa capacité à enflammer un stade comme Arthur Ashe laissent peu de doutes sur son avenir. Cette première finale lui échappe, comme souvent pour les débutants à ce niveau. Elle pourrait bien n’être que le premier chapitre.

Pour Alexander Zverev, en revanche, la question change de dimension. Il n’est plus celui qui « pourrait » un jour gagner un Grand Chelem. Il est désormais celui qui en a deux, dans une ère dominée par Sinner et Alcaraz, et qui a su profiter de la moindre ouverture.

Reste à savoir jusqu’où il peut pousser cette porte désormais entrouverte.