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Andrea Kimi Antonelli : un héros italien en noir à Monza

À Monza, Andrea Kimi Antonelli divise l’Italie… tout en la mettant en ébullition. L’enfant du pays arrive à domicile en tête du championnat du monde, premier Italien à le faire depuis Alberto Ascari en 1953, mais sous les couleurs de Mercedes. Et non sous le rouge Ferrari que tant de tifosi rêvent de le voir porter.

L’Italie tombe sous le charme d’Antonelli

Quand Antonelli a débarqué dans le paddock, rien ne garantissait qu’il supporterait le poids d’un battage médiatique déjà colossal. Sa première saison complète en 2025 a calmé certains enthousiasmes. Mais au cœur de 2026, la courbe s’est inversée. Brutalement. En Italie, sa cote explose.

La scène, déjà, au début de l’année, pour le Trophée Lorenzo Bandini : une marée de fans, compacte, bruyante, venue pour lui. Depuis, les circuits se remplissent un peu plus à chaque apparition du jeune Italien. Le phénomène grossit, alimenté par une émotion nationale qui, en sport, dépasse souvent la raison.

Dans ce pays, Ferrari pèse presque autant que le football. Parfois plus, selon les régions, les générations, les familles. Alors l’équation rêvée – un top pilote italien dans une Ferrari victorieuse – ressemble à un fantasme collectif. Le dernier Italien à avoir couru en F1 pour la Scuderia reste Giancarlo Fisichella, en 2009. Dix-sept ans déjà. Et ce compteur va continuer à tourner : Antonelli n’a aucune intention de quitter Mercedes.

Le protégé de Wolff reste fidèle

Repéré très jeune, intégré au programme de la marque à l’étoile et accompagné de près par Toto Wolff, Antonelli est devenu le véritable prodige de Mercedes. Un statut comparable à celui de Max Verstappen chez Red Bull ou, dans une certaine mesure, de Charles Leclerc chez Ferrari. Et, pour l’instant, il ne se voit nulle part ailleurs.

« Étant Italien, je sais à quel point nous sommes émotionnels et à quel point on peut s’emballer », a-t-il rappelé en conférence de presse du Grand Prix d’Italie. « Parfois un peu trop. Donc oui, il y aura toujours ce genre de discussions, mais au bout du compte, aussi immense et incroyable que soit Ferrari, je suis très heureux là où je suis. »

Il insiste. « Je suis très heureux chez Mercedes, parce que ce sont eux qui m’ont donné une chance depuis que je suis gamin. Et je sens que j’ai tellement à leur rendre. Donc il faut vivre avec ça. »

Les tifosi, eux, devront aussi vivre avec cette réalité : le leader du championnat, Italien, arrive à Monza en noir et argent, pas en rouge.

Hamilton, Ferrari et un rêve italien contrarié

La ferveur ne manquera pas pour Antonelli ce week-end, mais le vacarme sera encore plus assourdissant pour Ferrari. L’arrivée de Lewis Hamilton à Maranello a rallumé un feu presque religieux autour de la Scuderia, d’autant que le septuple champion du monde joue lui aussi le titre.

Hamilton, lucide, sait qu’Antonelli est solidement attaché à Mercedes, même s’il ne cache pas à quel point un tel profil collerait à l’ADN de Ferrari. « Tout est possible, il y a beaucoup de grands pilotes qui pourraient rejoindre Ferrari à l’avenir », glisse-t-il. « Ferrari, c’est Ferrari. En Italie, il y a le Pape et Ferrari, et puis les pâtes, la pizza et la famille. »

La formule résume tout. Le mythe, la culture, la hiérarchie des passions. Mais il sait aussi que Toto Wolff n’ouvrira pas la porte facilement. « Toto ne va pas le laisser partir de sitôt », tranche Hamilton.

Le Britannique regarde aussi l’instant présent : un week-end crucial à Monza, où Ferrari peut frapper fort alors qu’Antonelli s’élancera du fond de grille après une pénalité.

Un Antonelli pénalisé, mais dangereux

Hamilton ne se berce pas d’illusions. Il connaît trop bien ce circuit pour sous-estimer un rival relégué à l’arrière. Monza, avec ses longues lignes droites et ses zones de dépassement, pardonne plus qu’ailleurs une pénalité stratégique.

« Quand on regarde les performances et les écarts entre les équipes, on voit trois équipes de tête, puis un gros trou en termes de rythme, puis un groupe très compact », détaille-t-il. Dans ce paysage, la Mercedes d’Antonelli reste, sur l’ensemble de la saison, la référence.

« Même en partant dernier, avec la puissance dont il dispose, supérieure à la plupart des voitures autour de lui, et avec la performance qu’ils ont, la plus rapide en général cette année, il devrait remonter assez facilement dans le peloton. C’est sans doute pour ça qu’ils ont choisi ce Grand Prix pour prendre la pénalité. »

Hamilton ne se fait guère d’illusions sur le potentiel de remontée de son rival : « Finir huitième, sixième, ou quelque chose comme ça, devrait être relativement simple pour eux. »

Le duel pour le titre s’invite chez les tifosi

Pour Hamilton, la clé est ailleurs. « Pour nous, il ne faut pas se concentrer là-dessus. On doit maximiser notre week-end et puiser dans l’énergie des tifosi pour nous pousser vers l’avant. »

Le décor est planté : un Monza incandescent, un héros italien en noir, un septuple champion en rouge, un patron d’écurie décidé à garder son joyau, et un pays partagé entre fidélité à Ferrari et fierté nationale pour Antonelli.

La question plane sur l’Autodromo : l’Italie finira-t-elle par réclamer son leader de championnat en rouge, ou acceptera-t-elle que son nouveau champion potentiel écrive l’histoire avec l’étoile de Mercedes sur le capot ?