Aryna Sabalenka vise un triplé historique à l'US Open
Aryna Sabalenka, irrésistible, fonce vers un triplé historique à l’US Open. Sur le court Arthur Ashe, la Biélorusse a étouffé Jessica Pegula, dernière grande espoir américaine de la quinzaine, pour s’offrir une nouvelle finale à New York : 7-5, 6-2, en un peu plus d’1h30 de puissance brute et de sang-froid.
Une frustration vite transformée en domination
Le début de match avait pourtant tout d’un piège. Sabalenka s’agace, arrose, multiplie les fautes directes. En face, Pegula, 32 ans, s’installe immédiatement dans l’échange, propre, appliquée, portée par un public qui ne demande qu’à s’enflammer pour elle.
La troisième mondiale serre les dents, parle toute seule, lève les yeux au ciel. Mais elle tient. Jeu après jeu, elle s’accroche à son engagement, repousse les premières menaces et attend l’ouverture. Elle finit par la provoquer.
À 6-5 en sa faveur, Sabalenka hausse brutalement le ton. Les frappes claquent plus fort, les lignes se rapprochent, la marge d’erreur disparaît. Pegula cède au pire moment, et le premier set file dans la raquette de la quadruple lauréate en Grand Chelem. Le match vient de basculer.
Sabalenka enclenche le mode rouleau compresseur
Une fois devant, Sabalenka ne regarde plus en arrière. La frustration du début s’évapore, remplacée par cette mécanique implacable qui fait d’elle la référence actuelle sur dur. Les coups gagnants pleuvent, les jeux défilent.
Pegula, elle, recule d’un pas, puis de deux. Elle subit. Elle encaisse. Elle regarde, impuissante, la tornade qui lui arrive dessus. La différence de poids de balle devient criante : 29 coups gagnants pour Sabalenka contre 12 seulement pour l’Américaine. Le deuxième set tourne à la démonstration.
La Biélorusse empile les jeux, prend la balle tôt, ferme les angles, dicte chaque échange. Pegula tente bien quelques variations, une montée, un changement de rythme. Rien n’y fait. Sabalenka la déborde, encore et encore, jusqu’à conclure sans trembler.
Une série historique et un rendez-vous avec l’histoire
Ce succès prolonge une série folle : 20 victoires d’affilée à Flushing Meadows. Sabalenka n’a plus perdu à New York depuis la finale 2023, cédée face à Coco Gauff. Depuis, elle a transformé ce tournoi en terrain conquis.
Elle devient aussi la première joueuse de l’ère Open à enchaîner autant de finales en Grand Chelem sur dur, atteignant chaque ultime marche sur sa surface de prédilection depuis l’Open d’Australie 2023. Une régularité de patronne.
Paradoxalement, elle s’apprête à abandonner sa place de numéro 1 mondiale lundi. Elena Rybakina, championne de l’Open d’Australie, la délogera du trône. Mais Sabalenka a déjà trouvé sa réponse sur le court : elle vise plus haut que le classement hebdomadaire. Elle veut finir l’année avec un titre majeur de plus.
« J’étais tellement désespérée de gagner, je le voulais tellement », a-t-elle confié après le match, soulagée, presque incrédule devant le niveau retrouvé. « Aucune plainte, je suis super heureuse d’avoir sorti un tennis pareil. »
Pegula, encore stoppée par sa bête noire
Pour Jessica Pegula, la blessure est profonde. Elle était la seule demi-finaliste sans titre du Grand Chelem, et elle retrouve encore sur sa route la même montagne. En 2024 déjà, Sabalenka l’avait privée d’un premier sacre majeur en finale à New York. En 2023, elle l’avait écartée en demi-finales.
La victoire de l’Américaine à Berlin en juin laissait entrevoir un scénario différent. Sabalenka l’a refermé avec fracas. « La dernière fois que j’ai joué Jessica, c’était presque impossible de gagner », a rappelé la Biélorusse, consciente de la menace que représente son adversaire. Mais sur ce court, dans cette ambiance, elle a remis les pendules à l’heure.
À 32 ans, Pegula voit une nouvelle occasion s’envoler à domicile. Elle avait tout : l’expérience, le public, le tableau. Elle est tombée sur plus fort, tout simplement.
Vers un triplé digne des légendes ?
Désormais, un dernier obstacle se dresse devant Sabalenka : Elena Rybakina ou Coco Gauff. Un duel explosif dans tous les cas. Rybakina, qui lui prendra la place de numéro 1, ou Gauff, qui l’a déjà fait chuter en finale ici même.
Au bout de cette dernière marche, un morceau d’histoire l’attend. Sabalenka peut devenir la première joueuse depuis Serena Williams à remporter trois US Open consécutifs en simple. Dans l’ère Open, seules Serena Williams et Chris Evert ont réussi pareil exploit.
Elle s’est remise d’un printemps chaotique – quart de finale à Roland-Garros, élimination en huitièmes à Wimbledon – pour retrouver à New York sa version la plus tranchante, ne lâchant qu’un seul set sur la route de la finale.
La scène est prête, les chiffres parlent pour elle, la dynamique aussi. Reste une question, simple et brutale : qui pourra encore l’arrêter sur dur quand la lumière s’allume à Flushing Meadows ?




