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Asia Cup féminin : l’Inde écrase le Pakistan à 55

À Dubaï, le choc avait tout d’un rendez-vous symbolique. Un Pakistan en plein 200e T20I, une Inde déjà qualifiée pour les demi-finales, une rivalité qui dépasse largement le cadre d’un simple match de poule. Sur le terrain, pourtant, il n’y a eu qu’une seule équipe. L’attaque indienne a étouffé le Pakistan, balayé pour 55, le plus faible total de son histoire en T20I féminin.

Le scénario a basculé en quelques minutes. Le Pakistan choisit de battre en premier, un choix logique dans un match à forte charge émotionnelle : prendre l’initiative, poser un score, mettre la pression au tableau d’affichage. Les premières balles semblent lui donner raison. 27 sans perte, des frappes propres, un semblant de contrôle.

Puis la trappe se referme.

De 27/0 à 35/6 : le trou noir

Muneeba Ali, 13 runs en 15 balles, a d’abord survécu à quelques frayeurs. Des edges, des appels, des regards inquiets. Le répit ne dure pas. Shafali Verma finit par la battre, et avec ce premier wicket, quelque chose se fissure dans la confiance pakistanaise.

La vraie cassure arrive dans la dernière over du powerplay. Sree Charani entre, ligne tendue, rythme constant, et frappe deux fois. Deux wickets dans un moment clé, et le 27/0 se transforme brutalement en début de naufrage. Le Pakistan n’avance plus, il s’effondre.

Les chiffres sont cruels : de 27/0 à 35/6. Six wickets pour huit runs. Les batteuses pakistanaises, incapables de lire les trajectoires, se retrouvent piégées par les variations de rythme et de longueur. Les rotations de strike disparaissent, les coups d’attaque se transforment en risques désespérés.

Seules les deux ouvreuses atteignent la dizaine : Muneeba donc, et Shawaal Zulfiqar, 14 runs en 14 balles. Derrière, le vide. Aucun partenariat digne de ce nom après l’ouverture, aucune résistance structurée, seulement une chute régulière, presque inéluctable.

Charani et Rawat, cœur du carnage

Au centre de ce démantèlement, deux noms : Sree Charani et Prema Rawat. La première signe une feuille de stats presque irréelle : 3 wickets pour 7 runs. Ligne serrée, variations maîtrisées, une lecture parfaite des conditions. Elle l’explique d’ailleurs simplement à la pause : jouer sur ses forces, donner davantage de rotation à la balle, chercher la précision sur l’arm ball et les yorkers. Rien de spectaculaire dans le discours, tout dans l’exécution.

À l’autre bout, Prema Rawat répond avec la même brutalité statistique : 3 wickets pour 9 runs. Chaque entrée dans son over ressemble à une épreuve pour les batteuses adverses. L’attaque indienne ne se contente pas de contrôler, elle chasse.

Deepti Sharma ajoute 2/5, Shafali Verma complète le tableau avec un wicket. Toutes contribuent à la même impression : un plan clair, appliqué sans relâche, sans laisser au Pakistan la moindre fenêtre pour respirer.

Le résultat tombe à la 18e over et une balle : Pakistan 55 all out. Pas de sprint final, pas de dernier sursaut. Juste une équipe ramenée à ses doutes les plus profonds.

Un record dont le Pakistan se serait bien passé

Ce 55 devient le plus faible total du Pakistan en T20I féminin, effaçant des tablettes un autre mauvais souvenir, les 56 contre la New Zealand déjà à Dubaï en 2024. La liste des bas-fonds s’allonge : 60 contre l’England à Taunton en 2009, 63 contre l’Inde à Guangzhou en 2012, 65 face aux West Indies à St Andrew en 2011. Désormais, tout en bas, il y a ce match-là. Ce 200e T20I qui devait être une célébration et se transforme en rappel brutal des fragilités offensives de l’équipe.

Le contexte rend le tout encore plus piquant. L’Inde, elle, aborde ce duel avec une confiance déjà consolidée : deux victoires initiales contre la Thailand et Hong Kong, une place en demi-finales déjà assurée, un groupe sûr de ses forces, surtout au bowling. Ce match ne fait que renforcer cette impression de maîtrise.

Harmanpreet Kaur, une borne historique dans l’ombre du chaos adverse

Dans cette soirée à sens unique, une autre statistique marque l’histoire : Harmanpreet Kaur dispute son 150e match comme capitaine en T20I. Un chiffre qui la place seule en tête, premier·e capitaine, tous genres confondus, à atteindre ce cap. Un jalon majeur, posé dans un match qui restera davantage associé au naufrage pakistanais qu’à cette performance de longévité.

Mais l’Inde, elle, continue d’écrire sa propre histoire dans cette rivalité. Avec ce 55 concédé, elle ajoute un nouveau chapitre à sa domination récente : neuf victoires lors des dix derniers duels en T20I, la seule défaite remontant à l’Asia Cup 2022. La tendance ne faiblit pas, elle se renforce.

Le Pakistan, lui, repart de Dubaï avec un record indésirable, un batting en miettes et une question brûlante : comment reconstruire mentalement après avoir touché un tel plancher, le jour même où l’on célébrait un cap historique ?