Asia Cup féminin : l’Inde prend sa revanche sur le Sri Lanka
Sous les projecteurs de Dubai, l’Inde a remis les pendules à l’heure. Deux ans après avoir cédé le trophée au Sri Lanka en finale de l’édition 2024, les joueuses de Harmanpreet Kaur ont frappé fort : un top-order déchaîné, un total de 183/5, puis une défense autoritaire portée par Deepti Sharma. Le Sri Lanka n’a jamais vraiment eu l’air de contrôler la poursuite.
Smriti–Shafali, ouverture de luxe
Harmanpreet gagne le toss, choisit de battre. Décision claire : poser un score, imposer le tempo. Smriti Mandhana et Shafali Verma exécutent le plan à la perfection.
Dès la première over de Mithali Ayodhya, Smriti ouvre le bal d’un coup de poignet derrière point pour une première limite. Shafali met trois balles à se régler, puis le rouleau compresseur se met en marche à partir de la deuxième over, face à Kavisha Dilhari : un punch sur l’arrière-pied à travers les couvertures, puis un slog sweep sur mid-wicket pour deux premières limites. Les deux gauches-droites de la paire font reculer les Sri Lankaises.
La PowerPlay se termine sur 57/0. Score brut, mais surtout impression de maîtrise. Shafali a déjà cassé les chaînes avec des coups en l’air qui tombent dans le no man’s land, Smriti a trouvé la corde à travers le mid-wicket face à Sugandika Kumari. La pression est clairement de l’autre côté.
Le vrai tournant de ce début d’innings arrive lorsque Chamari Athapaththu s’empare du ballon à la cinquième over. Mauvaise idée, du moins à court terme. Shafali l’accueille par une limite, puis déclenche le premier six, plein champ, au-dessus de long-on. Quelques instants plus tard, un autre envoi puissant, confirmé comme six après vérification. Entre-temps, le drame : Vishmi Gunaratne se tord la cheville en tentant de défendre la corde et doit quitter le terrain sur civière. Un coup dur pour le Sri Lanka, tactiquement et émotionnellement, dès la PowerPlay.
L’Inde ne relâche pas. À 69/0 après sept overs, Shafali enchaîne les coups inside-out et les frappes entre deep mid-wicket et square leg. Elle atteint ensuite sa 21e demi-centre dans ce format, sa troisième de ce tournoi, en punissant Dilhari dans la huitième over. Smriti, de son côté, accélère à son rythme : inside-out sur Chamari pour quatre, sweep magistral pour six, puis un coup derrière square pour une nouvelle limite qui lui offre à elle aussi un cinquante de grande classe.
À 12 overs, le tableau d’affichage affiche 121/0. Le cauchemar parfait pour une capitaine adverse : deux ouvreuses en pleine confiance, aucun wicket, un rythme presque constant.
Double coup de froid, mais le banc répond
Il fallait bien que le Sri Lanka trouve une ouverture. Elle vient de Chamari Athapaththu elle-même. De retour au lancer après avoir stoppé l’hémorragie en début de milieu d’innings, elle provoque d’abord une erreur de communication fatale.
Smriti, sur 59 (39 balles), est run-out après un appel mal jugé d’Harmanpreet Kaur. Un simple vers le point, un départ hésitant, un relais précis de Dilhari vers Kaushani Nuthyangana : Smriti sacrifie sa place pour sauver sa capitaine. Brutal, mais l’Inde est encore dans une position dominante.
Le Sri Lanka profite de ce petit trou d’air. Chamari, dans la même phase, avait déjà mis fin à l’attaque de Richa Ghosh plus tard dans l’innings, la gardienne indienne cédant sur un drive aérien vers extra-cover, bien capté par Kavisha Dilhari, qui accompagne le tout d’un envoi musclé. À ce moment-là, l’Inde perd deux de ses trois batteuses les plus explosives dans le dernier quart de l’innings.
Entre ces deux chutes, Harmanpreet tente de stabiliser. Elle trouve les intervalles, profite de quelques trois bien courus, puis débloque enfin le compteur des limites après une longue disette : un coup derrière square face à Sugandika pour le premier quatre en 18 balles. L’élan semble revenir, surtout après l’entrée de Richa, qui frappe un énorme six sur Mithali Ayodhya au-dessus de deep mid-wicket, puis enchaîne avec un quatre sur le côté off.
Mais le Sri Lanka s’accroche. Ayodhya réalise une over charnière à la 19e : Harmanpreet tente d’accélérer et trouve Kavisha à deep mid-wicket. La capitaine indienne repart pour 14 sur 14 balles, un caméo avorté. Deux balles plus tard, une tentative de double mal jugée coûte cette fois le wicket de Deepti Sharma, run-out pour 5. Deux wickets en trois balles, l’Inde vacille à nouveau.
Kamalini, finish inattendu
Dans ce contexte tendu, la nouvelle venue Gunalan Kamalini, préférée à Pratika Rawal dans le XI, se retrouve avec la mission de conclure. Dernière over, 167/5, Sugandika Kumari au lancer.
Kamalini fouette d’abord à travers la ligne vers deep mid-wicket pour deux. Elle tente ensuite de répéter le geste, ne trouve qu’un simple. Bharti Fulmali, entrée un peu plus tôt, n’arrive pas à vraiment trouver le milieu de la batte mais gratte un run. Puis vient un moment de chance : un plein long, un inside edge qui file jusqu’à la corde. Quatre précieux.
Sur la dernière balle, l’Inde frappe là où ça fait mal. Kamalini termine l’innings par un six, offrant un total imposant de 183/5. Dans une finale, sur un terrain qui n’est pas une autoroute pour les batteuses, ce score ressemble à une montagne.
Kranti frappe d’entrée, Deepti ferme la porte
Pour espérer, le Sri Lanka avait besoin d’un départ propre. Il ne l’a pas eu. Première balle de la poursuite : Imesha Dulani ouvre avec un scoop réussi pour quatre face à Kranti Gaud. L’illusion dure une seule balle de plus. En voulant répéter le même coup, Dulani expose son leg stump et Kranti le fait voler. 6/1 après la première over, et un envoi au vestiaire accompagné d’un send-off appuyé de la part de la pacer indienne.
L’entrée de Vishmi Gunaratne, revenue au bâton après sa blessure à la cheville, apporte un peu de stabilité. Elle marche vers Nandani Sharma, rencontre l’outswinger sur la pleine et trouve une belle limite à travers backward point. Elle soutient ensuite Athapaththu, qui commence à trouver son timing. Une première boundary au-dessus des couvertures, puis un six plat sur square leg face à Shafali Verma, suivis d’un quatre en loft sur mid-on. Le capitaine sri-lankais essaie de lancer une contre-attaque.
À 50/1 après huit overs, le Sri Lanka est encore dans la course, même si le taux requis grimpe. Athapaththu trouve un bord extérieur épais face à Deepti pour une limite bienvenue à travers third. Gunaratne, elle, ose une reverse sweep audacieuse sur Charani pour quatre, mais échappe de peu à un retour au vestiaire après avoir renvoyé une balle de retour que la lanceuse ne parvient pas à saisir.
Puis la pression indienne finit par casser la résistance.
Deepti, entrée dans le match à la huitième over, va changer le scénario en deux balles lors de sa deuxième. Athapaththu, sur 36 (32 balles), avance pour frapper fort, manque complètement, et Richa Ghosh, vigilante derrière les stumps, ne laisse aucune chance : stumping net, wicket énorme. La clé de voûte du Sri Lanka s’écroule.
Sur la même over, Vishmi Gunaratne, 20 (22 balles), insiste sur le sweep. Mauvais choix cette fois : sa jambe est exposée, Deepti fait sauter le leg stump. En quelques instants, le Sri Lanka passe de 63/1 à 63/3. La finale bascule.
Harshitha Samarawickrama tente de reconstruire, multiplie les singles, sort même un reverse sweep pour un run. Nilakshi Silva gratte quelques courses, notamment un inside edge pour deux, mais la dynamique a disparu. À 69/3 après 11 overs, l’Inde contrôle totalement le tempo, alterne spin et variations de rythme, et ferme progressivement toutes les portes.
Une finale maîtrisée, un message clair
Cette fois, l’Inde n’a pas laissé Chamari Athapaththu et Harshitha Samarawickrama rejouer le scénario de 2024, où elles avaient chassé 165 sans transpirer. Les ouvreuses ont posé les fondations, le milieu de tableau a résisté aux secousses, et la balle a fait le reste, menée par une Deepti clinique et une Kranti incisive.
Au-delà du trophée, cette finale envoie un signal. L’Inde a trouvé une combinaison d’ouverture dévastatrice, un banc capable de finir les manches, et une attaque qui sait frapper tôt comme fermer un match. Pour le Sri Lanka, la question est désormais simple : comment combler cet écart avant la prochaine grande scène continentale ?




