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Asia Cup féminin : Mandhana et l’Inde écrasent Hong Kong en quart de finale

À Dubaï, la soirée a basculé très vite du simple match de groupe à la page d’histoire. Smriti Mandhana a d’abord fait tomber un record monumental. Puis l’Inde a méthodiquement démoli Hong Kong, Chine pour s’imposer de 137 points et devenir la première équipe qualifiée pour les demi-finales de la Women’s Asia Cup 2026.

Score final : Inde 193/5, Hong Kong 56 tout pile. Une démonstration.

Mandhana, soirée de règne

Harmanpreet Kaur perd le toss, mais gagne tout le reste. Envoyée à la batte, l’Inde s’appuie sur son duo d’ouvreuses : Smriti Mandhana et Shafali Verma. Le début est prudent, presque trompeur. 5/0 après le premier over de Iqra Sahar, un terrain qui craquelle déjà, des balles qui gardent bas. Rien n’annonce encore l’ouragan qui arrive.

Très vite, Mandhana change de ton. Slog sweep plein champ contre Kary Chan pour le premier quatre du match, puis elle commence à cibler systématiquement le côté leg laissé sans protection. Maryam Bibi en fait les frais : cover drive de manuel, slog sweep, puis un autre coup traîné pour quatre. En trois overs, l’Inde passe de la gestion à la domination. Après 5 overs, le tableau affiche 38/0, et Hong Kong voit déjà la soirée s’allonger.

Shafali, elle, explose dans le dernier over de powerplay face à Marina Lamplough : shuffle, quatre à fine leg, puis deux énormes six et un autre quatre. 60/0 après 6 overs. Le ton est donné.

La première brèche vient de Ruchitha Venkatesh : Shafali (28 sur 17 balles) cherche le maximum et trouve Lamplough dans le deep. 65/1 après 7 overs, mais Mandhana a déjà pris la main sur le match.

Une centaine, un record du monde

À partir du neuvième over, la manche devient le one-woman show de Mandhana. Elle atteint d’abord son cinquantième point avec un six sur Iqra Sahar, puis enchaîne les limites sans forcer le trait. Les rotations de strike avec Pratika Rawal gardent le rythme, mais c’est bien elle qui dicte tout.

Le vrai basculement intervient dans le 18e over, face à Ruchitha Venkatesh. Mandhana, déjà en pleine possession de ses moyens, lève la balle pour un premier six, puis un deuxième. Avec ces coups, elle dépasse Mithali Raj et devient la meilleure marqueuse de l’histoire du cricket international féminin, tous formats confondus. Un cap symbolique, franchi avec une désinvolture presque cruelle pour l’adversaire.

Elle ne s’arrête pas là : un troisième six dans le même over la fait dépasser son propre plus haut score en carrière. Entre-temps, elle avait déjà atteint sa centaine avec un cut pour quatre sur Lamplough, peu après la sortie de Richa Ghosh, prise sur un mauvais coup après avoir démarré par un quatre.

Quand arrive le dernier over, lancé par Alison Siu, Mandhana ouvre encore par un boundary. Puis, sur un quiproquo au milieu du pitch, sa course s’arrête à 124. Anti-climax, oui. Mais 124 points dans une manche de 193/5, record historique en poche, et Hong Kong déjà sonné. Le travail est fait.

Hong Kong étouffé dès le départ

Pour espérer inquiéter l’Inde, Hong Kong devait réussir un powerplay parfait. Ce fut tout l’inverse.

Kranti Gaud ouvre la défense indienne avec un over serré : un seul point, Natasha Miles clouée au strike. Nandni Sharma enchaîne et fait encore mieux. Mariko Hill échappe d’abord à un chop-on, puis à un edge qui tombe court. Pas de troisième chance : Nandni trouve la ligne parfaite, les stumps volent, Hill repart pour 0 sur 4 balles. 1/1, l’Inde tient déjà la rencontre par le col.

Le reste du powerplay ressemble à un siège. Kranti signe un maiden, Nandni ne concède qu’un point dans le quatrième over. Après 5 overs, Hong Kong n’a que 8/1 au compteur. Même les rares erreurs indiennes ne coûtent rien : une balle qui file pour quatre byes, un sweep de Yasmin Daswani, et le powerplay se termine à 16/1. La required rate s’envole, la pression aussi.

Deepti dans l’histoire, l’attaque indienne en rouleau compresseur

Une fois le rythme cassé, l’attaque indienne se met en mode clinique. Deepti Sharma entre dans la danse au septième over. Natasha Miles tente un gros coup, rate tout, échappe de peu aux stumps, puis finit par trouver un quatre. Illusion de répit.

Le piège se referme dans les overs suivants. La required rate dépasse déjà 13 à la huitième reprise. Daswani et Miles ne parviennent qu’à gratter des simples. Le temps joue pour l’Inde, la nervosité contre Hong Kong.

Prema Rawat frappe la première dans cette phase : Yasmin Daswani, en quête de libération, trouve Bharti Fulmali dans le champ. Puis, dans le 10e over, Natasha Miles tente de couper une balle flottante, ne fait qu’effleurer, et Richa Ghosh ne laisse rien tomber derrière les stumps. Deux wickets clés, Hong Kong à 36/3 après 11 overs, le match quasiment scellé.

La suite tourne à la démonstration. Prema cueille aussi Kary Chan, prise par Shafali dans le deep. Nandni Sharma ajoute Maryam Bibi au tableau de chasse, encore une fois avec Shafali en renfort. L’Inde ne laisse aucune porte ouverte.

Quand Deepti revient, c’est pour écrire sa propre ligne de légende. Elle nettoie d’abord Alison Siu, puis obtient un edge d’Iqra Sahar, parfaitement capté par Richa. Avec ce wicket, elle devient la meilleure preneuse de guichets de l’histoire en T20I féminins. Un record majeur, décroché au cœur d’une victoire collective écrasante.

Entre-temps, Shree Charani avait piégé Marina Lamplough, prise par une splendide plongée de Nandni Sharma, et un run-out avait emporté Joyleen Kaur, visiblement frustrée en quittant le terrain. La dernière à tomber, Shanzeen Shahzad, est stumping par Richa, jambe traînante en l’air, après vérification du troisième arbitre. Rideau.

Message envoyé à l’Asie

Une victoire de 137 points, une manche à 124 pour Mandhana, un record mondial de runs, un autre de wickets pour Deepti Sharma, un bowling collectif implacable : l’Inde n’a pas seulement gagné. Elle a envoyé un avertissement à tout le continent.

Les adversaires suivants le savent déjà : pour sortir cette équipe de sa trajectoire, il faudra beaucoup plus qu’un bon toss.