Asian Games 2026 : Inde et Sri Lanka s'affrontent pour l'or
À Nisshin, le décor est familier, presque troublant. Quelques jours après la finale de la Asia Cup, l’Inde et le Sri Lanka se retrouvent face à face, cette fois pour l’or des Asian Games 2026. Même affiche, même enjeu continental. Mais une dimension supplémentaire : une médaille d’or qui ferait grimper le total indien à sept breloques dans ces Jeux, la première en or de cette édition.
L’Inde ne tremble pas : Harmanpreet Kaur gagne le toss et choisit de frapper d’entrée. Message clair. Les championnes d’Asie veulent dicter le tempo.
L’Inde, patronne annoncée
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’Inde a traversé le tournoi sans secousse : victoire par 8 wickets contre le Japon en quarts, puis démonstration en demi-finale face au Bangladesh, balayé avec un écart de 114 runs. Une campagne maîtrisée, presque clinique.
Ce groupe ressemble à une armada. Smriti Mandhana et Shafali Verma en ouverture, Gunalan Kamalini pour stabiliser, Harmanpreet Kaur pour imposer son autorité au milieu, Richa Ghosh aux gants et au finish. Autour, une ligne d’all-rounders qui donne de la profondeur dans les deux disciplines : Deepti Sharma, Shreyanka Patil, Shree Charani, Nandani Sharma, Kranti Gaud. Sur le banc, des armes prêtes à entrer : Renuka Singh Thakur, Arundhati Reddy, Radha Yadav.
Ce n’est pas seulement une équipe. C’est une hiérarchie installée sur le continent.
La récente finale de la Asia Cup l’a rappelé avec brutalité : 183/5, grâce aux fifties des deux ouvreuses, Smriti Mandhana et Shafali Verma, puis un festival de Shree Charani avec quatre wickets pour plier le Sri Lanka à 111. 72 runs d’écart. Une claque.
Le Sri Lanka, l’obstinée
Face à ce rouleau compresseur, le Sri Lanka refuse de jouer le rôle de figurant. La sélection a déjà connu ce décor : finaliste des Asian Games en 2022, elle revient encore une fois se frotter au sommet.
Le parcours jusqu’à Nisshin est solide. Large victoire en quart de finale face à la Malaisie, avec un gouffre de 86 runs. Puis une demi-finale parfaitement maîtrisée contre le Pakistan, remportée par 8 wickets. Une équipe en confiance, qui a appris, digéré, corrigé.
Chamari Athapaththu, capitaine et référence, mène un groupe qui ne manque ni de caractère ni de talent. Autour d’elle, Imesha Dulani, Hasini Perera, Harshitha Samarawickrama, Kavisha Dilhari et Hansima Karunaratne forment un cœur de batting capable de résister à la pression. Kaushani Nuthyangana garde les gants, tandis que Mithali Ayodhya, Kawya Kavindi, Chamudi Praboda et Sugandika Kumari complètent un XI qui ne lâche rien.
Le Sri Lanka a déjà battu l’Inde par le passé. Le fossé s’est élargi ces dernières années, oui. Mais ce groupe refuse de se laisser enfermer dans les statistiques.
Bronze pour le Pakistan, ambiance de podium
Avant cette finale, la journée a déjà offert une première médaille. Le Pakistan a décroché le bronze, sa première médaille de ces Asian Games. La formation menée par Fatima Sana a posé 145/8 en 20 overs, puis verrouillé le match en contenant le Bangladesh à 114/7. 31 runs d’écart, une victoire nette, et un podium qui donne du relief au tournoi.
Ce succès place la barre émotionnelle assez haut. Derrière, la finale ne peut pas se permettre d’être tiède.
Les XI alignés, les rôles sont distribués
Les deux équipes ont dévoilé leurs cartes.
Pour l’Inde : Smriti Mandhana, Shafali Verma, Gunalan Kamalini, Harmanpreet Kaur (c), Richa Ghosh (w), Bharti Fulmali, Deepti Sharma, Shreyanka Patil, Shree Charani, Nandani Sharma, Kranti Gaud. Une ligne offensive claire, un noyau de bowling varié, de la puissance à tous les étages.
Pour le Sri Lanka : Imesha Dulani, Chamari Athapaththu (c), Hasini Perera, Harshitha Samarawickrama, Kavisha Dilhari, Hansima Karunaratne, Kaushani Nuthyangana (w), Mithali Ayodhya, Kawya Kavindi, Chamudi Praboda, Sugandika Kumari. Une équipe bâtie pour encaisser, attendre l’erreur, puis frapper.
L’Inde a choisi de battre en premier. La pression du scoreboard, l’avantage de la surface au lever de rideau, l’habitude des grands rendez-vous : tout converge vers ce plan de jeu. Au Sri Lanka de briser le script, de trouver les wickets rapides qui peuvent faire basculer une finale.
Un remake… mais pas forcément le même scénario
La question plane sur le stade : cette finale sera-t-elle une copie conforme de celle de la Asia Cup, ou le Sri Lanka a-t-il réellement comblé une partie du fossé en quelques jours seulement ?
L’Inde vise plus qu’un titre. Elle veut confirmer un statut de patronne incontestée du cricket asiatique, du format continental aux Jeux. Le Sri Lanka, lui, joue pour l’histoire : renverser la logique, transformer les leçons de la défaite récente en or inattendu.
Le toss est fait, les XIs sont connus, la tension monte. Reste à savoir si cette journée à Nisshin consacrera la domination indienne… ou si elle marquera le début d’un contre-pouvoir sri-lankais sur la scène asiatique.




