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Aston Villa vs Nottingham Forest : un choc de styles et de souvenirs

À Villa Park, un choc de styles et de souvenirs récents se prépare. Quatre jours seulement après avoir lancé leur saison européenne en battant Club Brugge en Champions League, Aston Villa retrouve le championnat avec une pression très claire : ne surtout pas revivre le cauchemar offensif de l’an dernier. En face, un Nottingham Forest encore sans victoire en Premier League, mais désormais guidé par un homme qui hante les nuits d’Unai Emery : Oliver Glasner.

Villa, entre fantôme du passé et promesse de renouveau

La comparaison s’impose presque d’elle-même. La saison dernière, Villa avait attendu son cinquième match de championnat pour marquer. Une disette qui avait été brisée non pas en Premier League, mais en Europe, avec une victoire âprement construite contre un adversaire modeste. De ce déclic était née une série hallucinante : 17 succès en 19 rencontres. Une saison basculée sur un match.

Cette fois, le scénario menace de se répéter… mais le décor a changé. Mis à part l’ouverture catastrophique contre Brighton, Villa ne ressemble plus à l’équipe amorphe du début de l’exercice 2025-26. On voit une structure, une idée, un plan. Emery a retendu les lignes derrière, réorganisé son bloc, et la défense, si friable il y a encore quelques mois, affiche déjà des signes de solidité retrouvée.

Devant, la progression se faisait sentir par à-coups. Contre Brugge, elle a pris un coup d’accélérateur. Le pressing était plus coordonné, les circuits de passes plus nets, les courses mieux synchronisées. On a enfin entrevu une équipe capable de transformer sa maîtrise en menace constante.

Et le plus intrigant, c’est que Villa n’a pas encore montré toutes ses cartes. Les recrues estivales les plus coûteuses, Ibrahim Mbaye et Johan Manzambi – tout juste nommé Ballon d’Or Young Talent of the Year – n’ont pas encore débuté en championnat. Les deux pourraient faire leurs grands débuts samedi. Deux armes neuves pour éviter une tache historique : devenir le premier club de l’histoire du championnat anglais à rester muet lors de ses quatre premiers matches deux saisons de suite.

L’enceinte, elle, ne tremble pas souvent face à Forest. Six victoires consécutives à domicile en Premier League contre le club de l’East Midlands. Et le dernier affrontement reste gravé : un 4-0 sec, autoritaire, qui avait propulsé Villa en finale de l’Europa League il y a quatre mois. Mais ce souvenir est trompeur. Ce soir-là, six titulaires de Villa, et neuf des seize joueurs utilisés, ne portent plus le maillot du club. L’équipe a changé de visage, l’effectif a été remanié en profondeur. L’histoire récente est flatteuse, mais elle n’offre aucune garantie.

Glasner, la bête noire qui revient à Villa Park

Pour Nottingham Forest, les chiffres sont brutaux. Pas de victoire à l’extérieur contre Aston Villa depuis 1994. Trois matches de Premier League, zéro succès depuis le début de saison. Le tableau d’ensemble respire la difficulté. Pourtant, Oliver Glasner a de bonnes raisons d’aborder ce déplacement avec un certain appétit.

L’Autrichien connaît trop bien ce stade et cet entraîneur pour se laisser intimider. Avec Crystal Palace, il a fait de Villa et d’Emery une sorte de terrain de chasse privilégié. Sept confrontations, aucune défaite, un score cumulé de 19-4 en sa faveur. Des chiffres qui ne relèvent plus de la coïncidence, mais d’un véritable rapport de force tactique.

Dans cette série, deux victoires à Villa Park se détachent tout particulièrement. Elles ont été obtenues au cœur d’une incroyable série de 41 matches à domicile où le club de Birmingham n’avait pas perdu… sauf face aux équipes de Glasner. Là où d’autres butaient sur la forteresse, lui trouvait les failles, encore et encore.

Pour Emery, cette opposition a quelque chose d’obsessionnel. Jamais dans sa carrière il n’a connu une telle série noire contre un autre entraîneur sans parvenir à le battre. Pour Glasner, c’est presque l’inverse : il n’a fait mieux contre aucun autre technicien sans jamais connaître la défaite. Les chiffres racontent une histoire de domination mentale et tactique.

Alors, que vaut la dynamique historique face à la réalité du moment ? Forest n’a toujours pas gagné cette saison, se cherche encore dans cette période d’adaptation, tente d’absorber les idées de son nouvel entraîneur. Mais pour Glasner, ce match ressemble au rendez-vous parfait : un adversaire qu’il maîtrise, un stade qu’il connaît, un manager qu’il a pris l’habitude de faire déjouer.

Face à un Villa en reconstruction accélérée, porté par un souffle européen mais encore fragile dans ses repères offensifs, la rencontre dépasse largement le simple cadre d’un duel entre une équipe sans victoire et une autre en quête de son premier but en championnat. C’est un bras de fer entre une dynamique naissante et une vieille malédiction.

Samedi, Villa Park ne jugera pas seulement le niveau de jeu des deux équipes. Il dira si Emery a enfin trouvé la clé pour briser l’emprise de Glasner, ou si l’Autrichien restera, encore un peu plus, la pièce manquante du puzzle d’un Aston Villa qui rêve de stabilité au sommet.