L’Australie écarte Labuschagne pour la tournée en Afrique
L’image est encore fraîche : Marnus Labuschagne levant la batte à Ahmedabad, demi-siècle en finale et titre mondial au bout. Moins d’un an plus tard, le même joueur regarde la prochaine tournée ODI africaine… depuis l’extérieur.
Le champion du monde fait partie des cinq joueurs écartés du groupe retenu pour les séries en Zimbabwe puis en Afrique du Sud, un choix fort dans un cycle déjà tourné vers la prochaine Coupe du monde, qui se jouera justement en Afrique du Sud, au Zimbabwe et en Namibie.
Labuschagne, de pilier à sacrifié
Labuschagne n’avait manqué que cinq des 56 derniers ODI de l’Australie. Un métronome, presque une certitude sur la feuille de match. Ses difficultés récentes lui coûtent cher : à 32 ans, il sort du groupe au moment où la sélection commence à se resserrer.
Il n’est pas le seul. Matt Short, Ben Dwarshuis, Todd Murphy et Liam Scott disparaissent eux aussi de la liste par rapport à la tournée de mai-juin au Pakistan et au Bangladesh. Un coup de balai assumé.
Pour un joueur qui a contribué au sacre mondial 2023, le signal est brutal, mais limpide : personne n’est intouchable, même dans une équipe qui règne actuellement sur le format.
Cummins et Starc de retour, la colonne vertébrale se reforme
Au milieu de ces départs, deux noms ramènent une forme de continuité : Pat Cummins et Mitchell Starc. Les deux leaders du secteur rapide seront de la partie pour la série en Afrique du Sud, apportant poids, expérience et tranchant dans les moments clés.
Mitchell Marsh, capitaine et figure centrale du vestiaire, revient lui aussi, tout comme Travis Head, absent lors des déplacements au Pakistan et au Bangladesh. Avec Josh Hazlewood, Cameron Green et Adam Zampa, la structure d’une équipe de très haut niveau reste en place. Le statut de champion du monde n’est pas bradé.
Place aux audacieux : Connolly, Peake, Davies
L’autre message, c’est celui de l’avenir. Cooper Connolly, Oliver Peake et Joel Davies rejoignent pour la première fois le groupe ODI. Trois noms encore neufs au plus haut niveau, mais déjà identifiés comme des pièces potentielles du puzzle menant à la prochaine Coupe du monde.
Connolly apporte son énergie et sa polyvalence, Peake et Davies incarnent cette génération qui pousse depuis les compétitions domestiques et les sélections de jeunes. Les intégrer maintenant, en Afrique, face au Zimbabwe puis à l’Afrique du Sud, c’est les plonger directement dans la réalité d’un cycle mondial.
L’Australie ne se contente pas de défendre son titre : elle commence déjà à bâtir le suivant.
Une tournée charnière avant la prochaine Coupe du monde
Le programme est dense : une série de trois ODI contre le Zimbabwe, puis trois autres face à l’Afrique du Sud, avant de basculer sur une série de Test contre les Proteas. Dans ce calendrier chargé, chaque match en blanc et vert compte double.
Tester les jeunes, réinstaller les cadres, trancher sur les profils de milieu d’ordre, redéfinir les rôles des allrounders : cette tournée ressemble moins à une simple mise en jambe qu’à un laboratoire sous pression.
Le groupe retenu pour les ODI est le suivant : Mitchell Marsh, Pat Cummins (Afrique du Sud uniquement), Xavier Bartlett, Alex Carey, Cooper Connolly, Joel Davies, Nathan Ellis, Cameron Green, Josh Hazlewood, Travis Head, Josh Inglis, Spencer Johnson, Oliver Peake, Matthew Renshaw, Billy Stanlake, Mitchell Starc (Afrique du Sud uniquement), Adam Zampa.
Les champions du monde arrivent en Afrique avec une étiquette à défendre et une équipe en mouvement. Labuschagne en paie le prix aujourd’hui. Reste une question, implacable : qui saisira sa chance avant que la prochaine Coupe du monde ne referme la porte aux hésitations ?




