L’Australie s’impose d’un wicket face au Zimbabwe
L’Australie s’en sort d’un souffle et trace déjà la route vers l’Afrique du Sud
HARARE – Une balle restante, un seul guichet en main, des nerfs à vif. L’Australie a arraché à Harare une victoire d’un wicket face au Zimbabwe, pour conclure un 3-0 dans la série ODI qui vaut bien plus qu’un simple balayage statistique : c’est un premier jalon posé sur la route de la défense de son titre mondial en Afrique australe.
Inglis, le métronome au cœur du chaos
Au milieu d’une poursuite constamment secouée par des pertes de wickets, Josh Inglis a tenu la baraque. Son 103 sur 102 balles, avec 11 fours, a été la colonne vertébrale d’une chasse au score qui n’a jamais vraiment semblé hors de portée… sans pour autant paraître totalement maîtrisée.
Travis Head (6) et Mitchell Marsh (8) tombent rapidement. Le ton est donné : l’Australie gardera le rythme requis, mais au prix d’un défilé régulier vers le pavillon. Les Australiens restent dans les clous du taux de marque, mais chaque partenariat est écourté avant de devenir écrasant. L’attaque zimbabwéenne, emmenée par un Brad Evans incisif (4-47 en 10 overs), refuse de lâcher.
Inglis, lui, joue au contrepoids. Il accélère quand il le faut, calme le jeu dès que la panique menace. Quand il finit par partir, la poursuite bascule dans une autre dimension : celle des fins de match où chaque simple pèse lourd, où chaque erreur se paie cash.
Ellis et Johnson, les héros inattendus
C’est là que Nathan Ellis entre réellement dans l’histoire du match. Déjà meilleur lanceur australien de la journée avec 3-50 en 10 overs, le seamer se mue en batteur de crise. Son 36 précieux sur 44 balles n’a rien de flamboyant sur le papier, mais chaque run rapproche l’Australie d’un succès qui, soudain, n’a plus rien de routinier.
À ses côtés, Spencer Johnson, numéro 11, serre les dents, bloque, gratte. Sept runs en 13 balles, mais une présence qui compte. Les deux derniers de la liste transforment une situation fragile en victoire arrachée.
Le moment clé ? L’avant-dernier over. Wessly Madhevere a Ellis dans les mains. Il le fait tomber. Zimbabwe tient là, peut-être, la série qui bascule. Le catch est manqué, l’occasion aussi. Dans le dernier over, Ellis frappe un six sur la première balle, puis gère le reste. Neuf runs à défendre pour le Zimbabwe, trop pour Madhevere. L’Australie passe, à une balle de la fin. Le silence lourd sur le terrain local dit tout.
Raza illumine, le Zimbabwe s’en mord les doigts
Le scénario est cruel pour une équipe zimbabwéenne qui avait pourtant construit une prestation solide, presque exemplaire par séquences. En choisissant de battre en premier, le Zimbabwe s’appuie sur son capitaine pour donner du relief à son total.
Sikandar Raza signe un 81* en 72 balles, fluide, autoritaire, parfaitement calibré pour un rôle de finisseur. Autour de lui, Craig Ervine (59 sur 79 balles) et Innocent Kaia (55 sur 66 balles) posent les fondations. Les 272 au tableau paraissent légèrement en dessous des 280-290 que Raza visait, mais loin d’être anodins sur cette surface.
Le capitaine zimbabwéen ne se cache pas après coup : son équipe a fait un match, pas un figurant. Il sait aussi que ce sont ces rencontres serrées qui forgent un groupe, plus encore qu’une large victoire australienne en 40 overs. Le Zimbabwe, lui, retiendra surtout ce catch manqué et ce dernier over trop cher payé.
Une série gagnée, un Mondial en ligne de mire
Pour l’Australie, le 3-0 final masque mal la tension de ce dernier acte. Mitchell Marsh le reconnaît : son équipe a frôlé la correction, mais elle en ressort avec des signaux encourageants, notamment chez les plus jeunes et les joueurs de complément. Certains cadres ont été laissés au repos pour cette tournée, ce qui donne encore plus de poids à ce succès arraché dans la difficulté.
Les prochains renforts ne sont pas des moindres : Pat Cummins et Mitchell Starc doivent rejoindre le groupe pour la phase ODI en Afrique du Sud. Le décor change, l’exigence grimpe. Trois rencontres en 50 overs sont au programme, à commencer par Durban jeudi.
Josh Inglis, lucide, voit plus loin que cette seule série remportée. Il sait que ces fins de match à couteaux tirés reviendront, probablement lors du Mondial 2027, dont la majeure partie se jouera en Afrique du Sud, avec des matches également prévus au Zimbabwe et en Namibie. Pour lui, pour Ellis, pour Johnson, cette victoire à une balle près n’est pas qu’un frisson : c’est un capital confiance.
Retour en Afrique du Sud, souvenirs et enjeux
Puis viendront les Tests. Trois affiches promises à l’électricité, à Durban, Gqeberha et Cape Town. L’Australie n’a plus disputé de série de Tests en Afrique du Sud depuis le scandale du ball-tampering en 2018. Le contexte historique est lourd, mais dans le vestiaire, on assure ne pas se focaliser sur l’accueil à venir.
Inglis le rappelle : tout est orienté vers le Mondial dans 12 mois, dans ces mêmes conditions sud-africaines. Cette tournée sert de laboratoire. Découvrir les surfaces, tester des combinaisons, affiner une hiérarchie. Les contours du groupe champion du monde en titre commencent à se redessiner.
Le Zimbabwe, lui, quitte cette série avec des regrets, mais aussi une certitude : il peut pousser une grande nation dans ses retranchements, balle après balle. L’Australie s’en va vers Durban avec un 3-0 en poche, oui, mais aussi avec un avertissement bien clair : en Afrique australe, rien ne sera donné.




