BCCI : incertitudes autour d’Ajit Agarkar et les sélections continuent
L’Assemblée générale annuelle de la BCCI, tenue vendredi, n’a pas levé le moindre doute sur l’avenir d’Ajit Agarkar à la tête du comité de sélection. Aucune annonce, aucun signal clair. Officiellement, rien ne bouge. En coulisses, pourtant, le dossier est brûlant.
Les dirigeants de la BCCI ont reçu mandat pour trancher eux‑mêmes sur la composition du comité de sélection de l’équipe masculine senior. Autrement dit, le sort d’Agarkar se jouera dans les bureaux, loin des micros, dans les prochains jours.
L’ombre du “cas Rohit Sharma”
Depuis plusieurs semaines, le bruit enfle autour du poste d’Agarkar. Sa récente absence à une réunion de revue des performances, consacrée au tour de l’Inde au Royaume‑Uni, avait été minimisée par la BCCI. Officiellement, rien d’alarmant. Officieusement, les interrogations se multiplient.
Un épisode a tout fait basculer : celui de Rohit Sharma avant l’ODI de Lord’s. Les sélectionneurs auraient signifié à l’ancien capitaine qu’il ne faisait plus partie des plans. Puis la BCCI serait intervenue, inversant la tendance. Un choc frontal entre vision sportive et pouvoir politique, qui a logiquement relancé les doutes autour de l’autorité réelle d’Agarkar.
Nommé en juillet 2023, l’ancien pacer dispose pourtant d’un contrat courant, en principe, jusqu’en octobre 2026. Sur le papier, il a le temps. Dans l’atmosphère actuelle, tout semble plus fragile.
Un comité qui travaille “comme d’habitude”
Paradoxalement, le quotidien du comité de sélection ne montre aucun signe de crise. La réunion pour choisir les équipes d’Inde pour les ODI aux West Indies, l’Irani Cup et les formations India A s’est tenue cette semaine sans accroc apparent.
Ceux qui suivent le dossier de près parlent d’un fonctionnement normal, presque routinier. Les sélectionneurs ont fait leur travail, dossiers en main, comme si le siège du chairman n’était pas en train de vaciller. Le contraste est frappant : stabilité opérationnelle, incertitude politique.
Si Agarkar part, le vide s’installera
Si la BCCI décide de tourner la page Ajit Agarkar, elle ne pourra pas nommer son successeur du jour au lendemain. Le règlement impose une procédure stricte : publication d’un appel à candidatures, puis série d’entretiens. Un temps long, incompatible avec les réactions à chaud.
Le comité devra donc, au mieux, fonctionner avec une forme d’intérim ou de direction collégiale le temps de trouver un nouveau président. Dans ce contexte, un nom circule déjà : Parthiv Patel. L’ancien wicketkeeper‑bat, familier des arcanes du cricket indien moderne, est présenté comme un possible remplaçant si la BCCI décide de changer de cap.
Rien d’annoncé, rien d’officiel. Mais le simple fait que son nom ressorte montre à quel point la position d’Agarkar n’est plus intouchable.
Le chantier des sélections juniors traîne
Le flou ne concerne pas que les seniors. Le processus de nomination du nouveau comité de sélection junior n’est toujours pas achevé. La BCCI avait publié une annonce pour cinq postes le 24 août. Depuis, silence radio sur les entretiens, qui n’ont pas encore eu lieu.
Beaucoup s’attendaient à voir la nouvelle équipe junior révélée juste après l’AGM. Le calendrier glisse. Les dernières informations indiquent désormais que la procédure pourrait se prolonger jusqu’à la fin du mois. Là aussi, le temps administratif prend le dessus sur l’urgence sportive.
Border Gavaskar Trophy : Ranchi reste dans le jeu
Sur un autre front, la BCCI a dû gérer une polémique inattendue : la rumeur d’un retrait de Ranchi comme ville hôte de la prochaine Border Gavaskar Trophy. Le secrétaire de la Jharkhand State Cricket Association, Saurabh Tiwary, a coupé court.
Ranchi ne bouge pas. Le programme reste intact : la série de cinq Tests débutera le 21 janvier à Nagpur, puis enchaînera avec Chennai, Guwahati, Ranchi et Ahmedabad, dans cet ordre. Pour Tiwary, si quelqu’un devait écrire à la BCCI pour demander un changement, ce serait lui. Et il assure ne l’avoir jamais fait.
Dans un climat où chaque décision de la BCCI est scrutée, cette clarification évite au moins une nouvelle polémique logistique.
La BCCI face au National Sports Governance Act
Au cœur de l’AGM, un autre dossier de fond s’est invité : le National Sports Governance Act. La Cour suprême a demandé à la BCCI de préciser sa position sur ce texte, qui pourrait l’obliger à formaliser noir sur blanc son rapport à cette législation.
Jusqu’ici, la BCCI tient une ligne constante. Dans le dossier impliquant l’Odisha Cricket Association notamment, elle a défendu l’idée que le cricket ne peut pas être considéré comme un “designated sport” au sens de cet Act. Une position qui lui permet de préserver une large autonomie de gestion.
Entre la pression institutionnelle de la Cour suprême, les débats internes sur la gouvernance et l’incertitude autour de son propre chairman des sélections, la BCCI avance sur une crête étroite.
La prochaine décision sur Ajit Agarkar dira beaucoup : qui commande vraiment le cricket indien, la vision sportive ou le poids politique des bureaux de Mumbai ?




