Ben Shelton triomphe de Denis Shapovalov à l’US Open
À New York, dans la moiteur tardive de Queens, Ben Shelton a tenu son rang et plus encore. Sous les projecteurs d’Arthur Ashe, l’Américain a dompté Denis Shapovalov en quatre sets, 7-6(3), 6-7(5), 6-2, 6-4, pour s’ouvrir les portes des quarts de finale de l’US Open au cœur de la nuit, à 2 h 08 locales.
Une rivalité à sens unique qui se prolonge
Shelton avait déjà la main sur cette confrontation avant même de frapper la première balle : 4-0 dans leurs face-à-face. La dernière fois, à Dallas plus tôt dans l’année, il s’en était sorti en trois manches serrées. Sur gazon, à Wimbledon en 2024, les deux hommes avaient livré un marathon en cinq sets, déjà remporté par l’Américain.
Cette fois, le scénario a longtemps flirté avec le même parfum de bras de fer.
Le premier set se joue au cordeau. Les deux serveurs bombardent, les occasions de break se font rares, et c’est le tie-break qui tranche. Shelton hausse le ton, claque ses premières balles, impose son rythme : 7-3. Premier coup de massue.
Shapovalov refuse pourtant de plier. Le Canadien s’accroche, retrouve de la longueur, des angles, et quand le deuxième set bascule de nouveau au jeu décisif, il saisit sa chance. 7-5. Match relancé, ambiance électrique.
Le trou d’air canadien, la punition américaine
C’est à ce moment que le match change vraiment de couleur. Shelton encaisse le coup, mais ne s’éparpille pas. Il l’a reconnu lui-même : ce deuxième set lui échappe alors qu’il servait deux fois pour le conclure, convaincu d’être en contrôle. Il doit se “réinitialiser”, se reconcentrer. Il le fait avec une froideur impressionnante.
Dès le troisième set, le service de Shelton devient une arme encore plus tranchante. Les jeux défilent, Shapovalov laisse filer quelques fautes de trop. L’Américain sent le léger creux adverse et s’y engouffre. Il prend le large, s’empare du set 6-2, sans trembler.
La pression retombe d’un côté, monte de l’autre.
Dans la quatrième manche, Shelton frappe tôt. Un break rapide, comme un coup de poing au plexus, donne le ton. Le Canadien ne reviendra plus. L’ancien joueur de Florida, désormais pleinement installé dans le top 10, verrouille ses jeux de service, gère le score et ferme la porte. 6-4. Poing serré, regard dur. L’affaire est pliée.
Shelton évite la “guerre en cinq sets” qu’il redoutait. Il s’offre une nuit courte, mais une victoire pleine d’autorité.
Un parcours new-yorkais déjà consistant
Cette qualification en quarts ne tombe pas de nulle part. Le tournoi de Shelton avait déjà pris de l’épaisseur dès le premier tour.
Face à Tallon Griekspoor, l’entrée en matière est pourtant chaotique. L’Américain démarre à contretemps, mené 0-2, puis balayé 6-1 en 28 minutes. Le stade Arthur Ashe se crispe, se tait un peu. Mais Shelton se réveille, s’accroche à l’énergie du public et renverse la tendance. Il mène rapidement 2-0 dans le deuxième set, prend confiance, enchaîne les jeux. Le match bascule définitivement de son côté, et il file au tour suivant.
Mercredi, c’est Hubert Hurkacz qui se dresse devant lui. Là, Shelton frappe d’entrée : premier set plié en 32 minutes, avec 85 % de premières balles. Une démonstration. Le Polonais réagit, le break et arrache le deuxième set 7-5. Le duel se tend, s’étire, mais l’Américain tient bon. À 6-5 dans le quatrième set, il convertit sa balle de match et valide sa place au troisième tour, puis sa montée en puissance jusqu’à ce duel nocturne face à Shapovalov.
Trois matches, trois scénarios différents, une constante : Shelton trouve toujours une réponse.
Tsitsipas, retrouvailles et changement de décor
Dimanche, un autre chapitre s’ouvre : un quart de finale contre Stefanos Tsitsipas, ancien numéro 3 mondial. Les deux hommes ne se sont plus croisés depuis trois ans. À l’époque, sur le ciment de Cincinnati, le Grec s’était imposé en deux sets accrochés. Shelton n’était alors que 41e mondial, Tsitsipas pointait au 4e rang.
Les rôles se sont inversés.
Aujourd’hui, c’est l’Américain qui arrive en patron, installé au 9e rang, tandis que le Grec a glissé hors du top 50. Le contexte a changé, le décor aussi : ce ne sera pas un court annexe en préparation de tournoi, mais un quart de finale de Grand Chelem, le deuxième de l’année pour Shelton après celui disputé à l’Open d’Australie.
Shelton fait désormais partie de ce quatuor d’Américains en quarts, tous lancés dans la même quête : devenir le premier joueur des États-Unis à triompher à l’US Open depuis Andy Roddick en 2003.
La nuit new-yorkaise a confirmé une chose : ce n’est plus seulement une promesse. C’est une menace sérieuse pour le reste du tableau.




