Ben Shelton s'incline en finale de l'US Open contre Alexander Zverev
New York – Le rêve de Ben Shelton s’est brisé sur la raquette glaciale du numéro 1 mondial Alexander Zverev, mais il aura laissé une empreinte profonde sur l’US Open et sur l’histoire du tennis américain. Sur le Arthur Ashe Stadium, le jeune Américain s’est incliné en finale 3-6, 6-7(2), 7-5, 2-6, au terme de la meilleure quinzaine de sa carrière professionnelle.
Face à lui, un Zverev implacable, en route vers son deuxième titre majeur de l’année, désormais fort d’un impressionnant bilan de 25 victoires pour seulement 2 défaites en Grand Chelem cette saison, et de six succès en six confrontations face à Shelton.
Une finale sous pression, un début crispé
La scène était immense, et cela s’est vu dès les premiers échanges. Pour leur première opposition en Grand Chelem, Zverev a frappé le premier, breakant d’entrée pour mener 2-0. Shelton a bien tenté de desserrer l’étau, recollant à 4-3 en remportant notamment un septième jeu accroché, mais la nervosité l’a rattrapé au pire moment.
Une double faute, symbole de ce début de match tendu, a offert le premier set au numéro 1 mondial, 6-3. Zverev, lui, ne tremblait pas. Il imposait déjà son rythme, sa longueur de balle, sa constance.
Un tie-break fatal dans le deuxième set
Le deuxième acte a démarré sur un premier signe de bras de fer. Pour la première fois du match, le jeu d’ouverture est allé jusqu’à l’égalité. Zverev l’a arraché, posant encore un peu plus sa patte sur la rencontre. Shelton a répliqué avec autorité, conservant son engagement sur un jeu blanc, comme pour rappeler qu’il ne lâcherait rien.
Les deux hommes ont alors enchaîné les jeux de service, sans véritable brèche. La manche s’est logiquement invitée au tie-break. Là, Zverev a frappé très fort : 5-0 en un éclair, un départ canon qui a tué tout suspense. Le set a filé dans sa raquette, et Shelton, déjà, payait cher ses approximations.
Après deux manches, le constat était clair : l’Allemand dictait l’échange, étirait les rallyes, obligeait Shelton à frapper un coup de plus, souvent de trop. L’Américain, lui, cherchait encore la bonne zone au service et cumulait déjà 29 fautes directes. Un gouffre à ce niveau.
Le sursaut d’orgueil, enfin la faille sur le service de Zverev
Le troisième set a longtemps ressemblé au deuxième. Chacun tenait sa mise en jeu, les jeux défilaient, le score restait collé. Zverev, solide, a aligné les aces – son huitième lui a permis de revenir à 5-5, comme pour rappeler qu’il restait aux commandes.
Mais cette fois, Shelton a refusé de lâcher. Il a continué à s’accrocher, à frapper fort, à chercher la moindre ouverture sur le service adverse. Et la faille est enfin arrivée, presque contre le cours d’une série impressionnante : pour la première fois en 66 jeux de service consécutifs, Zverev s’est fait breaker.
Sur une frappe allemande qui s’échappe largement côté gauche, Shelton empoche le set 7-5. Le stade s’enflamme, le match s’allonge, la finale change de tonalité. L’Américain vient de prolonger la bataille pour le titre et de s’offrir un rayon d’espoir.
Zverev remet la main sur le match
Mais Zverev n’est pas du genre à paniquer. En entrant dans la quatrième manche, alors que la rencontre bascule dans sa troisième heure, le numéro 1 repart à l’assaut. De nouveau, il prend immédiatement le service de Shelton et s’envole à 2-0.
Shelton résiste, se bat pour rester au contact, revient à 3-2 et maintient une forme de pression sur le favori. Pourtant, chaque fois que l’Américain semble en mesure de recoller, Zverev referme la porte. Il avance au filet, raccourcit les points, impose sa présence et s’échappe à 5-2, à un jeu du titre.
La dernière scène est à l’image du match : Shelton tente, ose, mais déborde. Sur la balle de match, son retour s’allonge, file au-delà de la ligne. Zverev serre le poing. Le titre est pour lui, le deuxième majeur de son année.
Une défaite historique
Le tableau d’affichage ne raconte pas tout. Derrière ce revers, Shelton signe une quinzaine qui le fait entrer dans les livres. Il devient le premier ancien champion NCAA en simple à atteindre une finale de Grand Chelem depuis 1986. Il devient aussi le premier Afro-Américain à disputer une finale de simple en Grand Chelem depuis MaliVai Washington à Wimbledon en 1996.
Cette finale lui offre aussi un bond au classement : dès lundi, il grimpera au 4e rang du classement PIF ATP, son meilleur classement en carrière. Aucun ancien joueur universitaire n’avait occupé une place aussi haute depuis James Blake en 2006.
La marche était encore un peu trop haute face à un numéro 1 du monde en pleine confiance, mais la trajectoire est lancée. La question n’est plus de savoir si Ben Shelton rejouera une finale de Grand Chelem. Elle est de savoir combien de temps il lui faudra pour en gagner une.




