Billie Jean King Cup 2026 : Shenzhen se prépare à couronner la nouvelle reine
Le tennis féminin s’offre sa Coupe du monde, et le trône est vacant. À Shenzhen, huit nations se présentent au Shenzhen Bay Sports Centre Arena avec une certitude : le titre de championne du monde se gagnera au forceps, du 22 au 27 septembre.
Italie, Grande-Bretagne, Ukraine, Espagne, Czechia, Kazakhstan, Belgique, Chine. Huit survivantes d’un tableau record de 148 pays. Huit vestiaires convaincus que cette semaine peut changer l’histoire de leur génération.
L’Italie en quête d’un triplé historique
La favorite est connue. L’Italie débarque en Chine avec un statut écrasant : double tenante du titre, portée par Jasmine Paolini et Sara Errani, sacrées en double aux Jeux olympiques de Paris 2024. Deux or olympique en poche, deux Billie Jean King Cup consécutives : la dynamique est claire, la pression aussi.
Les Italiennes visent un exploit rarissime : devenir la première nation à aligner trois sacres de suite depuis Czechia entre 2014 et 2016. Un repère historique, presque une obsession.
Mais le tirage n’a rien d’un cadeau. Le quart de finale les oppose à la Chine, à domicile, menée par Zheng Qinwen, championne olympique en simple et désormais figure centrale du tennis mondial. Récente quart de finaliste à l’US Open en sortant des qualifications, la Chinoise arrive lancée, portée par tout un pays.
Un choc frontal, dès jeudi 24 septembre à 5 h (heure de la côte Est américaine). Sans filet de sécurité.
Un tableau privé de Rybakina… mais pas de stars
Cette édition aurait dû marquer le début du règne d’Elena Rybakina en tant que n°1 mondiale dans cette compétition. La joueuse du Kazakhstan devait être l’une des attractions de la semaine. Son tendon d’Achille, déjà mis à rude épreuve lors de sa conquête de l’US Open, en a décidé autrement. Forfait. Un coup dur pour sa sélection, un vide pour le tournoi.
Le plateau n’en reste pas moins chargé en puissance de feu. Team USA, éliminée dès les qualifications en avril, regardera la fête à distance. Mais sur le court, les têtes d’affiche ne manquent pas.
Czechia aligne Linda Noskova, n°6 mondiale, et Karolina Muchova, n°8, dans un effectif qui respire la profondeur. L’Ukraine se présente avec Elina Svitolina, n°7 mondiale, capitaine de route d’un groupe qui sait ce que signifie jouer sous tension, sur et en dehors du court.
Le décor est planté : moins de stars américaines, mais une densité européenne et asiatique impressionnante.
Le programme : une semaine à élimination directe
Tout se jouera en indoor, à Shenzhen. Un format simple, brutal : deux simples, puis un double si nécessaire. La première nation à deux victoires passe. Trois matchs maximum, aucun droit à l’erreur.
Quarts de finale – Shenzhen Bay Sports Centre Arena
- Mardi 22 septembre – 5 h ET : Grande-Bretagne – Czechia
- Mercredi 23 septembre – 5 h ET : Espagne – Kazakhstan
- Mercredi 23 septembre – 22 h ET : Ukraine – Belgique
- Jeudi 24 septembre – 5 h ET : Chine – Italie
Demi-finales
- Vendredi 25 septembre – 5 h ET : Vainqueur match A – Vainqueur match D
- Samedi 26 septembre – 5 h ET : Vainqueur match B – Vainqueur match C
Finale
- Dimanche 27 septembre – 5 h ET : Les deux finalistes pour le titre mondial
Chaque rencontre se joue en deux simples au meilleur des trois sets. Si les équipes se neutralisent, le double devient juge suprême. Une bascule souvent émotionnelle, où les spécialistes de la discipline prennent soudain la lumière.
Les forces en présence
Les capitaines ont choisi leurs armes. Certaines sélections arrivent avec des stars, d’autres avec des blocs soudés et une profondeur de banc précieuse sur une semaine aussi dense.
Belgique
Capitaine : Wim Fissette
Hanne Vandewinkel
Greet Minnen
Jana Otzipka
Magali Kempen
Lara Salden
(*Jeline Vandromme forfait*)
Un groupe homogène, sans grande tête d’affiche mais avec des joueuses capables de gratter des points en simple comme en double. Typiquement le genre d’équipe qui adore le rôle d’outsider.
Chine
Capitaine : Jie Zheng
Qinwen Zheng
Shuai Zhang
Xiyu Wang
Hanyu Guo
Xinyu Jiang
À domicile, avec Zheng Qinwen en locomotive et l’expérience de Shuai Zhang, la Chine ne se contentera pas de jouer les trouble-fêtes. Le quart face à l’Italie ressemble déjà à une finale avant l’heure.
Czechia
Capitaine : Barbora Strycova
Karolina Muchova
Linda Noskova
Marie Bouzkova
Katerina Siniakova
Sara Bejlek
C’est l’armada. Puissance en simple avec Muchova et Noskova, expertise en double avec Katerina Siniakova. Sur le papier, l’une des équipes les plus complètes du plateau. Si la mécanique se met en route, personne ne sera surpris de la revoir en finale.
Grande-Bretagne
Capitaine : Anne Keothavong
Katie Boulter
Harriet Dart
Sonay Kartal
Mika Stojsavljevic
Jodie Burrage
Une équipe combative, portée par la progression de Katie Boulter. Face à Czechia dès l’entrée, les Britanniques n’auront pas le temps de s’installer. Il faudra frapper juste, très vite.
Italie
Capitaine : Tathiana Garbin
Jasmine Paolini
Elisabetta Cocciaretto
Lucia Bronzetti
Sara Errani
Tyra Grant
Paolini en n°1, Cocciaretto et Bronzetti pour densifier le simple, Errani comme métronome de double. L’ossature est connue, rodée. Le poids de l’histoire aussi : défendre un doublé, viser un triplé, tout en affrontant un pays hôte survolté.
Kazakhstan
Capitaine : Yuriy Schukin
Yulia Putintseva
Anna Danilina
Zhibek Kulambayeva
Sonja Zhiyenbayeva
(*Elena Rybakina forfait sur blessure*)
Sans Rybakina, la lumière se tourne vers Yulia Putintseva, guerrière de fond de court, et Anna Danilina, précieuse en double. Moins clinquant, mais toujours dangereux dans un format court.
Espagne
Capitaine : Carla Suarez Navarro
Cristina Bucsa
Jessica Bouzas Maneiro
Kaitlin Quevedo
Marina Bassols Ribera
Sara Sorribes Tormo
Sous la houlette de Carla Suarez Navarro, l’Espagne s’appuie sur la combativité de Sara Sorribes Tormo et la montée en puissance de Bucsa. Une équipe dure à manœuvrer, idéale pour des batailles en trois sets.
Ukraine
Capitaine : Illya Marchenko
Elina Svitolina
Anhelina Kalinina
Katarina Zavatska
Lyudmyla Kichenok
(*Marta Kostyuk forfait, blessure au poignet*)
Svitolina en patronne, Kalinina en solide n°2, Kichenok en spécialiste de double : l’Ukraine possède un équilibre intéressant. L’absence de Marta Kostyuk pèse, mais la capacité de ce groupe à se sublimer dans le contexte actuel n’est plus à prouver.
Une semaine pour écrire l’histoire
Tout sera diffusé en direct via les canaux officiels de la Billie Jean King Cup et de la World Cup of Tennis. Mais c’est bien sur le dur de Shenzhen que se jouera l’essentiel : des regards, des choix de composition, des doubles décisifs disputés à l’aube.
L’Italie réussira-t-elle son triplé et rejoindra-t-elle Czechia dans le livre d’or ? La Chine profitera-t-elle de la ferveur de Shenzhen pour faire basculer la hiérarchie ? Czechia retrouvera-t-elle son costume d’ancienne dynastie ? Ou une nation comme l’Ukraine ou l’Espagne viendra-t-elle bousculer le scénario prévu ?
La réponse tiendra peut-être en un break arraché dans un troisième set, quelque part, au petit matin, dans l’arène de Shenzhen.




