Botic van de Zandschulp remporte un thriller historique à l’US Open
On a longtemps cru que c’était terminé. Deux sets de retard, une balle de match contre lui, un adversaire porté par l’ivresse d’un conte de fées. Et pourtant, au bout de 5 heures et 13 minutes, Botic van de Zandschulp quittait le court en vainqueur, lessivé mais debout, après l’un des combats les plus déments de l’histoire de l’US Open.
Le Néerlandais de 30 ans a renversé Arthur Gea, 3-6, 6-7(0), 7-6(7), 7-6(3), 6-4, pour se hisser en quart de finale à Flushing Meadows pour la deuxième fois de sa carrière. Un marathon qui entre dans les livres : quatrième match le plus long jamais disputé dans le tournoi.
Un lucky loser à un point de l’exploit
L’histoire aurait pu être pour Arthur Gea. Le Français, repêché comme lucky loser après le forfait de Casper Ruud, touchait du doigt un exploit rarissime : devenir le premier joueur issu des qualifications repêché à atteindre un quart de finale en simple messieurs en Grand Chelem.
Pendant deux sets, il a joué comme si rien ne pouvait lui arriver. Plus tranchant, plus précis, Gea s’empare de la première manche 6-3, puis domine un tie-break à sens unique dans le deuxième, conclu 7-0. Van de Zandschulp vacille, recule, subit. On le croit condamné à une sortie expéditive, trois jours après avoir déjà créé la surprise en éliminant Alex de Minaur au deuxième tour.
La tension atteint son paroxysme dans le troisième set. Nouveau tie-break. Gea obtient une balle de match. Un point, un seul, pour plier l’affaire en trois manches. Van de Zandschulp s’accroche, serre le jeu, sauve cette balle de match et renverse le jeu décisif. 7-6(7). Le match bascule.
La remontée d’un survivant
À partir de là, le scénario change de couleur. Le Français reste dangereux, mais l’expérience du Néerlandais prend le dessus dans les moments brûlants. Le quatrième set se joue encore au couteau, encore au tie-break. Cette fois, van de Zandschulp impose sa loi, 7-6(3). Deux sets partout, les corps marquent, les esprits vacillent.
Le cinquième acte se joue sur des détails, comme souvent après plus de cinq heures de lutte. Van de Zandschulp gagne quelques centimètres de terrain dans l’échange, sert un peu mieux, gère un peu plus froidement les points clés. Gea, lui, voit l’exploit s’éloigner. Le Néerlandais arrache le break décisif et ferme la porte, 6-4.
Au bout, un quart de finale à New York, comme en 2021. Mais avec une saveur différente, plus forte, plus dure à aller chercher. Van de Zandschulp lui-même l’a reconnu : ce parcours-là dépasse le précédent. Il sait pourquoi. On ne sort pas indemne d’un match pareil.
Blockx écrit l’histoire belge
La journée à Flushing Meadows ne s’est pas résumée à ce seul feuilleton. Alexander Blockx a, lui aussi, écrit une page d’histoire. Tête de série numéro 28, le Belge a dominé Francisco Cerundolo (tête de série 24) 6-3, 4-6, 7-5, 7-5 pour devenir le premier joueur de son pays à atteindre les quarts de finale de l’US Open.
Un match solide, tenu avec une maturité étonnante dans les fins de sets, face à un adversaire réputé pour sa dureté en fond de court. Blockx n’a pas tremblé dans les moments chauds, s’est offert deux manches serrées 7-5 et s’est ouvert la porte des quarts. Son prochain obstacle a déjà un parfum de ferraille lourde : Karen Khachanov.
Khachanov au bout de cinq sets
Le Russe a lui aussi dû s’employer jusqu’au cinquième set pour rejoindre les quarts. Opposé à l’Américain Learner Tien, tête de série 14, Khachanov a navigué entre domination, trou d’air et réaction d’orgueil. Victoire 7-5, 4-6, 6-7(6), 6-1, 6-4 au terme d’un match à rebondissements.
Mené deux sets à un après avoir laissé filer un troisième set en tie-break, il a remis la machine en route avec autorité, écrasant le quatrième 6-1 avant de verrouiller le cinquième. Une qualification à la Khachanov : puissante, rugueuse, sans éclat superflu mais diablement efficace.
Il retrouvera donc Blockx pour une place en demi-finale, dans un duel entre la puissance installée et l’ambition montante.
Et maintenant, le numéro un
Pendant ce temps, la nuit new-yorkaise se prolonge encore avec le dernier acte de la journée : Alexander Zverev, tête de série numéro un, face à l’Italien Luciano Darderi, tête de série 21. Un choc pour refermer une journée déjà marquée par un comeback monumental, un lucky loser à un point de l’histoire et un Belge qui bouscule les frontières de son tennis.
À Flushing Meadows, certains matches durent plus de cinq heures. Mais leurs traces, elles, risquent de rester beaucoup plus longtemps.




