Brydon Carse écarté de l'équipe d'Angleterre après l'incident de Derby
L’Angleterre a tranché. Brydon Carse ne portera pas le maillot national pour la prochaine série en balles blanches contre le Sri Lanka. Pas maintenant, pas tant que l’onde de choc de l’incident de Derby n’aura pas été digérée.
Le pacer de 31 ans, menotté par la police devant un bar de Derby en août, est au cœur d’une double enquête : celle du Cricket Regulator et celle de la police du Derbyshire, qui examine une plainte pour agression liée à cette nuit-là. Le rôle exact de Carse dans cet épisode n’est pas établi, mais l’Angleterre n’a pas attendu les conclusions pour envoyer un message clair.
Un choix sportif… et symbolique
Carse avait déjà été retiré des plans pour la série de Test en cours contre le Pakistan après l’affaire de Derby. Officiellement, il reste sélectionnable. Concrètement, il disparaît des listes pour les trois T20I et les trois ODI face au Sri Lanka, qui débuteront à Southampton le 15 septembre.
Un porte-parole de l’ECB a posé le cadre sans ambiguïté : l’objectif est de lui laisser le temps de se confronter à ce qui l’a mené à cette nuit dérapée. « Compte tenu des événements récents, nous estimons important qu’il travaille sur les problèmes qui ont conduit à l’incident de Derby et qu’il prenne le temps d’un véritable reset », a-t-il expliqué, en précisant que cette décision « ne préjuge pas de l’issue de l’enquête ».
Le message dépasse le seul cas Carse. Sous l’impulsion d’un management décidé à durcir les standards de conduite et de culture de groupe, l’Angleterre trace une ligne. Joe Root avait déjà appelé ses coéquipiers à se comporter en « modèles ». Les actes suivent désormais les mots.
Carse, détenteur d’un contrat central et proche du capitaine de white-ball Harry Brook, se retrouve brusquement en marge. Non pas banni, mais clairement mis à distance.
Crocombe, la récompense express
Son absence ouvre une porte. Henry Crocombe la franchit.
Le seamer de Sussex, encore non capé, a forcé le destin ces derniers jours avec un exploit rarissime : deux hat-tricks consécutifs en l’espace d’une semaine. De quoi le propulser dans le groupe ODI, en remplacement direct de Carse.
Ce n’est pas seulement une promotion. C’est un signal : les performances du moment peuvent renverser la hiérarchie, surtout quand le contexte extra-sportif fragilise certains cadres.
Bethell sur le flanc, Donald en plein vol
Carse n’est pas le seul nom absent de cette liste anglaise. Jacob Bethell manquera lui aussi la double confrontation contre le Sri Lanka. Le jeune all-rounder vient de passer sur le billard pour un problème au genou qui le tient éloigné des terrains depuis la mi-juillet.
Le staff ne l’attend pas avant la tournée limitée-overs en Australie, en novembre. En attendant, un autre profil s’impose : Aneurin Donald.
Le batteur de Derbyshire, récompensé par une première convocation en T20, arrive lancé. Sa campagne de T20 Blast a été tonitruante : 489 runs, un taux de frappe délirant de 230, puis une continuité de forme sous le maillot de Trent Rockets dans The Hundred. À ce niveau de puissance, l’Angleterre ne pouvait plus l’ignorer.
S’il débute avec les Three Lions, Donald deviendra le premier produit de Glamorgan à représenter l’Angleterre depuis Simon Jones lors des Ashes 2005, même s’il a changé de comté depuis. Une passerelle historique qui rappelle combien les trajectoires de carrière peuvent être sinueuses, mais aussi combien elles comptent peu une fois la sélection acquise.
Un vestiaire sous surveillance
Derrière ces choix, une trame se dessine. L’Angleterre ne se contente plus de juger ses joueurs sur leurs seules statistiques. La conduite, l’image, la capacité à incarner un standard deviennent des critères aussi déterminants que la moyenne au bâton ou la vitesse au radar.
Carse se retrouve ainsi dans un entre-deux inconfortable : ni suspendu, ni gracié. Il doit « travailler sur les problèmes » qui l’ont conduit à Derby. La phrase est lourde de sens. Elle laisse entendre qu’au-delà de l’enquête, c’est un parcours personnel qui l’attend avant d’espérer retrouver sa place.
Pendant ce temps, le calendrier ne s’arrête pas. L’Angleterre doit d’abord boucler sa série de Test contre le Pakistan, avec un troisième match encore à disputer. Derrière, le Sri Lanka arrive, puis l’Australie pointe déjà à l’horizon.
Les portes ne se ferment jamais complètement à ce niveau. Mais elles ne restent pas ouvertes éternellement non plus. La question, pour Brydon Carse, est simple : quand l’Angleterre se retournera, sera-t-il encore là pour la franchir ?




