Bundesliga 2023 : Bayern en quête de domination, Stuttgart prêt à défier
Le compte à rebours est terminé. Vendredi soir, à Munich, le Bayern lance sa saison de championnat avec une idée fixe : repartir à l’assaut de l’Europe en commençant par verrouiller, une fois encore, son trône national. Le message a déjà été envoyé le week-end dernier avec un premier trophée dans la vitrine : la Supercoupe d’Allemagne, remportée 2-1 face à Borussia Dortmund, le dauphin de la saison passée.
La soirée aurait pu être plus tendue si le but de Ramy Bensebaini avait été validé en première période. Il a été refusé, et les champions ont imposé leur loi. Vincent Kompany, fraîchement installé sur le banc, n’aurait pas pu rêver meilleure entrée en matière. Il attend maintenant la même intensité, la même autorité, pour l’ouverture de la Bundesliga face à Stuttgart.
Stuttgart arrive sans complexe
En face, Stuttgart ne vient pas pour faire de la figuration. L’équipe de Sebastian Hoeness sort d’une saison réussie, terminée à la quatrième place, synonyme de Ligue des champions. Un pas de géant, mais un rappel brutal demeure : 26 points de retard sur le Bayern au classement final. Le gouffre existe encore.
Les Souabes ont toutefois construit un été solide. Une préparation encourageante, un 4-0 sec en DFB-Pokal contre Hansa Rostock, et la conviction qu’ils peuvent compliquer sérieusement la tâche du champion sortant. Ils savent où ils mettent les pieds, mais ils savent aussi qu’ils ont des armes.
Des compositions qui annoncent le ton
Côté Bayern, Kompany devrait aligner un onze très offensif :
- Neuer – Laimer, Tah, Kim, Stanisic – Kimmich, Pavlovic – Olise, Brown, Diaz – Kane.
En face, Stuttgart se présente avec :
- Bredlow – Nartey, Jeltsch, Chabot, Mittelstädt – Prömel, Stiller – Tomas, Undav, Führich – Pejcinovic.
Deux systèmes portés vers l’avant, deux lignes offensives capables de frapper vite. Les prémices d’un match ouvert.
Munich, terre de buts
Le Bayern a démarré sa saison comme il avait terminé la précédente : avec des buts. L’an dernier, les Bavarois ont marqué lors de 56 rencontres officielles consécutives, une série débutée… contre Stuttgart en août. Le signal n’a jamais cessé de clignoter.
Mais ce Bayern-là n’est pas hermétique. Loin de là. La saison passée, 65 % de ses matchs ont vu les deux équipes marquer. À l’Allianz Arena, ce pourcentage grimpait même à 71 % en Bundesliga, un chiffre dépassé uniquement par Freiburg et Köln. Les portes s’ouvrent souvent des deux côtés.
Stuttgart n’est pas en reste. Lors de ses déplacements, 82 % de ses rencontres se sont terminées avec des buts des deux camps, seul Frankfurt affichant un taux plus élevé. Le profil est clair : une équipe qui voyage pour jouer, pas pour bétonner.
Les chiffres récents confirment la tendance : les cinq derniers matchs du Bayern ont tous vu les deux équipes marquer. Trois des cinq dernières sorties de Stuttgart aussi. Tout indique une soirée où les gardiens, Manuel Neuer et Fabian Bredlow, auront du travail… et peu de chances de repartir avec un clean sheet.
Une forteresse bavaroise, mais pas silencieuse
Le Bayern reste sur six victoires de rang en compétition officielle, avec des succès contre Aston Villa, RB Leipzig et Borussia Dortmund. La défaite surprise face à Wehen en préparation ne raconte pas grand-chose : l’effectif était remanié, les cadres absents. Quand les choses comptent, Munich répond présent.
Surtout à domicile. La saison dernière, le Bayern n’a perdu qu’une seule fois à l’Allianz Arena en Bundesliga. Stuttgart le sait mieux que quiconque : la dernière confrontation entre les deux clubs a tourné à la correction, un 3-0 infligé par les Bavarois en finale de Coupe d’Allemagne. Et les Souabes n’ont plus gagné à Munich depuis 2018.
Pourtant, ce duel ne ressemble pas à une simple formalité. Stuttgart a les moyens de marquer. Les chiffres parlent encore : les 17 dernières confrontations entre les deux équipes ont toutes produit au moins trois buts, dont 12 avec plus de 3,5 buts. Quand Bayern et Stuttgart se croisent, le tableau d’affichage ne reste jamais sage.
Harry Kane, machine à frapper
Au centre de ce cyclone offensif, un homme : Harry Kane. L’Anglais a survolé la course au titre de meilleur buteur la saison dernière, avec 36 buts en Bundesliga, presque le double de Denis Undav (19). Il ne donne aucun signe de ralentissement.
En Supercoupe, face à Dortmund, Kane a tenté cinq tirs, comme Michael Olise, pour un seul cadré. Un détail, pas un avertissement. La saison passée, il a frappé 119 fois en championnat, dont 67 tirs cadrés, soit une moyenne de 2,53 tirs cadrés par 90 minutes. Il ne cesse jamais d’arroser.
Et Stuttgart connaît déjà la chanson. Kane a inscrit un triplé lors de sa dernière apparition contre les Souabes. En réalité, il leur a collé deux triplés la saison passée, pour un total ahurissant de huit buts en quatre confrontations directes. Une véritable obsession statistique.
Une soirée pour attaquants
Tout converge vers le même scénario : un Bayern dominateur, Stuttgart assez ambitieux pour répondre, et un match qui s’emballe. Les chiffres, l’historique, les dynamiques offensives, tout pousse vers un duel riche en occasions, en tirs, en buts.
La prédiction tombe presque naturellement : un succès 3-1 du Bayern, avec un doublé de Harry Kane, un but de Nathaniel Brown, et Dzenan Pejcinovic pour sauver l’honneur de Stuttgart. Une affiche taillée pour les buteurs, pour les spectateurs, pour lancer une saison avec fracas.
La question, désormais, n’est pas de savoir si le Bayern marquera. Mais jusqu’où cette équipe, portée par un Kane en état de grâce, peut repousser encore les limites d’une Bundesliga qu’elle domine sans partage.




