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Calendrier 2027 de la F1 : plus de sprints et des retours attendus

La Formule 1 a levé le voile sur son calendrier 2027. Vingt-quatre Grands Prix, dix courses sprint, deux retours très attendus – Portugal et Turquie – et un message clair : le championnat ne ralentit pas, il accélère.

La saison s’ouvrira à Bahrain le 14 mars et se refermera à Abu Dhabi le 12 décembre. Un long ruban de neuf mois, tendu aux quatre coins du globe, où chaque week-end ou presque portera un enjeu sportif… et stratégique.

Dix sprints, Monaco bascule dans une nouvelle ère

La décision était dans l’air, elle est désormais actée : les sprints passent de six à dix en 2027. F1 estime le format court suffisamment mûr et surtout suffisamment apprécié pour en faire un pilier de son produit.

La liste impressionne. Bahrain, Australia, Japan, Monaco et Abu Dhabi accueilleront pour la première fois ces courses condensées. Le format reviendra aussi sur des terres déjà conquises : Montréal, Silverstone, Monza, São Paulo et Lusail.

Que Monaco bascule dans le sprint dit tout de l’ambition de la discipline. Le joyau de la Principauté, bastion du format traditionnel, se retrouve soudain au cœur de l’expérimentation. Moins de temps pour se mettre en place, plus de risques, davantage de chances de bouleverser la hiérarchie sur un tracé où dépasser reste un art rare. Le pari est audacieux. Il changera immanquablement le visage du week-end monégasque.

Portugal et Turquie reviennent dans le jeu

Le calendrier 2027 marque aussi le retour de deux circuits qui avaient laissé de bons souvenirs pendant la période Covid.

Le 20 juin, Portimão retrouvera la F1. Le tracé portugais, utilisé pour la dernière fois en 2021, réapparaît au cœur de l’été, avec ses dénivelés brutaux et son enchaînement de courbes aveugles qui mettent les pilotes à l’épreuve autant physiquement que mentalement.

Le 3 octobre, ce sera au tour d’Istanbul de se rallumer. Là encore, dernier passage en 2021, après une première vie régulière entre 2005 et 2011. Le fameux virage 8, interminable et meurtrier pour les pneus, reviendra jouer les juges de paix à l’entrée du dernier tiers de saison. Un rendez-vous rarement ennuyeux, replacé dans une séquence déjà chargée.

L’Europe bouge : Barcelone sort, Spa alterne, Zandvoort s’arrête

Le centre de gravité européen se déplace. Le meeting de Barcelona disparaît du calendrier 2027, comme prévu. Le circuit catalan est appelé à entrer dans un système de rotation avec le Grand Prix de Belgique à Spa, un an sur deux.

Autre coup de théâtre : le Grand Prix des Pays-Bas à Zandvoort a vécu sa dernière édition cette année. Le retour du tracé côtier, porté par la vague orange, aura donc été intense mais bref. La F1 assume ses choix : densifier certaines zones du globe, rationaliser d’autres, quitte à fermer des chapitres chargés d’émotion.

Trois triple-headers et un calendrier sous haute tension

La saison 2027 sera physiquement rude pour les équipes. Trois séquences de trois Grands Prix consécutifs sont prévues.

En avril, un bloc Asie-Pacifique : Australia, Japan, China enchaînés. Un test logistique colossal, mais aussi un moment clé pour les écuries qui voudront valider leurs packages techniques de début de saison.

En septembre-octobre, un deuxième triptyque : Azerbaijan, Turkey, Singapore. Trois circuits exigeants, trois contextes très différents, du tracé urbain de Bakou aux courbes rapides d’Istanbul, avant de plonger dans la nuit moite de Marina Bay.

Puis, en octobre-novembre, un final américain à haute intensité : United States, Mexico, Brazil. Trois ambiances, trois altitudes, trois défis techniques, avec souvent des rebondissements majeurs au championnat à ce moment de l’année.

Un changement notable concerne Las Vegas. Pour la première fois depuis son arrivée au calendrier, la course du Nevada ne sera plus alignée en bloc avec Qatar et Abu Dhabi. La fin de saison, jugée exténuante par de nombreuses équipes, se voit ainsi allégée d’un enchaînement jugé déraisonnable. Une semaine de respiration sera intercalée après Las Vegas, sans pour autant enlever de la tension au sprint final.

Le Moyen-Orient reste en place… mais les plans B existent

Pour l’instant, F1 maintient sa ligne : les courses au Qatar et à Abu Dhabi doivent conclure la saison actuelle et restent programmées aux mêmes dates pour 2027. Les quatre rendez-vous du Moyen-Orient demeurent dans leurs créneaux habituels.

La saison en cours, toutefois, a rappelé à quel point la région peut devenir un point de fragilité. Les Grands Prix de Bahrain et Saudi Arabia avaient été annulés en avril à cause de la guerre au Moyen-Orient, le rendez-vous de Bahrain ayant été déplacé à Malaysia en octobre.

Officiellement, aucune solution de repli n’est annoncée pour 2027. Mais en coulisses, des options sont déjà étudiées si la situation l’exige. Pour cette saison, la ligne est claire : on continue comme prévu vers Qatar et Abu Dhabi. En cas d’annulation, Imola est pressenti pour accueillir une finale de championnat en décembre. Un signal fort : la F1 ne veut plus se retrouver prise de court.

Domenicali assume un calendrier XXL

Stefano Domenicali, le PDG de F1, voit dans ce calendrier une vitrine de la puissance actuelle du championnat. Selon lui, la discipline « continue de gagner en force », attirant « de nouveaux publics partout dans le monde ». Semaine après semaine, insiste-t-il, « les meilleurs pilotes du monde se battront sur certains des tracés les plus exigeants du sport automobile », entourés d’« équipes de très haut niveau, de constructeurs de classe mondiale et de partenaires globaux », pour offrir « un spectacle unique dans le sport ».

Le message est limpide : la F1 ne se contente plus d’occuper le paysage sportif, elle veut le dominer, à coups de week-ends spectaculaires, de formats variés et de présence planétaire.

Reste une question, brûlante : jusqu’où ce modèle peut-il tenir, entre exigences commerciales, intensité sportive et limites humaines des équipes qui font tourner le paddock, semaine après semaine, aux quatre coins du monde ?