Carlos Alcaraz domine Tommy Paul à l'US Open
Carlos Alcaraz n’a pas seulement gagné. Il a imposé sa loi. Victoire sèche face à l’Américain Tommy Paul, tête de série n°20 : 6-4, 6-3, 6-4, et billet composté pour les quarts de finale de l’US Open. La défense de son titre à Flushing Meadows reste parfaitement alignée.
Sur Arthur Ashe Stadium, le score paraît propre. Le contenu, lui, a parfois frôlé l’indécent. Après près de cinq mois loin du circuit à cause d’un poignet droit récalcitrant, le septuple vainqueur en Grand Chelem a retrouvé un niveau qui ne laisse plus place au doute. Sa série de victoires en majeurs grimpe à 18 matches, portée par une démonstration de puissance et de créativité.
Le coup qui dit tout
Le symbole est arrivé tôt dans le deuxième set. Alcaraz s’ouvre le court, se replace, arme côté coup droit et déclenche une gifle long de ligne mesurée à 164 km/h. Un missile. La balle fuse, touche la ligne, laisse Paul planté. Arthur Ashe gronde. L’Espagnol, lui, ne bronche presque pas. Comme si ce genre de frappe faisait désormais partie de sa routine.
Pour un joueur qui a manqué les deux derniers tournois du Grand Chelem, absent depuis avril pour une blessure qui a déjà brisé plus d’une carrière, ce coup-là ressemble à un verdict médical : le poignet est revenu à pleine puissance.
Ce n’était qu’un parmi 33 coups gagnants, dont une nouvelle fusée en coup droit pour s’offrir une balle de match dans ce stade où tout a commencé pour lui, il y a quatre ans, avec son premier grand titre.
À New York, Alcaraz se transforme. Cinq quarts de finale en six participations. Une régularité de vieux briscard dans un corps de 22 ans. Il le sait, il le sent : ce tournoi lui appartient un peu.
Paul court partout, Alcaraz contrôle tout
Le tableau d’affichage ne raconte pas tout. Tommy Paul n’a pas servi de figurant. L’Américain, l’un des plus rapides du circuit, a tout tenté pour bousculer le tenant du titre. Il s’est même offert un deuxième passing “around the post” dans ce tournoi, ce coup spectaculaire frappé à l’extérieur du poteau, qui déclenche toujours un murmure incrédule dans les tribunes.
Mais en face, Alcaraz n’a jamais vraiment tremblé. Il a imposé son style, celui qu’il revendique : agressif, porté vers l’avant, avec une prise de balle précoce qui étouffe l’adversaire. Les frappes de Paul, souvent lourdes et flottantes, sont difficiles à maîtriser quand elles arrivent à pleine vitesse. L’Espagnol, lui, avait visiblement prévu le combat. Il a accepté l’échange, haussé le rythme, pris la balle tôt, et surtout mis une pression constante sur le retour.
C’est là que le match s’est joué. Sur les secondes balles américaines, Alcaraz a avancé, frappé fort, réduit le temps de réaction de Paul. Cette agressivité lui a permis de garder les idées claires, de ne pas s’éparpiller, de rester dans son plan de jeu. Point après point, il a grignoté la confiance de son adversaire.
Le public pour Paul, le show pour Alcaraz
Le décor était classique pour une nuit new-yorkaise : une grande foule, un Américain sur le court, une ambiance prête à s’enflammer pour le “local hero”. Une bonne partie du public voulait voir Paul prolonger l’histoire, au moins lui arracher un set, peut-être plus.
Alcaraz n’a pas demandé la permission. Avec ses amorties, ses montées au filet, ses accélérations soudaines, il a capté la lumière. Même quand les tribunes espéraient un retour de Paul, c’est le n°2 mondial qui a offert les coups les plus audacieux. Son bilan face aux joueurs américains en Grand Chelem frôle désormais l’absurde : 13 victoires, aucune défaite, à une marche de ce nouveau palier.
Il s’est tout de même offert une petite frayeur en fin de match. Une légère baisse de régime, un instant de flottement au moment de conclure, comme si le cerveau avait brièvement levé le pied en voyant la ligne d’arrivée. Mais la secousse n’a pas duré. Il s’est ressaisi, a resserré le jeu et délivré le coup de grâce, sans prolonger le suspense.
Shelton ou Tsitsipas en ligne de mire
Cette victoire lui offre un quart de finale face à un profil très différent : l’Américain Ben Shelton, au service dévastateur, ou le Grec Stefanos Tsitsipas, plus classique mais tout aussi dangereux quand il impose son rythme. Quoi qu’il arrive, l’affiche aura de l’allure.
Pendant que le haut de tableau s’organise autour d’Alcaraz, l’autre moitié du tirage cherche son patron. Frances Tiafoe défiait Daniil Medvedev pour tenter de s’offrir un quart 100 % américain face à Alex Michelsen. Ce dernier, 22 ans, vient de dominer l’Argentin Tomas Martin Etcheverry, tête de série n°27, en trois manches serrées : 7-6 (8/6), 6-4, 6-4.
Le tournoi entre dans ses journées de vérité. Alcaraz, lui, y arrive déjà lancé, le poignet libéré, les coups retrouvés, et ce sentiment tenace que New York reste, pour l’instant, son terrain de jeu préféré. La question n’est plus de savoir s’il est remis. Elle est simple, brutale, et plane sur la quinzaine : qui va réussir à l’arrêter ici ?




