Carlos Alcaraz accélère vers les huitièmes du US Open
Carlos Alcaraz accélère. Et tout à coup, le tableau du US Open s’ouvre devant lui.
Sous les lumières de Flushing Meadows, l’Espagnol a balayé Wu Yibing en trois sets secs, 6-3, 6-4, 6-1, pour filer en huitièmes de finale. Un score net, une impression de maîtrise totale, mais surtout une confirmation : son retour après une longue absence pour blessure au poignet prend une tournure dangereusement rassurante pour le reste du circuit.
Un retour qui se transforme en montée en puissance
Son premier match en simple depuis 139 jours, au premier tour, ressemblait encore à une reprise prudente. Les automatismes à retrouver, les repères à réinstaller, le corps à tester. Il avait gagné en trois sets, sans briller, mais sans trembler.
Au deuxième tour, Jaime Faria lui avait rappelé ce qu’est un Grand Chelem : un set perdu, un combat à livrer, l’obligation de hausser le ton. Alcaraz avait répondu comme un champion, renversant le Portugais pour s’imposer en quatre manches.
Face à Wu, on a vu autre chose. Un cran au-dessus. Le bras plus relâché, les frappes plus lourdes, les déplacements plus tranchants. Deux heures et vingt minutes d’un tennis de plus en plus fluide, avec un troisième set à sens unique qui a tourné à la démonstration.
Lui-même ne s’y attendait pas à ce niveau-là si vite. Il l’a reconnu : il se sent mieux qu’il ne l’avait imaginé, physiquement comme dans le rythme de la compétition. Le travail loin des courts commence à se voir sur le terrain.
Le tableau s’éclaircit pour l’Espagnol
Et pendant qu’Alcaraz monte en régime, le décor autour de lui se transforme.
La hiérarchie du tournoi a déjà explosé en partie. Jannik Sinner, numéro un mondial et grand absent sur blessure, a laissé un vide en haut de l’affiche. Novak Djokovic, lui, a quitté New York dès le premier tour, surpris par Mariano Navone. Felix Auger-Aliassime, tête de série numéro 3, a pris la porte au deuxième tour, battu par Karen Khachanov.
Résultat : le chemin vers un huitième titre majeur semble moins encombré que prévu. Sur la partie de tableau d’Alcaraz, un seul joueur du top 10 peut se dresser sur sa route avant les demi-finales : Ben Shelton, tête de série numéro 8. L’Espagnol l’a déjà battu trois fois sur trois. Plus loin, en demi-finale potentielle, se profilerait Daniil Medvedev, septième tête de série, qu’il mène 6-3 dans leurs confrontations, même si le Russe l’a fait tomber à Indian Wells en mars.
Rien n’est offert, mais les obstacles ont changé de visage. Et Alcaraz, deuxième tête de série, sait qu’il ne peut croiser Alexander Zverev qu’en finale. Le vainqueur de Roland-Garros et finaliste à Wimbledon, placé en haut du tableau, a déjà dû batailler jusqu’à cinq sets, tard dans la nuit, deux fois de suite, avec des fins de match à 2 heures du matin. Une usure qui pourrait compter si l’Allemand parvient jusque-là.
De son côté, Zverev pourrait croiser Taylor Fritz, porté par le public américain, ou l’Italien Flavio Cobolli, finaliste à Roland-Garros, avant même de penser à un choc pour le titre.
Tommy Paul, un test… mais un test connu
Avant de rêver de trophée, Alcaraz a un rendez-vous très concret : Tommy Paul en huitièmes de finale. L’Américain, tête de série numéro 20, joue chez lui, connaît le ciment de New York par cœur, et ne lâche jamais un point. Sur le papier, le danger est réel.
Mais l’historique entre les deux hommes pèse lourd : six confrontations, six victoires pour Alcaraz. Une série qui installe un rapport de force clair, même si chaque match raconte sa propre histoire.
L’Espagnol le sait : ce tournoi ressemble de plus en plus à une opportunité. Son corps répond, son jeu se met en place, les favoris tombent autour de lui. Il a retrouvé le rythme, l’envie, la confiance.
La question n’est plus de savoir s’il est remis de sa blessure. Elle est de savoir qui, dans ce tableau déjà bousculé, sera capable de l’arrêter à New York.




