Cathy Engelbert quitte la WNBA après une ère de transformation
Cathy Engelbert, la patronne qui a changé le visage de la WNBA, va tirer sa révérence à la fin de l’année civile. Une page majeure de l’histoire de la ligue se tourne.
Nombrée en 2019, elle était la première à porter officiellement le titre de « commissioner » de la WNBA. Sept ans plus tard, elle quitte une ligue méconnaissable par rapport à celle qu’elle avait prise en main, tant sur le terrain économique que médiatique.
L’annonce est venue de la bouche du commissioner de la NBA, Adam Silver, symbole de la place prise par la WNBA dans l’écosystème du basket nord-américain. Il a salué une dirigeante qui, selon le communiqué de la ligue, a accompagné « la période de croissance la plus significative de l’histoire » du championnat féminin.
Engelbert, 61 ans, parle d’une décision mûrie, au terme de plus de quarante ans de carrière dans le monde des affaires. « Après plus de sept ans à la WNBA et plus de 40 ans au total dans le business, j’ai pris la décision de prendre ma retraite en tant que WNBA Commissioner », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Elle rappelle son arrivée en 2019, à la tête « d’une ligue au potentiel énorme mais à la notoriété encore limitée et largement sous-évaluée ».
Sous sa direction, la WNBA a changé d’échelle. Le championnat est passé de 12 à 18 franchises, une expansion massive dans un paysage sportif saturé. Elle a piloté les négociations des droits médias et de la convention collective, leviers essentiels de la professionnalisation du basket féminin. Les chiffres mis en avant par la ligue sont éloquents : hausse des audiences, records d’engagement digital, affluence en progression, abonnements League Pass en hausse, ventes de produits dérivés en forte croissance, partenariats commerciaux et valorisation des franchises à des niveaux inédits.
Tout n’a pourtant pas été lisse. Sa gestion de l’exposition médiatique des stars a suscité des critiques, notamment autour de la place accordée à Caitlin Clark, phénomène médiatique et sportif de la saison. Dans le même temps, la ligue a traversé une année sous haute tension, marquée par des polémiques récurrentes, comme les déclarations de Sophie Cunningham (Indiana Fever) sur la question des athlètes trans dans le sport féminin et le traitement réservé à Clark. Le climat autour de la WNBA n’a jamais autant fait parler.
Engelbert a aussi profondément retouché le calendrier. En 2021, elle lance la Commissioner's Cup, tournoi en cours de saison qui vient densifier l’offre sportive et donner un nouveau rendez-vous au public. Elle pousse ensuite à une augmentation du nombre de rencontres : saison régulière portée à 44 matchs en 2025, puis objectif record de 50 matchs en 2027. Un signal clair envoyé aux joueuses, aux diffuseurs et aux partenaires : la WNBA ne se contente plus d’exister, elle veut peser.
Au moment de partir, Engelbert insiste sur ce qu’elle laisse derrière elle. « Je pars en sachant que nous avons construit quelque chose de plus grand, de plus solide et de plus durable que ce que nous pouvions imaginer », affirme-t-elle. Elle remercie propriétaires, staffs, joueuses, investisseurs, fans et équipes des bureaux de la ligue, qu’elle décrit comme un « powerhouse » au service de l’ambition commune. Elle dit s’en aller « avec une immense gratitude et un optimisme immense pour l’avenir de la WNBA », convaincue que « le meilleur reste à venir ».
Reste une question brûlante : qui prendra la suite pour transformer cette base solide en véritable puissance mondiale du sport féminin ? Pour l’instant, aucun nom n’a filtré. La prochaine nomination dira si la WNBA veut prolonger la trajectoire tracée par Cathy Engelbert… ou changer de vitesse.




