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Clark et Bueckers, la nouvelle force de Team USA

La FIBA Women's World Cup revient tous les quatre ans, et le scénario se répète presque toujours : les États-Unis écrasent la concurrence. Onze titres, une seule absence du podium le siècle dernier, un bronze en 2006 comme unique accroc, et une série en cours de quatre sacres mondiaux consécutifs. Ils visent désormais la passe de cinq, sans complexe, sans partage.

Le tournoi a à peine commencé que les poids lourds ont déjà marqué leur territoire. L’Espagne, la France, les États-Unis : trois favoris, trois démonstrations, trois victoires de plus de 30 points pour ouvrir le bal. Mais la soirée qui a vraiment fait vibrer la compétition, c’est ce 94-61 infligé à la Chine, avec une Team USA en mode rouleau compresseur… et une ligne arrière qui commence à ressembler à un cauchemar pour le reste du monde.

Clark dynamite le match, Bueckers suit le tempo

Sortie du banc, Caitlin Clark n’a pas mis longtemps à retourner l’atmosphère. Rythme, vision, justesse : elle a pris le contrôle du match sans jamais lever le pied. Vingt-cinq minutes passées sur le parquet, plus que n’importe quelle Américaine, 11 passes décisives – un record pour une joueuse des États-Unis sur un Mondial depuis 28 ans – et 14 points, meilleure marque du match, à égalité avec sa partenaire de l’arrière, Paige Bueckers.

Le chiffre brut dit déjà beaucoup. Le ressenti, lui, dit encore plus. À chaque montée de balle, la défense chinoise se resserrait, se tordait, se déformait autour d’elle. Sa réputation de shooteuse lointaine et son contrôle du ballon forcent les défenses à plier le genou, à envoyer des prises à deux, parfois à trois. Et dès que la pression se referme, les angles de passe s’ouvrent, les coupes deviennent meurtrières, les tirs ouverts pleuvent.

Le tableau de marque ne fait que confirmer ce que les yeux voyaient : Clark a cartographié le parquet, distribué les responsabilités, et offert une vitrine mondiale à ce qui fait déjà d’elle la meilleure passeuse actuelle du paysage WNBA.

À ses côtés, Paige Bueckers n’a pas simplement profité de la lumière. Elle l’a amplifiée. Même total de points que Clark, une activité constante, un sens du timing qui colle parfaitement au jeu de sa partenaire. Les deux gardes se cherchent, se trouvent, et donnent l’impression de jouer ensemble depuis des années.

Interrogée après la rencontre sur cette alchimie naissante, la joueuse des Dallas Wings n’a pas tourné autour du sujet : elle sait exactement ce que lui apporte Clark. Elle a souligné la manière dont sa coéquipière attire la défense, aspire les aides, libère des espaces, et surtout lit le jeu avec une précision qui rend tout le monde meilleur autour d’elle. Ses mots ne faisaient que mettre en phrase ce que la feuille de stats racontait déjà.

Une image virale, un message pour le reste du monde

La soirée n’a pas livré que des chiffres. Elle a aussi offert une image devenue instantanément virale : Paige Bueckers, plantée à côté de Zhang Ziyu, la géante chinoise de 2,21 m, le regard levé, mi-amusé, mi-sidéré. Un contraste saisissant, presque irréel, qui a fait le tour des réseaux sociaux en quelques minutes.

Cette séquence résume aussi le rapport de force du moment : même face à une tour de contrôle comme Zhang, les États-Unis imposent leur loi par la vitesse, la lecture du jeu et la précision extérieure. La taille impressionne, mais ce sont les lignes arrières américaines qui dictent la partition.

L’Italie en embuscade, Czechia pour boucler le groupe

Pour Team USA, ce n’était qu’une première étape. Le chemin se prolonge dès dimanche avec un duel face à l’Italie, qui arrive lancée après sa victoire inaugurale contre Czechia. Une équipe joueuse, libérée, qui n’aura rien à perdre face à l’ogre américain.

Lundi, les États-Unis retrouveront Czechia pour clore ce Groupe D qu’ils ont déjà commencé à verrouiller. Deux rendez-vous pour affiner les automatismes, pour pousser encore plus loin la connexion Clark–Bueckers, et pour envoyer un signal sans ambiguïté à la planète basket : la dynastie américaine ne se contente pas de durer, elle se réinvente.

La question n’est plus de savoir si Team USA est favorite pour un cinquième titre consécutif. Elle est de savoir qui, dans ce tournoi, osera vraiment défier cette nouvelle garde qui vient de prendre le pouvoir sur la scène mondiale.