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Coco Gauff sauve deux balles de match et atteint les demi-finales

Coco Gauff s’arrache, sauve deux balles de match et rejoint Elena Rybakina en demi-finales à New York.

On l’a crue perdue. On l’a vue dépassée. En 26 minutes seulement, Coco Gauff avait encaissé un premier set 6-2 face à une Mirra Andreeva déchaînée, agressive, sans complexe. Le Arthur Ashe ressemblait alors davantage à une salle d’interrogatoire qu’à une arène de championne pour la tête de série numéro 4.

Puis le match a basculé. Lentement d’abord. Brutalement ensuite.

De la gifle initiale à la survie en mode tie-break

Andreeva a marché sur Gauff dans cette première manche : rythme infernal, retours tranchants, aucun respect du palmarès d’en face. L’Américaine, elle, subissait, débordée dans l’échange, incapable de tenir son service.

Le deuxième set n’a pas vraiment commencé mieux. Gauff a bien pris le break, deux fois même, mais a été reprise à chaque fois dans une manche brouillonne, pleine de fautes, de regards vers son clan, de soupirs vers le ciel new-yorkais.

La tension a explosé dans un tie-break étouffant, 16 points, deux balles de match à sauver. À ce moment-là, tout peut s’effondrer. Gauff a vacillé, jamais cédé. Elle a serré le jeu, accepté l’échange, pris la balle un peu plus tôt. 9-7 au jeu décisif. Le stade a rugi, Andreeva a baissé légèrement les yeux.

La rencontre venait de changer de nature.

Une bataille mentale gagnée dans le vacarme new-yorkais

Portée par un public entièrement acquis à sa cause, Gauff a transformé un match de survie en démonstration de caractère. Dans le troisième set, l’Américaine a enfin imposé son tempo, plus solide au service, plus agressive en retour, plus claire dans ses intentions.

Andreeva, elle, a commencé à payer la débauche d’énergie. Les jambes un peu plus lourdes, les choix un peu plus précipités. Gauff, désormais en contrôle, a déroulé un dernier acte à sens unique ou presque pour conclure 2-6, 7-6 (9-7), 6-2.

Elle a expliqué avoir puisé dans l’exemple d’un compatriote, Frances Tiafoe, auteur la veille d’un come-back renversant face à Alex Michelsen. Une image, un modèle de résistance qui lui est revenu en tête au pire moment.

« À la fin du premier set, je pensais à Frances et à la façon dont il est revenu hier », a-t-elle confié sur le court. « On veut tous bien faire devant ce public. Honnêtement, j’essayais juste de quitter le court sans aucun regret. »

Mission accomplie. Et bien plus que ça.

Gauff enchaîne, Rybakina répond : tableau royal en demies

Cette victoire propulse Gauff en demi-finales du US Open pour la deuxième année de suite, son deuxième dernier carré consécutif en Grand Chelem et le premier à New York depuis son sacre de 2023. La trajectoire reste rectiligne : elle assume son statut de double championne majeure et de patronne du court Arthur Ashe.

En face, l’attend désormais la future numéro un mondiale, Elena Rybakina. La Kazakhe a connu elle aussi une soirée piégeuse, bousculée par Zheng Qinwen qui lui a infligé son premier set perdu du tournoi. Menée, breakée dans le troisième set, Rybakina a réagi avec froideur pour s’imposer 3-6, 6-1, 6-4.

Le tableau a fière allure. Pour la première fois depuis Wimbledon 2009, les quatre premières têtes de série atteignent les demi-finales d’un Grand Chelem en simple dames, après les qualifications déjà actées de Aryna Sabalenka et Jessica Pegula. Les hiérarchies sont respectées, mais les matches, eux, ne ressemblent en rien à une formalité.

Gauff contre Rybakina, ce sera un choc de styles, de tempéraments, de statuts. L’une portée par l’énergie brute d’un public qui l’a adoptée comme héritière. L’autre adoubée par le classement, future reine des chiffres et de la régularité.

La question n’est plus de savoir si Coco Gauff peut survivre à la tempête. Elle vient de le prouver encore. La vraie interrogation est ailleurs : jusqu’où cette résilience peut-elle la mener dans cette quinzaine new-yorkaise qui refuse obstinément de la laisser tranquille ?