Conflit au sein de l'ÖFB : Peter Schöttel sur le départ
Le rideau est sur le point de tomber sur l’ère Peter Schöttel à la tête du secteur sportif de l’ÖFB. Selon Kurier et Krone, son départ définitif doit être tranché vendredi lors d’une réunion de l’organe de surveillance de la fédération. En toile de fond, un conflit devenu impossible à masquer avec le sélectionneur Ralf Rangnick.
Une relation fracturée au sommet
À Vienne, plus personne ne fait semblant : entre le directeur sportif et l’entraîneur allemand, le lien est rompu. Pas une simple divergence de vue, mais un fossé. La fédération a déjà mis Schöttel à l’écart du quotidien sportif, signe clair que le tandem qui structurait le projet de l’équipe nationale ne fonctionne plus.
Marc Janko, ancien international et désormais consultant pour Sky, a confirmé le malaise. Sans détour. « Si vous demandez en coulisses, ce n’est pas vraiment une surprise », a-t-il glissé. Une phrase courte, mais lourde : dans les couloirs de l’ÖFB, tout le monde savait que quelque chose s’était cassé.
Depuis un certain temps déjà, explique l’ancien attaquant, « avec Schöttel et Ralf Rangnick, ça ne fonctionnait pas vraiment ». Le constat est brutal. Rangnick, dans les dossiers qui comptent pour lui, ne passait plus par le directeur sportif. Il s’appuyait sur d’autres relais, d’autres interlocuteurs. Schöttel, officiellement en poste, voyait son influence se déliter.
La fin d’une ère réussie
Si la séparation se confirme vendredi, elle mettra fin à une période objectivement fructueuse pour le football autrichien. Arrivé à la fédération en 2017, Schöttel a d’abord pris les commandes des U19 avant d’être promu directeur sportif général à peine deux mois plus tard. Une ascension express, suivie d’une série de résultats solides.
Sous sa responsabilité, l’Autriche s’est qualifiée pour deux Championnats d’Europe consécutifs. En 2021 comme en 2024, la sélection de l’ÖFB a atteint les huitièmes de finale. Une continuité de performance rare à ce niveau, pour un pays longtemps habitué aux campagnes avortées.
Le sommet de son mandat est venu l’été dernier : une qualification pour la Coupe du monde, la première depuis 28 ans. Un événement en soi pour le football autrichien. Le rêve s’est arrêté en seizièmes de finale, face à l’Espagne, future championne du monde. Sortir contre le futur vainqueur n’adoucit pas la défaite, mais situe le niveau de l’adversaire et, par ricochet, celui de l’Autriche.
Ce bilan sportif rend la situation encore plus tranchante : ce n’est pas l’échec qui pousse vers la sortie, mais un conflit de pouvoir et de méthode avec le sélectionneur.
Sebastian Prödl, favori en interne
Reste une question brûlante : qui pour reprendre le flambeau ? Officiellement, aucune décision n’a encore été annoncée. Officieusement, Krone avance déjà un nom qui circule avec insistance dans les bureaux de l’ÖFB : Sebastian Prödl.
Ancien défenseur passé par la Bundesliga avec Werder Bremen, Prödl dirige depuis 2024 le département jeunesse de la fédération. En interne, son travail fait l’unanimité. On apprécie sa connaissance du système, sa proximité avec les jeunes générations, sa capacité à naviguer dans la maison ÖFB sans faire de vagues.
Mais son atout majeur se situe ailleurs : sa relation avec Ralf Rangnick. Là où le lien avec Schöttel s’est irrémédiablement détérioré, Prödl bénéficie, selon les médias autrichiens, d’un rapport « exceptionnellement bon » avec le sélectionneur. Dans un système où l’entraîneur national pèse lourd sur l’orientation sportive, cet alignement compte autant que les compétences techniques.
Si la fédération confirme ce choix, le message sera clair : l’ÖFB mise sur la continuité avec Rangnick et réorganise la structure autour de lui. Schöttel laisserait derrière lui un palmarès solide, mais aussi un vide institutionnel que son successeur devra combler très vite, sous le regard exigeant d’un sélectionneur désormais au centre du jeu.
La réunion de vendredi ne décidera donc pas seulement du sort d’un homme. Elle dira jusqu’où l’Autriche est prête à aller pour prolonger son cycle de réussite tout en donnant les clés du projet à Ralf Rangnick.




