Craig Bellamy reste sélectionneur du pays de Galles malgré Burnley
Craig Bellamy a tranché. Et il l’a fait à sa manière, sans détour, sans chercher d’excuse ni bouc émissaire : il reste à la tête du pays de Galles, malgré l’appel séduisant de Burnley.
Burnley a tenté, Bellamy a refusé
Au début de l’été, Burnley a déclenché une clause de compensation pour s’attacher les services du sélectionneur gallois et en faire le successeur de Scott Parker, après la relégation du club de Turf Moor en Championship. La Fédération galloise a donné son feu vert pour que Bellamy discute avec le club. Les portes étaient ouvertes, les discussions sérieuses.
Le technicien de 47 ans ne s’en cache pas : l’approche était « flatteuse ». Une proposition concrète, la possibilité de revenir au quotidien brûlant du football de club, deux ans seulement après avoir signé un contrat de quatre ans avec le pays de Galles. De quoi faire vaciller plus d’un sélectionneur.
Mais Bellamy a coupé court.
« J’avais une décision à prendre et je l’ai prise », a-t-il expliqué. Pas de feuilleton, pas de bras de fer. « Ça ne s’est pas mal terminé. J’ai dit non, ce n’est pas pour moi. C’est tout. Il n’y a pas eu de rupture des discussions. Ce n’était pas pour moi. »
Le message est clair : il n’a pas été repoussé par Burnley, c’est lui qui a fermé la porte.
Le choix du pays de Galles, avant tout
Bellamy insiste : il est « à l’aise » avec sa décision. Il ne s’agit pas seulement de football, mais de vie de famille, d’équilibre personnel. « J’ai pris la décision de rester parce que c’est le bon endroit pour moi », affirme-t-il.
Il rappelle qu’il était déjà en poste, déjà engagé dans un projet. Et ce projet, c’est le pays de Galles. « On a eu une conversation mais j’étais déjà dans un rôle et c’est ce que je voulais », précise-t-il. Le sélectionneur évoque même, avec un brin d’autodérision, ce que représente une telle approche : « C’était flatteur – on aime tous que notre ego soit sollicité, se sentir désiré – mais pour moi, ma compagne, mes enfants, c’est ici notre place et on ne voyait rien d’autre capable de changer ça. »
Le décor est planté : Bellamy n’a pas simplement choisi une équipe, il a choisi un cadre de vie et une mission.
Un passé à Turf Moor, un respect assumé
S’il a accepté de parler avec Burnley, ce n’est pas un hasard. Bellamy connaît la maison. Il y a vécu une période marquante comme adjoint de Vincent Kompany, avant de prendre les rênes de la sélection galloise en 2024.
Ce passé explique qu’il ait pris le temps d’écouter. Par respect pour le club, pour les gens qui y travaillent, pour ce qu’il y a vécu. Mais le respect n’a pas suffi à le faire bouger. Il a entendu, réfléchi… puis dit non.
Cette parenthèse a pourtant laissé des traces. L’incertitude a fait grincer des dents. D’anciens joueurs ont estimé qu’il devrait désormais reconquérir une partie du public. Certains supporters se sont dits déçus de voir ces discussions intervenir quelques semaines seulement après qu’il avait assuré qu’il « ne partait nulle part ».
Bellamy ne se dérobe pas à cette perception, mais il refuse d’en faire une obsession. « Je sais comment ça peut être vu, mais je n’ai qu’une seule personne à qui j’ai quelque chose à prouver, et c’est moi », lâche-t-il.
Entre élan et frustration
Sportivement, le bilan de Bellamy avec le pays de Galles reste contrasté, mais loin d’être négatif. Arrivé en 2024 pour succéder à Rob Page, il a immédiatement redonné du souffle à la sélection, avec une promotion impressionnante en Ligue A de la Nations League, sans la moindre défaite.
Puis la réalité cruelle des barrages est venue frapper. En mars, le rêve de Coupe du monde 2026 s’est brisé aux tirs au but face à la Bosnie-Herzégovine. Une élimination qui a ouvert la porte aux critiques, malgré la dynamique globale plutôt positive.
Bellamy ne cherche pas d’excuse. Il sait que, dans son métier, tout finit toujours par se résumer aux résultats. Il parle d’un environnement « volatile », où personne ne peut promettre de rester jusqu’au bout d’un contrat. Lui non plus.
Euro 2028 en ligne de mire, sans promesse
C’est dans ce contexte qu’il a dévoilé sa liste de 28 joueurs pour affronter le Portugal, le Danemark et la Norvège en Nations League A. Première apparition médiatique depuis la tempête estivale autour de son avenir. Première occasion, aussi, de clarifier ses intentions.
Interrogé sur son objectif initial – mener le pays de Galles à un Championnat d’Europe à domicile en 2028, avec des matches prévus à Cardiff –, Bellamy n’hésite pas : « Oh, j’adorerais. » Le ton est enthousiaste, l’envie intacte. Mais il ne joue pas les prophètes. « C’est dans deux ans. Rien n’est garanti. Je ne suis pas différent, je ne suis pas plus spécial que quiconque dans ce métier. »
Il n’offre donc aucune promesse, seulement une direction. Rester fidèle à la réalité de son métier, tout en assumant son ambition.
Quant à ceux qu’il devrait « rallier » à sa cause, il ne s’en cache pas : « Maintenant, gagner les gens ? Je ne sais pas, c’est la vérité. » Une phrase simple, désarmante, qui en dit long. Il ne cherche pas à séduire par le discours. Il mise sur le terrain, sur les résultats, sur le temps.
Bellamy a refusé Burnley. Il a choisi le pays de Galles, encore une fois. La prochaine réponse, désormais, viendra des tribunes… et surtout du tableau d’affichage.




