logo

Les Denver Nuggets : Défis et enjeux pour la saison 2026-27

Les Denver Nuggets entrent dans le dur. Dans un mois jour pour jour, ils lanceront leur saison 2026-27 sur le parquet de l’Oklahoma City Thunder, avec un duel déjà très attendu entre Nikola Jokic et Shai Gilgeous-Alexander. Le camp d’entraînement débute dans une semaine, la présaison dans deux. Les contours de la nouvelle version de Denver vont enfin se dévoiler. En attendant, trois questions brûlent déjà les lèvres dans le Colorado.

DeMar DeRozan, sixième homme de luxe ou casse-tête silencieux ?

Perdre Tim Hardaway Jr. et Peyton Watson a laissé un trou béant dans la rotation. La réponse de la franchise a été nette : faire venir DeMar DeRozan, six fois All-Star, 37 ans, futur Hall of Famer en puissance. Sur le papier, c’est un coup parfait pour redonner du poids à une seconde unité qui manquait cruellement de création et de sang-froid.

Mais tout change pour lui à Denver.

DeRozan n’a plus quitté le cinq majeur depuis sa saison rookie, en 2009-10. Depuis, partout où il est passé, il a été une option offensive majeure, souvent le premier ou le deuxième créateur de l’équipe. Cette fois, le rôle s’annonce différent : porter la seconde unit, accepter de sortir du banc, s’adapter à un collectif déjà structuré autour de Jokic et Jamal Murray.

Les Nuggets ont besoin qu’il dise oui à ce nouveau costume. Sans lui, la rotation de banc frôlait le vide. Il leur faut un vétéran capable de tenir le ballon, d’organiser le jeu, de calmer les possessions qui dérapent et de prendre feu quand l’attaque se grippe. C’est exactement ce que DeRozan sait faire, et il le fait au même niveau depuis seize ans.

La question n’est pas de savoir s’il peut produire. Il l’a prouvé saison après saison. La vraie intrigue, celle qui peut changer le visage de Denver, tient dans un détail de feuille de match : accepter son nom sur la ligne des remplaçants. Comment un joueur habitué à être au centre du projet va-t-il digérer ce virage de carrière ? C’est là que se jouera une bonne partie du plafond réel des Nuggets.

Lonnie Walker IV, dernière place ou dernière chance ?

À l’autre bout de la rotation, un autre pari. Plus fragile, plus incertain, mais loin d’être anodin.

Lonnie Walker IV revient à la charge. Deuxième tentative de retour durable en NBA après un passage en EuroLeague, où il a évolué avec le Maccabi Tel Aviv lors de la saison 2025-26. Denver lui a offert un contrat d’un an non garanti. Traduction : il a jusqu’à la soirée d’ouverture pour convaincre, sinon la porte se referme.

À 27 ans, le talent n’est pas en question. Walker a déjà montré qu’il avait le niveau de la ligue. Sa dernière pige avec les Philadelphia 76ers, sur la fin de la saison 2024-25, en témoigne : 12,4 points, 3,2 rebonds, 2,5 passes de moyenne sur 20 matchs. Un arrière capable de scorer, de poser le dribble, de créer un minimum pour les autres. Un profil qui manque souvent dans les profondeurs de banc.

Le dilemme est ailleurs : Denver veut-il vraiment utiliser son dernier spot sur lui ? Des bruits laissent entendre que la franchise aimerait garder cette place libre, pour garder de la flexibilité. Mais la réalité du terrain plaide pour un peu plus de densité sur les lignes arrière.

Sur le papier, Walker a tout pour se montrer plus utile que Tyus Jones et Julian Strawther, le duo pressenti pour mener le backcourt de remplacement. Il apporte du scoring instantané, de la percussion, un côté imprévisible qui peut changer le rythme d’un match. Reste à savoir si les Nuggets privilégieront cette arme offensive supplémentaire ou la marge de manœuvre pour plus tard dans la saison.

Pour lui, le compte à rebours a commencé. Pour Denver, c’est une décision de bout de banc qui peut peser lourd en avril.

David Adelman, déjà l’heure de vérité

Au-dessus de tout ça plane un autre enjeu, plus massif, plus brutal : la pression sur David Adelman.

Le coach des Nuggets aborde sa deuxième saison complète à la tête de l’équipe. Il avait pris les commandes trois matchs avant le début des playoffs 2025. Depuis, les campagnes de printemps se suivent et se ressemblent, et ce n’est pas un compliment. Élimination en deuxième tour en 2025. Sortie de route encore plus violente cette année, dès le premier tour, avec une impression d’échec collectif.

Le constat est clair : Adelman doit trouver la formule, maintenant.

La saison passée, Denver a terminé avec la meilleure attaque de la ligue. Un feu d’artifice offensif, porté par Jokic et Murray, fidèle à l’ADN de la franchise. Mais derrière, la défense s’est effondrée au 21e rang. Trop bas pour viser sérieusement le titre. Pour franchir un cap, il lui faut un équilibre. Pas une révolution, mais un ajustement profond, dans les principes comme dans les responsabilités.

L’arrivée de Dave Joerger comme nouvel assistant principal va dans ce sens. Coach reconnu pour son sens tactique, notamment de l’autre côté du terrain, il doit aider à retendre les lignes, à imposer une identité défensive plus dure, plus constante. Mais la responsabilité finale reste celle d’Adelman.

Les stars sont là. Nikola Jokic continue d’empiler les saisons monstrueuses. Jamal Murray reste un meneur de playoffs, capable de renverser une série. Le talent ne manque pas. Ce qui manque, pour l’instant, c’est la preuve qu’Adelman peut mener ce groupe jusqu’au bout.

Jusqu’ici, il n’a pas montré qu’il pouvait guider Denver vers le titre. Cette saison ressemble déjà à une dernière audition. Entre l’intégration de DeRozan, le choix à faire sur Lonnie Walker IV, la défense à reconstruire et une Conférence Ouest toujours plus dense, la marge d’erreur est infime.

Les Nuggets ont un mois pour se mettre en ordre de marche. Combien de temps reste-t-il à David Adelman pour prouver qu’il est l’homme de la situation ?