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East Zone domine South Zone dans un match décisif

À Chennai, la patience de Kumar Kushagra a fini par céder sur une faute qu’il regrettera longtemps. Après avoir tenu son camp avec une application exemplaire, le droitier s’est laissé tenter par une offrande bien pensée de Chama Milind : une balle pleine, large, qui l’invite au drive. Il se jette dessus, pousse loin des siens… et ne trouve que l’extérieur de la batte. Derrière, Narayan Jagadeesan ne laisse rien tomber.

Kushagra s’en va pour 46 runs en 75 balles, une manche précieuse qui s’arrête net, au moment même où East Zone semblait prête à enfoncer un peu plus le clou. Sa liaison solide avec Md Kounain Quraishi se brise, et avec elle une partie du rythme serein de la matinée. Le sixième wicket tombe, Anukul Roy fait son entrée, et le tableau d’affichage raconte l’ampleur du gouffre : East Zone 238/6 en 59,3 overs, après un premier total monstrueux de 708. Face aux 336 de South Zone, l’avance grimpe déjà à 610 runs. C’est plus qu’un coussin, c’est un matelas de sécurité.

Une cinquième journée à sens unique… ou presque

Le décor du jour 5 était planté dès le début : aucune déclaration nocturne, aucun pari risqué. East Zone est revenue au crease avec une idée simple, presque cruelle dans sa clarté : continuer à frapper, user l’adversaire, repousser toujours plus loin la ligne d’horizon de ce chase impossible. 212/5 au départ de la journée, une avance de 584 runs, et la certitude de pouvoir dicter le tempo.

En face, South Zone n’a plus de marge. Tout se joue sur des détails, sur des demi-chances, sur la capacité à transformer une bonne balle en wicket plutôt qu’en simple. Chama Milind prend le nouveau ballon, Mohammed Siraj l’accompagne. Le plan est limpide : frapper vite, frapper fort, espérer une série de wickets qui rouvre un match que le premier innings d’East Zone a pratiquement verrouillé.

Kushagra et Quraishi, eux, avaient repris dans la continuité de la fin du jour 4. Sans panache excessif, mais avec une solidité qui use autant les nerfs que les corps. Kushagra monte tranquillement à 39, Quraishi atteint 30, la partnership fait grimper l’écart sans gestes spectaculaires, juste par une accumulation méthodique. South Zone parvient à garder un certain contrôle, limite les débordements, mais ne parvient pas à briser l’association.

Siraj, comme souvent, se crée les meilleures ouvertures. Une balle qui frôle l’arête de Quraishi, une yorker qui gratte un inside edge pour un simple. Des signes, des frissons, mais pas de véritable percée. Jusqu’à cette fameuse livraison de Milind, large, invitante, qui piège finalement Kushagra et offre à South Zone un rare moment de satisfaction dans une rencontre dominée par l’adversaire.

East Zone en position de force totale

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. East Zone : 708 dans le premier innings, puis 238/6 au moment du wicket de Kushagra. South Zone : 336, et maintenant condamnée à regarder l’écart se creuser, over après over. L’avance de 610 runs place East Zone dans un luxe rare : celui de choisir son moment, son rythme, sa manière de finir le travail.

South Zone, elle, vit avec une équation brutale. D’abord, faire tomber les quatre wickets restants le plus vite possible. Ensuite, affronter une montagne de runs à poursuivre, sur un terrain qui n’ira pas en s’améliorant. Chaque over passé à courir derrière la balle, chaque partenariat prolongé, rend la mission un peu plus irréaliste.

East Zone n’a plus qu’à gérer, contrôler, étirer le temps et le score. Les batteurs peuvent se permettre la patience, les risques calculés, la projection déjà tournée vers la dernière phase : rendre la balle à une attaque qui a dominé le premier innings et qui sait que le poids du tableau d’affichage fera le reste.

La question n’est plus vraiment de savoir si South Zone peut gagner. Elle est de mesurer combien de temps elle pourra résister face à une avance aussi écrasante, et si l’on assistera à une simple formalité… ou à un baroud d’honneur capable, au moins, de sauver la face.