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Elche défie Madrid avec courage et possession

Elche arrive à ce rendez-vous avec un paradoxe cruel : l’équipe progresse dans le jeu, mais le classement raconte une autre histoire. Le nul arraché 1-1 sur la pelouse d’Athletic Club samedi a offert un peu d’oxygène à un groupe en difficulté, sans pour autant effacer la réalité brutale d’un début de saison sans la moindre victoire, toutes compétitions confondues, et une moyenne de 2,6 buts encaissés par match.

Face au colosse de la capitale, le passif est lourd. Très lourd. Elche n’a remporté aucun de ses 16 derniers duels de Liga contre Madrid. Une série qui pèse sur les épaules, surtout quand la dynamique actuelle ne laisse aucun répit.

Anselmi choisit le courage plutôt que le calcul

Dans ce contexte, beaucoup se replieraient, baisseraient le bloc, accepteraient de subir. Pas Sebastián Anselmi. L’Argentin assume une idée claire, presque têtue : son équipe doit défendre… en ayant le ballon.

En conférence de presse d’avant-match, il a rappelé le fil rouge de son projet, en s’appuyant sur le match à San Mamés. Pour lui, ce voyage au Pays basque n’a pas seulement offert un point, il a cimenté un état d’esprit : un groupe soudé, convaincu que « c’est le chemin à suivre ». Sa formule est nette : la meilleure façon de défendre, c’est de confisquer la balle à l’adversaire, de reproduire la même agressivité défensive vue contre Athletic Club, mais en la liant à une possession assumée.

Anselmi sait pourtant exactement ce qui l’attend. Madrid punit la moindre erreur. Il l’a répété à son vestiaire : l’adversaire rend simples des séquences qui ne le sont pas, accélère quand il le faut, pousse chaque équipe dans ses retranchements. La marge de manœuvre est inexistante. Pas de cadeau, pas de temps morts, pas de baisse de concentration possible sur les 90 minutes.

Madrid entre gestion et pression au sommet

En face, Madrid arrive lancé. Un large succès 4-1 contre Rayo Vallecano, un déplacement éprouvant en Champions League sur la pelouse d’Inter, et un calendrier qui ne pardonne pas. La machine tourne, mais José Mourinho doit gérer les corps autant que les points.

L’entraîneur portugais dispose d’une marge suffisante pour faire tourner, et il pourrait le faire. L’idée est simple : garder son équipe fraîche sans perdre le moindre point, maintenir la pression en haut du classement, et aborder dans les meilleures conditions le derby de la capitale qui se profile ce week-end. Ce genre de match à Elche, sur le papier déséquilibré, est précisément celui qu’un candidat au titre ne doit jamais laisser lui échapper.

Pour Elche, la donne est à l’opposé. Pas de profondeur d’effectif, pas de luxe de rotation. L’absence de Yago Santiago, toujours blessé, enlève une option offensive et réduit encore les possibilités d’ajustement. Dans ce tableau, la rencontre de mardi ressemble presque à une mission parfaite à accomplir : zéro erreur, une concentration de tous les instants, et une exécution sans bavure du plan d’Anselmi.

La série de trois défaites consécutives lors des matches de championnat disputés un mardi rappelle à quel point ce type de rendez-vous pèse sur le club. Cette fois, il ne s’agit plus seulement de rompre une mauvaise habitude. Il s’agit de savoir si Elche peut, avec ses convictions et son ballon, enrayer la logique implacable d’un géant lancé à pleine vitesse.