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Elena Rybakina et ses deux accrocs en Grand Chelem

Elena Rybakina vient de boucler une saison de Grands Chelems presque irréelle. Trois titres majeurs en 2026, un bilan de 17 victoires pour seulement deux défaites, et une impression de puissance tranquille qui écrase la concurrence. Presque.

Car au milieu de cette domination, deux noms ressortent, comme des taches sur un palmarès étincelant : Yuliia Starodubtseva et Elise Mertens.

New York consacre une patronne

À l’US Open, Rybakina a confirmé ce que tout le monde pressentait déjà : sur dur, elle est l’une des patronnes du circuit. Elle y a décroché le troisième Grand Chelem de sa carrière, en dominant Aryna Sabalenka en finale, ajoutant le trophée de Flushing Meadows à celui de l’Open d’Australie conquis en début d’année, sans oublier Wimbledon 2022 qui avait lancé son histoire au sommet.

À New York, elle a surtout fermé une boucle. En troisième tour, elle retrouvait Yuliia Starodubtseva, la joueuse qui l’avait sortie de Roland-Garros au printemps. Cette fois, pas question de laisser passer l’occasion. Rybakina s’impose 7-6(6), 6-3, match solide, maîtrisé, qui la propulse vers un titre majeur de plus. La vengeance est propre, nette, assumée.

Starodubtseva, elle, n’en sort pas perdante. Cette nouvelle percée en Grand Chelem – un deuxième troisième tour en carrière – lui ouvre pour la première fois les portes du top 50. Elle grimpe à la 43e place mondiale, son meilleur classement.

Paris, la faille inattendue

Pour comprendre l’ampleur de la saison de Rybakina, il faut revenir à ce qui ressemble à un accident industriel : Roland-Garros.

La Kazakhe n’arrive pourtant pas à Paris sans repères sur terre battue. Elle a soulevé un cinquième trophée sur ocre à Stuttgart, atteint les quarts de finale à Rome, et laissé entrevoir une vraie solidité sur sa surface la plus délicate. Son entrée en lice le confirme : 6-2, 6-2 contre Veronika Erjavec, sans trembler.

Puis, le trou d’air. Au deuxième tour, Yuliia Starodubtseva, alors 55e mondiale, sans référence au-delà du deuxième tour en Grand Chelem, lui barre la route. Score final : 3-6, 6-1, 7-6(4). Rybakina mène, puis subit le retour, puis cède au bout du suspense dans le tie-break décisif.

C’est sa défaite la plus précoce en majeur depuis l’US Open 2024, où elle avait dû abandonner sur blessure au dos. Cette fois, pas d’excuse physique officielle, juste une journée où la machine s’enraye, face à une joueuse qui, quelques semaines plus tôt, sortait d’une série de six défaites de rang et avait glissé hors du top 70.

La saison de Rybakina ne s’effondre pas pour autant. Elle encaisse, repart, et finit par transformer cette alerte parisienne en simple parenthèse.

Wimbledon, autre coup de froid

L’autre défaite qui marque son année, elle la subit sur un terrain où elle se sent habituellement chez elle. Rybakina est une ancienne championne à Wimbledon, souvent citée parmi les grandes favorites sur gazon. Son jeu tendu, sa première balle lourde, son calme sous pression collent parfaitement à l’herbe du All England Club.

En 2026, pourtant, son parcours s’arrête au troisième tour. Face à Elise Mertens, 25e tête de série, qu’elle a battue sept fois sur leurs huit confrontations précédentes, le scénario se grippe. La Belge s’impose 7-6(4), 6-1, dans ce qui reste l’un des résultats les plus surprenants du tournoi.

Le premier set, accroché, bascule au tie-break. Le second tourne presque à la démonstration de Mertens, qui étouffe le jeu de Rybakina et l’empêche d’imposer son rythme. Une défaite sèche, inattendue, qui rappelle qu’aucune favorite n’est intouchable, même sur son terrain de prédilection.

Une saison de géante, malgré tout

Deux défaites, donc. L’une sur terre battue, face à une joueuse encore en construction, Yuliia Starodubtseva. L’autre sur gazon, face à Elise Mertens, outsider mais loin d’être une inconnue. Entre ces deux accrocs, Rybakina empile les victoires, les titres et les certitudes.

Son année 2026 en Grand Chelem restera comme la plus aboutie de sa carrière : 17-2 sur les quatre tournois majeurs, trois trophées, une présence constante dans les grandes affiches. Les rares fois où elle a flanché racontent autant son humanité que sa domination.

La question n’est plus de savoir si Elena Rybakina peut gagner d’autres Grands Chelems. La vraie interrogation, désormais, est simple : qui pourra vraiment l’empêcher de transformer cette saison exceptionnelle en ère durable de pouvoir sur le circuit ?