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Elena Rybakina défie Aryna Sabalenka en finale de l'US Open

Arthur Ashe Stadium a grondé, hurlé, espéré. Mais à la fin, on n’entendait plus que la frappe sèche d’Elena Rybakina. La Kazakhe a renversé Coco Gauff, l’icône locale, et tout un public acquis à la cause de l’Américaine, pour s’offrir une finale de l’US Open de rêve face à Aryna Sabalenka, en quête d’un troisième titre de rang à Flushing Meadows.

Rybakina renverse la favorite du public

Score brutal, scénario tendu : 3-6, 6-4, 6-4. Rybakina a plié, souvent, mais n’a jamais cédé.

Bousculée d’entrée, submergée par l’intensité de Gauff et par le vacarme new-yorkais, elle concède le premier set. L’Américaine, portée par une Arthur Ashe en fusion – où l’on apercevait même Michelle Obama en tribunes – absorbe la puissance adverse, fait jouer un coup de plus, pousse Rybakina à la faute. Elle breake dans le sixième jeu, verrouille la manche, et tout le stade se met à croire à une nouvelle nuit magique.

Face à elle, la championne de Wimbledon 2022 reste pourtant accrochée à ses routines mentales. Elle l’avoue au micro, encore haletante : elle a dû respirer, se parler, se forcer à rester positive, à « se battre » et à « montrer du bon tennis ». Sur le court, cela se traduit par un ajustement net : moins de précipitation, plus de profondeur, une première balle qui retrouve sa cible.

La pression change de camp. Gauff, quatrième tête de série, commence à lâcher quelques fautes grossières dans le deuxième set. Rybakina s’y engouffre. Elle capitalise sur ces approximations, prend le contrôle des échanges, impose son poids de balle et égalise à un set partout. Le murmure dans le stade se transforme en inquiétude.

Un troisième set sous haute tension

La décision se fait au courage. Et au bras.

Rybakina, titrée à l’Open d’Australie, hausse encore le ton dans la manche décisive. Ses frappes claquent, son service pique. Elle arrache le break pour mener 5-3, se retrouve à un jeu de la finale. On croit Gauff au bord de la rupture, mais l’Américaine refuse de lâcher. Elle débreake aussitôt, arrache un dernier sursaut, fait rugir une dernière fois les tribunes.

Le souffle de la remontée s’arrête là. Incapable de tenir sa mise en jeu au moment crucial, Gauff se fait de nouveau breaker. Rybakina conclut sans trembler, dans un silence presque incrédule. La chouchoute du public s’arrête en demi-finales, et la Kazakhe s’offre une nouvelle chance de soulever un trophée du Grand Chelem, le troisième de sa carrière si elle va au bout.

Pour Gauff, la déception est immense. Elle le dit sans détour : peu lui importent les « grandes choses » accomplies cet été, l’instant présent ne laisse place qu’à la frustration. Un été brillant, mais une nuit qui fait mal.

Sabalenka, la machine à trois titres

Avant ce choc, une autre favorite avait déjà posé sa marque sur la soirée. Aryna Sabalenka, tête de série numéro un, a frappé fort. Très fort. Elle a écarté Jessica Pegula 7-5, 6-2, et se retrouve à une victoire d’un triplé rarissime à l’US Open.

Le plan était simple : puissance, encore et toujours. Sabalenka a matraqué la balle, alignant 29 coups gagnants et 7 aces. Pegula, troisième tête de série et finaliste en 2024, avait pourtant démarré avec une justesse remarquable. Elle sauve une balle de break d’entrée grâce à un superbe coup droit gagnant, tient son service, varie les zones, impose un rythme propre.

Face à elle, la Biélorusse bouillonne. Elle se débat avec ses nerfs, laisse éclater sa frustration, allant jusqu’à fracasser sa raquette sur le court après une double faute dans le neuvième jeu. Mais cette colère ne la noie pas, elle la canalise.

Pegula tient encore sa mise en jeu dans le dixième jeu, mais la défenseure du titre finit par appuyer là où ça fait mal. Sur balle de set, Sabalenka prend la ligne de fond en otage, déborde son adversaire et arrache la première manche. Le match bascule.

Pegula submergée, Sabalenka implacable

La suite tourne au bras de fer déséquilibré. Sabalenka retrouve son meilleur niveau, celui qui écrase les résistances. Elle s’appuie sur son coup droit, son arme fatale, pour breaker et mener 3-1 dans le deuxième set, toujours depuis la ligne de fond. Pegula, elle, perd la précision qui faisait sa force en début de rencontre. Les fautes s’accumulent, les ouvertures se referment.

La Biélorusse en profite sans pitié. Elle s’empare une nouvelle fois du service de l’Américaine sur balle de match, concluant l’affaire avec un coup injouable, profond dans le camp de Pegula. Arthur Ashe, pourtant largement acquis à la joueuse locale, lui accorde un respect manifeste. Elle le sent, elle le dit : elle se sent « confiante », « forte mentalement et physiquement ».

Pegula, 32 ans, cherche toujours son premier titre du Grand Chelem. Face à cette version-là de Sabalenka, elle reconnaît l’ampleur de la tâche. Elle parle d’un niveau « insensé », d’une adversaire presque intouchable. Ce soir, il n’y avait pas de plan miracle.

Une finale sous haute tension

Le décor est planté : Aryna Sabalenka contre Elena Rybakina, deux frappeuses, deux championnes majeures, une défenseure du titre en quête d’un triplé historique face à une joueuse qui vise un troisième sacre du Grand Chelem.

Sabalenka arrive lancée, sûre de sa force, respectée même par un public qui ne lui était pas destiné. Rybakina débarque en ayant fait taire Coco Gauff et tout un stade. Deux tempéraments de feu, deux bras de fer annoncés sur chaque mise en jeu.

À Flushing Meadows, la question n’est plus de savoir si le spectacle sera au rendez-vous. Elle est simple, brutale, et tient en une seule interrogation : qui osera lâcher le bras la dernière, quand tout se jouera sur un fil ?