Elena Rybakina devient numéro un mondiale après sa victoire à l'US Open
Elena Rybakina s’est offert bien plus qu’une place en demi-finales de l’US Open. En renversant Zheng Qinwen ce mercredi sur l’Arthur Ashe, la Kazakhe a verrouillé, pour la première fois de sa carrière, la place de numéro un mondiale. Une bascule majeure, arrachée au terme d’un combat de 2h14, conclu 3-6, 6-1, 6-4.
De l’ombre à la lumière
Pendant un set, Rybakina a semblé jouer à contre-temps. Mal entrée dans son match, trop négative de son propre aveu, elle a laissé Zheng dicter l’échange, imposer sa puissance et sa précision. La Chinoise, championne olympique en titre, a pris la première initiative, décroché le premier break dans le huitième jeu et s’est envolée 5-3.
Le neuvième jeu a ressemblé à un bras de fer mental. Quatorze minutes, cinq balles de débreak sauvées par Zheng, un ace, un revers gagnant le long de la ligne, un service gagnant… et, en face, des retours de Rybakina qui fuient les limites du court. Sur sa quatrième balle de set, Zheng a vu un nouveau retour de coup droit s’échapper. Premier acte pour la Chinoise, 6-3. La Kazakhe, elle, restait fidèle à une statistique inquiétante : jusqu’ici, elle n’avait jamais gagné un match à l’US Open après avoir perdu la première manche (0 sur 6).
Le déclic
La réaction a été brutale. Rybakina a ouvert le deuxième set par deux aces consécutifs, comme pour poser d’emblée un nouveau décor. Son service, jusque-là irrégulier, s’est transformé en arme lourde. Elle a immédiatement pris le service de Zheng sur un coup droit gagnant pour mener 2-0, puis a sauvé une balle de break à 3-1, encore sur un coup droit plein centre, frappé sans retenue.
Le match a basculé à cet instant. Les échanges longs, qui lui avaient échappé dans le premier set, ont commencé à tourner en sa faveur. Plus agressive, plus avancée dans le court, Rybakina a multiplié les prises de balle tôt, étouffant peu à peu Zheng. Un nouveau break, encore scellé par un coup droit gagnant, lui a offert le 5-1. Un jeu de service plus tard, la Kazakhe bouclait un deuxième set expéditif, 6-1. Tout était à refaire.
Un troisième set sous tension
La manche décisive a pris la forme d’un duel de nerfs. Plus aucune des deux ne voulait céder la moindre ouverture. Dans le cinquième jeu, Zheng a écarté une balle de break, s’accrochant à chaque point, soutenue par les souvenirs de ses sept victoires new-yorkaises, depuis les qualifications jusqu’à ce quart de finale.
Rybakina, elle, a vacillé dans le huitième jeu. Zheng s’est procuré une balle de break, une de ces micro-fenêtres qui changent une soirée. La Kazakhe l’a effacée avec autorité, avant de conserver son service pour revenir à 4-4. La pression montait, coup après coup.
Elle a fini par étouffer la Chinoise. À 4-4, Zheng a craqué au pire moment, concédant le break sur une double faute. Un cadeau terrible à ce stade d’un quart de finale de Grand Chelem. Rybakina n’a pas tremblé derrière. Un dernier jeu solide, un service tenu sans frayeur, et la victoire en poche.
Une numéro un historique
Avec ce succès, Rybakina devient la première joueuse kazakhe de l’histoire à s’installer au sommet du classement mondial. Elle sera la 30e numéro un de l’ère WTA, succédant à Aryna Sabalenka, qu’elle déloge mathématiquement avant même les demi-finales.
Ce quart de finale new-yorkais s’inscrit dans la continuité d’une trajectoire déjà impressionnante : un titre à Wimbledon en 2022, un autre à l’Open d’Australie en début d’année, et désormais une troisième demi-finale en Grand Chelem cette saison. À Flushing Meadows, elle brise aussi sa mauvaise série personnelle : elle n’avait jamais réussi à remporter un match après avoir perdu le premier set.
Rybakina, qui ne montre plus la moindre trace de la blessure au pied ayant perturbé sa préparation, mène désormais 5-1 dans ses confrontations avec Zheng, avec trois victoires supplémentaires ajoutées cette année. Le face-à-face tourne nettement à son avantage.
Zheng, le long chemin du retour
Pour Zheng Qinwen, cette défaite a un goût amer, mais elle ne gomme pas le chemin parcouru. De retour après environ huit mois d’absence et une opération au coude, elle était arrivée à New York avec un classement modeste, 121e mondiale. Elle en repartira dans le top 60, portée par un parcours démarré dès les qualifications et prolongé par sept victoires consécutives.
Elle a manqué une occasion de rallier pour la première fois les demi-finales de l’US Open, elle qui avait déjà joué une finale majeure à l’Open d’Australie 2024. Dans le troisième set, elle s’est procuré des opportunités, qu’elle n’a pas su convertir. Elle l’a reconnu : quelques points ont tout changé.
Reste une certitude : son retour au premier plan est lancé. Sa quinzaine new-yorkaise, riche en matches et en repères, lui offre une base solide pour la suite de la saison.
Une course au sommet tranchée
Avant ce quart de finale, quatre joueuses pouvaient encore espérer quitter New York sur le trône mondial : Rybakina, Sabalenka, Coco Gauff et Jessica Pegula. La victoire de la Kazakhe a fermé la porte à toutes les autres. Sabalenka, Gauff et Pegula ont vu leurs chances s’éteindre sans même poser un pied sur le court ce mercredi.
Rybakina affrontera en demi-finales la gagnante du duel entre Coco Gauff et Mirra Andreeva, la jeune championne de Roland-Garros. Dans l’autre demi-finale, Sabalenka croisera Pegula, dans un choc 100 % américain sur le papier des classements.
Rybakina, elle, avance avec un statut inédit : celui de future numéro un mondiale. Elle assure que ce n’est « qu’un chiffre » et qu’elle se concentre sur son jeu. Mais à l’heure d’entrer sur le court pour viser une troisième couronne majeure, ce chiffre-là pèse déjà comme un avertissement pour tout le tableau : la patronne, désormais, c’est elle.




