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Elena Rybakina remporte son premier US Open

Elena Rybakina n’a pas seulement gagné un titre. Elle a pris un trône. Sur le court Arthur-Ashe, la Kazakhe a renversé Aryna Sabalenka 6-4, 5-7, 6-2 pour décrocher son premier US Open et s’installer, avec autorité, tout en haut du classement mondial.

Elle savait déjà qu’elle deviendrait n°1 mondiale lundi, quoi qu’il arrive. Mais elle a refusé de se contenter d’une promotion administrative. Face à la double tenante du titre, elle a saisi l’occasion de matérialiser ce changement de règne en lui prenant ce trophée que la Biélorusse gardait depuis deux ans à Flushing Meadows.

Une finale de patronnes

La scène était à la hauteur de l’enjeu : une finale entre les têtes de série n°1 et n°2, seulement la troisième de ce type depuis 2000 à New York. Les deux précédentes avaient sacré Serena Williams. Cette fois, c’est la n°2 qui a frappé, une première dans l’histoire récente du tournoi.

Rybakina, 27 ans, avait déjà pris la mesure de Sabalenka en janvier, en finale de l’Open d’Australie, sur un autre dur, à Melbourne Park. Samedi, elle a remis ça, au terme d’un bras de fer où la puissance brute de Sabalenka a fini par céder devant la précision, la lucidité et la constance de la nouvelle reine du circuit.

Le premier set a donné le ton : Rybakina a imposé son rythme, tenu l’échange, serré le jeu dans les moments chauds. 6-4, sans fioritures. Sabalenka, elle, s’accrochait à sa série d’invincibilité new-yorkaise – 19 victoires de rang avant cette finale – et à l’idée de rejoindre Serena Williams dans le cercle fermé des joueuses sacrées trois fois de suite à l’US Open (2012-2014).

Sabalenka cède, Rybakina s’élève

La Biélorusse a réagi comme on l’attendait d’une championne en titre. Menée, bousculée, elle a haussé le ton au deuxième set, planté ses appuis sur la ligne de fond, retrouvé sa lourdeur de frappe. Elle arrache la manche 7-5, relance tout, fait gronder le stade. On croit alors au basculement.

Mais le match, lui, penche déjà ailleurs.

Dès l’entame du troisième set, Rybakina se crée une balle de break. Elle la laisse filer sur un revers trop large. Elle laisse éclater sa frustration, geste sec, regard noir. On se dit que le moment lui échappe. En réalité, c’est l’inverse : ce point manqué agit comme un déclic.

Jeu après jeu, la Kazakhe resserre le jeu, varie mieux, prend la balle plus tôt. Sabalenka, elle, commence à forcer, à chercher des zones toujours plus extrêmes. Les fautes s’accumulent, la confiance s’effrite. La pression finit par faire craquer la double championne en titre.

Le score du dernier set – 6-2 – raconte cette bascule. Rybakina ne tremble pas, ne regarde plus derrière. Elle termine en patronne, en numéro 1 en devenir, en championne déjà accomplie.

Une passation de pouvoir nette

Le symbole est fort. Sabalenka n’avait plus perdu à New York depuis sa défaite en finale contre Coco Gauff en 2023. Elle visait une troisième couronne consécutive à Flushing Meadows. Rybakina lui barre la route, comme elle l’avait déjà fait à Melbourne cette année.

Leur rivalité, désormais, prend une autre dimension. Sabalenka mène toujours 10-8 dans leurs confrontations directes et avait remporté leurs deux précédents duels cette saison sur dur, à Indian Wells et Miami. Mais ce soir-là, c’est Rybakina qui a frappé le plus fort, sur la scène qui compte.

Sabalenka, très attachée à ce tournoi, l’a reconnu avec une pointe d’amertume : elle se sent « comme à la maison » à l’US Open et a déjà le regard tourné vers l’édition suivante, avec le sentiment d’avoir laissé passer une chance de marquer encore un peu plus l’histoire du tournoi.

Rybakina, déjà tournée vers Paris

Née à Moscou mais représentant le Kazakhstan, Rybakina avait ouvert son palmarès en Grand Chelem à Wimbledon en 2022. Elle a ajouté l’Open d’Australie à sa collection au début de l’année. New York est désormais dans sa vitrine.

Il ne lui manque plus qu’une pièce pour compléter le puzzle : Roland-Garros. Un sacre à Paris lui offrirait le Grand Chelem en carrière, ce cercle ultra-fermé que si peu de joueuses ont réussi à intégrer.

Samedi, au moment de soulever son premier trophée à Flushing Meadows, elle avouait encore chercher ses mots, rappelant qu’elle était arrivée à New York diminuée par une blessure, sans imaginer un tel alignement des planètes. Le court Arthur-Ashe, lui, n’a pas eu besoin de discours pour comprendre : une nouvelle patronne vient de s’installer au sommet du tennis féminin.

Dimanche, l’US Open basculera sur la finale messieurs entre Ben Shelton et Alexander Zverev. Mais le tournoi a déjà trouvé son image forte : celle d’Elena Rybakina, nouvelle n°1 mondiale, quittant la nuit new-yorkaise avec un trophée sous le bras et une question en suspens.

Qui pourra l’empêcher de boucler le Grand Chelem en carrière ?

Elena Rybakina remporte son premier US Open