Elena Rybakina vise le sommet après sa victoire sur Naomi Osaka
Au bout de 66 minutes seulement, Elena Rybakina a quitté le court avec deux certitudes : une victoire sèche sur Naomi Osaka, 6-1, 6-4, et un souffle brûlant dans la nuque d’Aryna Sabalenka au classement mondial. Le trône n’est plus très loin. Et elle n’essaie même pas de le cacher.
Rybakina, victoire expresse et ambition assumée
Face à Osaka, l’actuelle numéro 2 mondiale n’a presque jamais tremblé. Un premier set expédié 6-1, une mise en route clinique, portée par un service qui a étouffé la Japonaise et coupé court à tout suspense. Osaka n’a jamais trouvé la clé pour réellement l’inquiéter.
Rybakina sait exactement ce qui se joue ces jours-ci. Interrogée sur son envie de devenir numéro 1 mondiale après ce succès, elle a répondu sans détour : oui, elle vise le sommet, et ce n’est pas une ambition qu’elle compte minimiser. Elle a rappelé que ce statut fait partie de ses objectifs majeurs et que, si elle démarre les matches comme celui contre Osaka, elle se donne « toutes les chances » d’y parvenir.
Cette franchise tranche avec la prudence habituelle des joueuses qui préfèrent éluder toute projection. Elle, au contraire, assume la pression, presque comme un carburant. Une victoire de plus, et elle dépasserait Sabalenka pour s’installer au sommet du classement.
Son niveau actuel impressionne jusque dans les tribunes des anciennes gloires. L’Australienne Jelena Dokic voit déjà en elle la grande favorite pour soulever le trophée à New York, tant son service dicte le jeu et verrouille les moments chauds.
La suite s’annonce corsée : Rybakina retrouvera Qinwen Zheng en quart de finale. Un duel chargé de symboles, tant la Chinoise vient de frapper un énorme coup dans le tournoi.
Zheng renverse Świątek et change le décor
La sensation du jour porte en effet le nom de Qinwen Zheng. Six fois titrée en Grand Chelem, Iga Świątek a quitté le tournoi sur une défaite nette, 7-5, 6-3, mais l’histoire du match se joue surtout dans ce premier set renversant.
Świątek menait 5-0. Le match semblait plié. Le public se préparait à une formalité. Puis la rencontre a basculé. Point après point, jeu après jeu, Zheng a grignoté l’écart, retrouvé son rythme sur le court central, jusqu’à retourner complètement la situation pour s’adjuger la manche 7-5. Une remontée qui n’a rien d’un accident : elle l’a dit elle-même, revenir de 0-5 ne relève pas de la chance.
Portée par ce renversement, Zheng a dominé le deuxième set, 6-3, avec la même intensité qu’à Paris ou à l’Olympique de 2024, où elle avait déjà fait tomber Świątek pour décrocher l’or. Elle a rappelé qu’elle n’avait plus battu de joueuse du top 10 depuis un moment, mais ce succès relance son élan et son appétit. Elle se dit « gonflée à bloc » pour la suite.
Ce quart de finale Zheng–Rybakina s’annonce comme un choc de styles et de dynamiques : d’un côté, la puissance tranquille de la Kazakhe en quête de la place de numéro 1 mondiale ; de l’autre, l’énergie débordante d’une joueuse de 23 ans qui vient de sortir la référence du circuit.
Osaka sortie, New York agité
Pour Naomi Osaka, l’aventure 2026 à l’US Open s’arrête là. Sa défaite contre Rybakina met fin à son parcours, sans véritable frisson sur le plan sportif. Elle a bien tenté de s’accrocher, de prolonger le combat, mais n’a jamais pu imposer son rythme ni perturber durablement la deuxième mondiale, dont le service a fait la loi du début à la fin.
En dehors des lignes, la Japonaise s’est retrouvée au cœur d’un autre débat : celui de l’ambiance parfois chaotique dans les tribunes de Flushing Meadows, perturbées par une nouvelle génération de spectateurs plus occupés à produire du contenu qu’à suivre le jeu. Les flashs, les déplacements pendant les points, les comportements irrespectueux ont fini par agacer joueuses et arbitres, au point que des messages de rappel à l’ordre défilent désormais sur les écrans géants du site.
Coco Gauff et Osaka ont toutes deux appelé au respect de l’étiquette du tennis, sans rejeter ce nouveau public, mais en posant une condition claire : venir, oui, mais en respectant les règles du jeu.
Le Français Adrian Mannarino, lui, n’a pas mâché ses mots. Entre les allées bruyantes, le public qui bouge pendant les échanges et même l’odeur de marijuana dans l’air, il a résumé l’atmosphère en parlant d’un tournoi transformé « en zoo ». À ses yeux, le tournoi tolère trop de choses, au risque de s’éloigner de l’esprit du tennis.
Wimbledon trace sa ligne
Ce qui se passe à New York sert déjà de contre-modèle à Londres. Wimbledon a fait savoir qu’il n’ouvrira pas ses portes à une armée d’influenceurs l’an prochain. Le message est clair : pas de ring lights, pas d’accréditations spécifiques pour des créateurs de contenu susceptibles de perturber les matches.
Le tournoi londonien entend protéger son cadre, son silence, son rituel. Là où l’US Open expérimente, parfois à la limite du supportable pour les joueurs, Wimbledon verrouille. Deux visions du spectacle, deux façons de penser le tennis moderne.
Pendant que les tribunes se transforment en champ de bataille culturel, la hiérarchie sportive, elle, pourrait vivre un séisme. Si Elena Rybakina maintient ce niveau et franchit l’obstacle Qinwen Zheng, la prochaine fois qu’elle entrera sur un court de Grand Chelem, ce pourrait bien être en tant que numéro 1 mondiale.




