Enzo Maresca sur le derby de Manchester : Il faut s’adapter
À la veille de son tout premier derby de Manchester sur le banc de Manchester City, Enzo Maresca a choisi son camp : celui de la lucidité. Pas question pour l’Italien de transformer l’écart de récupération entre les deux clubs en sujet de plainte. Pour lui, le calendrier est une donnée, pas une excuse.
City a voyagé tôt dans la semaine. Victoire 2-0 à Porto en Ligue des champions mardi soir. Manchester United, lui, a joué plus tard, jeudi, en écrasant Sabah 4-0. Deux jours de décalage, un avantage théorique pour City avant le choc de Premier League dimanche. Théorique seulement, insiste Maresca.
Le précédent Arsenal en exemple
L’entraîneur italien s’est empressé de rappeler que la situation s’était déjà retournée contre City la saison passée. Avant un déplacement à Arsenal, les champions en titre avaient dû gérer une configuration bien moins favorable : les Gunners avaient joué dès le mardi à l’Athletic Club, quand City affrontait Napoli le jeudi soir, à 20h, heure locale.
À l’époque, Pep Guardiola avait désamorcé le sujet par l’humour, expliquant qu’il emmenait ses joueurs « faire de la randonnée en montagne » pour préparer le match à l’Emirates Stadium. Le message, déjà, était clair : le calendrier ne sert à rien si l’on cherche un prétexte.
Maresca s’inscrit dans cette ligne. Interrogé sur la programmation, il a rappelé ce précédent en soulignant que le club l’avait prévenu : « C’est arrivé exactement la même chose l’an dernier quand le club a joué Napoli et ensuite, après deux jours, Arsenal. »
Pour lui, le football moderne impose ce genre de séquences. « Parfois, ça arrive dans le football. Je n’ai aucun doute que Man United sera prêt. Ce qui compte, c’est de s’adapter. »
Une saison écrasée par les matches
Le contexte ne va pas s’alléger. L’extension de la Ligue des champions impose désormais deux rencontres supplémentaires dans la phase de groupe avant la fin janvier. Les clubs anglais, eux, doivent aussi jongler avec la Carabao Cup, qui s’invite dans un calendrier déjà saturé.
Manchester City recevra Norwich au troisième tour jeudi prochain. Manchester United jouera Brighton à Old Trafford la veille. Un enchaînement qui ne surprend plus Maresca : « Je pense que ça arrive et que vous devez vous adapter. C’est arrivé l’an dernier avec nous, cette saison avec eux, la saison prochaine ce sera une autre équipe. »
Pas de compassion publique pour Michael Carrick. À la question de savoir comment le coach de United pouvait vivre cette situation, Maresca a coupé court : « C’est une question pour Michael. La seule chose que je peux dire, c’est que c’est arrivé et qu’il faut s’adapter. » Une réponse sèche, mais cohérente avec son discours : moins de bruit, plus de gestion.
Un derby pour tester la dynamique
Derrière ce débat sur le calendrier se cache un autre enjeu : la dynamique des deux clubs. Maresca débute fort. Trois victoires en trois matches de championnat avec City, une entrée en matière nette, presque clinique. En face, United avance au ralenti, seulement quatre points pris sur neuf possibles.
Le derby arrive donc comme un révélateur. Pour City, l’occasion de confirmer une montée en puissance déjà visible. Pour United, la chance de renverser très vite un début de saison tiède.
Maresca, lui, refuse de se laisser emporter par le contexte, tout en reconnaissant la charge émotionnelle du rendez-vous : « C’est très important pour différentes raisons. Nous savons à quel point un derby est important, surtout ici. C’est un match spécial. »
Son credo reste le même, quelle que soit l’affiche : « La chose la plus importante que nous puissions faire, c’est essayer d’être nous-mêmes, et ensuite nous verrons le résultat final. »
Un discours simple, presque brutal dans sa constance. Le calendrier change, les adversaires aussi. Pour Maresca, le principe, lui, ne bouge pas : s’adapter, encore, toujours. Et dans un derby de Manchester, ce sont souvent ceux qui s’adaptent le plus vite à la fièvre du moment qui écrivent l’histoire.




