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Ernest Udeh Jr. : un intérieur prometteur pour les Cavaliers

Cleveland s’est déjà laissé séduire par ce profil-là. Après Jaylon Tyson, un autre joueur au parcours universitaire cabossé frappe à la porte de la rotation : Ernest Udeh Jr. Trois facs en quatre ans, une dernière saison à Miami (FL) en 2025-26, un petit run en NCAA Tournament, de la production honnête… et le voilà arrivé chez les Cavaliers sur un two-way contract après être passé à travers la Draft.

À Las Vegas, il n’a pas seulement justifié cette confiance. Il a donné l’impression que Cleveland tenait peut-être un vrai intérieur NBA, brut, mais terriblement utile.

Un pivot à l’ancienne, sans fioritures

Ernest Udeh Jr., c’est un retour en arrière assumé. Un pivot à l’ancienne. Il ne va pas plomber la feuille de stats au scoring, ni réclamer des isolations. Son territoire, c’est le cercle. On lui met le ballon au bon endroit, il termine. Violent.

Alley-oop, dunk sur la tête, finition au-dessus des bras tendus : il joue au-dessus du cercle et rappelle à chaque action qu’il peut faire réfléchir les défenseurs avant de contester. Les chiffres bruts ne racontent pas tout, mais ils posent le décor.

En Summer League, il tourne à 4 points par match. À Miami, lors de sa saison senior, il plafonne à 6 points. Rien de clinquant. La différence, c’est ce qu’il fait sans ballon. Sur la ligne de stats, ce sont surtout les 9 rebonds de moyenne en 28 minutes qui accrochent l’œil. Projeté sur un rythme per-36 en NBA, cela donne un intérieur capable de tourner à plus de 10 rebonds par match. Il sait où tombe le ballon, et il s’arrange pour être là avant les autres.

Le vrai signal fort, pourtant, vient d’ailleurs : 2,8 contres par match en Summer League. Là, on ne parle plus de promesse, mais d’impact immédiat. Udeh a verrouillé sa raquette, transformant chaque drive adverse en pari risqué. Sur la saison à Miami, il tournait déjà à 1,4 contre de moyenne sur l’année. La capacité est là, l’instinct aussi.

Dans la hiérarchie actuelle, derrière Thomas Bryant, il n’y a tout simplement personne de vraiment installé. Et c’est précisément là que le profil d’Udeh devient intéressant : un protecteur de cercle naturel, capable de donner un ton défensif différent dès qu’il pose un pied sur le parquet.

Une solution sportive… et comptable

La question, désormais, dépasse la simple curiosité de Summer League : jusqu’où Cleveland est prêt à aller avec lui pendant la saison 2026-27 ?

Le two-way contract lui offre déjà une porte d’entrée concrète. Avec ce statut, il peut être activé jusqu’à 50 matches de saison régulière. Un volume suffisant pour tester sa capacité d’adaptation, l’exposer à des vrais intérieurs NBA, et voir s’il peut tenir son rang physiquement et mentalement. D’autant que le calendrier joue en sa faveur : la saison de G-League démarre plus tard que celle de la NBA. Les Cavaliers peuvent donc débuter l’année avec Ernest Udeh, Tristan Enaruna et Riley Minix disponibles très tôt, sans se précipiter sur un vétéran libre.

Si le staff décide de franchir une étape et de transformer ce two-way en contrat standard, l’opération deviendrait encore plus séduisante sur le plan financier. Le deal coûterait moins cher qu’un minimum vétéran, tout en offrant un potentiel de progression largement supérieur à celui d’un joueur de rotation en fin de carrière. Pour une franchise qui doit jongler avec sa masse salariale tout en conservant de la profondeur, c’est une opportunité rare.

Cleveland a déjà suivi cette voie. Dean Wade, Lamar Stevens, Craig Porter Jr., Nae’Qwan Tomlin : autant de noms qui ont commencé avec un two-way avant de décrocher un vrai contrat au fil de la saison. Le scénario est connu, le timing aussi : un mouvement tardif, pendant le cœur de la campagne, quand les besoins réels de l’effectif apparaissent et que les paris de l’été ont été jugés.

Avec un intérieur de devoir, capable de protéger le cercle, de courir le terrain et de dominer le rebond sans demander de ballons, les Cavaliers savent exactement ce qu’ils achètent. La seule vraie inconnue, désormais, n’est plus son profil.

C’est la vitesse à laquelle ils oseront miser sur lui à plein temps.