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EuroLeague : Virage historique sur les rives du lac de Côme

Sur les rives du lac de Côme, l’EuroLeague face à un virage historique

Les grands patrons de l’EuroLeague ont choisi le décor : la Villa d'Este, à Cernobbio, sur les bords du lac de Côme. Un cadre somptueux pour un rendez-vous qui ne l’est pas moins. Selon La Gazzetta dello Sport, les propriétaires des clubs se retrouveront le 5 octobre pour une réunion exceptionnelle, du genre qui ne se tient que lorsque l’avenir de la compétition bascule d’un côté ou de l’autre.

Car cette fois, la question est lourde. Très lourde.

L’ombre de la NBA et le spectre d’un système de franchises

Au cœur des discussions, un sujet domine : une offre potentielle de la NBA pour racheter l’EuroLeague. Pas un simple partenariat, pas un accord de visibilité. Un rachat.

Les propriétaires doivent aussi se pencher sur deux chantiers intimement liés à cette hypothèse : l’expansion de la ligue et une transition vers un système de franchises. Autrement dit, passer d’un modèle hybride, encore ancré dans les traditions nationales, à une ligue fermée ou semi-fermée, calquée sur les standards nord-américains.

Les réunions d’actionnaires existent déjà, mais ce type de conclave entre propriétaires reste rare. Quand ils se déplacent tous, ce n’est jamais pour ajuster le calendrier ou discuter de détails techniques. C’est qu’une question de pouvoir, de gouvernance et de futur modèle économique s’impose.

L’EuroLeague se retrouve donc devant un choix : rester une ligue européenne aux racines locales fortes, ou s’ouvrir plus franchement à une logique globale, avec la NBA en partenaire… ou en patron.

Milan vise 2030, Valencia en embuscade

Pendant que les dirigeants débattent de l’architecture du basket européen, la bataille pour accueillir les grandes nuits de la compétition continue.

La Gazzetta dello Sport révèle que Milan a officiellement déposé sa candidature pour organiser le Final Four 2030. La ville lombarde compte s’appuyer sur son futur écrin, le Unipol Dome de Santa Giulia, pour convaincre. Un symbole fort : une salle neuve, un marché majeur, une place historique du basket européen qui veut redevenir un centre névralgique de l’EuroLeague.

En face, Valencia ne reste pas immobile. Le club espagnol est lui aussi sur les rangs, mais semble surtout bien placé pour accueillir le Final Four 2028 dans la toute récente Roig Arena. Une salle moderne, pensée pour ce type d’événement, qui s’inscrit dans la stratégie d’implantation de la ligue sur des marchés ambitieux et structurés.

Le calendrier se dessine déjà par touches : 2027 et 2029 sont verrouillées dans le cadre de l’accord avec Abu Dhabi, avec deux Final Fours programmés aux Émirats arabes unis. Le Moyen-Orient comme vitrine, l’Espagne comme bastion, l’Italie comme prétendante de prestige pour 2030 : la carte de l’EuroLeague se redessine sous nos yeux.

Le souvenir de 2014 et le poids de l’histoire

Si Milan insiste autant, ce n’est pas seulement pour des raisons économiques ou d’image. La ville garde une trace particulière dans la mémoire récente de la compétition.

En 2014, le Final Four organisé dans la capitale lombarde avait accouché d’un scénario resté dans les annales : Maccabi Tel Aviv, outsider assumé, renversant le grand favori Real Madrid pour s’offrir le titre. Une victoire surprise, un choc de styles, une ambiance électrique.

Revenir à Milan en 2030, ce serait renouer avec cette dramaturgie-là, avec l’idée que la ville peut être le théâtre des plus grands renversements de la scène européenne.

Une ligue entre tradition et mutation

D’un côté, des candidatures pour accueillir le spectacle, avec des salles flambant neuves et des villes prêtes à se transformer en capitales du basket le temps d’un week-end. De l’autre, une réunion à huis clos dans une villa sur le lac de Côme, où se joue peut-être la nature même de ce spectacle.

Rachat éventuel par la NBA. Expansion. Système de franchises. Final Fours à Abu Dhabi, Valencia, peut-être Milan.

L’EuroLeague avance sur une ligne de crête : conserver son âme européenne tout en embrassant une nouvelle dimension globale. Le 5 octobre, à Cernobbio, ce ne seront pas seulement des chiffres et des contrats qui seront sur la table. C’est une question simple, brutale, qui sous-tendra chaque échange : à qui appartiendra vraiment le futur du basket européen ?