François Kamano Fofana tourne la page de sa carrière internationale
François Kamano Fofana tourne la page. À 31 ans, le milieu ivoirien a choisi Instagram pour dire adieu au maillot des Éléphants, avec des mots lourds de sens, à la hauteur de ce qu’il a vécu en sélection.
« Chers supporters ivoiriens, il est temps pour moi de tourner la page », écrit-il d’abord, comme on ouvre une lettre de départ.
La suite sonne comme un bilan de carrière internationale, condensé en quelques lignes. Fofana parle de « fierté immense » et de « profonde gratitude » d’avoir combattu pour son pays. Le sommet, il l’a atteint en février, à Abidjan : soulever la Coupe d’Afrique des Nations 2024 à domicile, dans un stade en fusion, après un tournoi renversant.
« Gagner le plus grand trophée du continent, c’était un rêve d’enfant devenu réalité », confie-t-il encore.
Il insiste sur ces images gravées « à jamais dans le cœur de millions d’Ivoiriens ». Une phrase simple, mais qui renvoie à l’ampleur de ce sacre, décroché au terme d’une CAN où la Côte d’Ivoire a flirté avec l’élimination avant de tout renverser.
Le joueur n’oublie personne. Ni ses partenaires, ni le staff, ni les supporters, qu’il remercie pour « la force et le soutien ». Il promet de rester « le supporter numéro un des Éléphants » et se projette déjà vers la suite, sans lui, mais pas sans ambition : il dit attendre avec impatience de voir « cette nouvelle génération écrire sa propre histoire ». Pour lui, le vivier est là : « Il ne manque pas de talent dans notre nation. »
Parcours Singulier
Derrière ce message, il y a aussi un parcours singulier. Né à Paris, formé en France, Fofana a d’abord porté le maillot tricolore chez les jeunes, jusqu’aux moins de 18 ans. Son virage vers la Côte d’Ivoire intervient plus tard, lorsque Marc Wilmots lui offre sa première convocation en A. Un choix de cœur, assumé, qui le mènera jusqu’au toit de l’Afrique.
Sa trajectoire en club raconte un footballeur qui a traversé plusieurs mondes. Passé par l’académie de Manchester City, puis par Fulham, Fofana a découvert différents styles, différentes exigences. Il a ensuite croisé la route de Cristiano Ronaldo à Al-Nassr, plongé dans le projet saoudien aux côtés de l’une des plus grandes stars de l’histoire.
Aujourd’hui, il appartient au club français de Rennes, mais évolue en prêt au FC Porto, où il a joué un rôle décisif dans la conquête du titre de champion du Portugal la saison passée. Un environnement de très haut niveau, une pression permanente, mais aussi une vitrine idéale pour un joueur qui a longtemps alterné entre promesses et confirmations.
Son départ de la sélection ne retire rien à ce qu’il y a déjà déposé : un morceau de CAN 2024, un bout de rêve collectif, et l’image d’un cadre discret, plus travailleur que bavard. Il laisse la place, volontairement, à ceux qui arrivent. À cette génération qu’il observe désormais depuis l’extérieur, mais qu’il pousse encore, à sa manière.
La page se tourne. Le livre, lui, continue de s’écrire, pour les Éléphants comme pour Fofana, désormais concentré sur Porto et sur la suite de sa carrière de club. La question, désormais, n’est plus ce qu’il a donné à la sélection, mais ce que cette sélection fera de l’héritage laissé par les champions d’Afrique 2024.




