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Garcia – Benn : Une soirée explosive à Las Vegas

À Las Vegas, le choc Garcia – Benn en ligne de mire, Magsayo allume la soirée

Le T-Mobile Arena vibre déjà alors que le monde attend Ryan Garcia contre Conor Benn pour le titre WBC des welters. Le main event est programmé autour de 23 h (ET), mais la soirée a pris feu bien plus tôt, portée par un undercard dense et parfois chaotique.

Un undercard qui plante le décor

Sur les préliminaires, la mécanique s’est mise en route sans fioritures. Oswaldo Molina ouvre le bal en dominant Pablo Rubio aux points, décision unanime (60-54, 59-55, 59-55). Combat propre, contrôle constant, message clair : la soirée ne laissera pas de place à l’hésitation.

Abel Gonzalez enchaîne avec une victoire, lui aussi par décision unanime, face à Raul Solomon (77-74 sur les trois cartes). Plus accroché, plus rugueux, mais Gonzalez garde la main dans les moments importants.

Vlad Panin, lui, ne laisse pas les juges s’en mêler. Il force l’arrêt de Dakota Linger au 4e round, TKO à 1’22. Un accélérateur soudain, une séquence tranchante, et Linger ne s’en relève pas. Premier vrai coup de tonnerre de la soirée.

Alexis Rocha confirme ensuite son statut de valeur sûre avec un succès net sur Jose Ramirez, décision unanime (98-91, 98-91, 97-92). Maîtrise, volume, rigueur : Rocha contrôle le ring et le tempo, sans jamais vraiment trembler.

Enfin, Sean Garcia – frère de Ryan – arrache une victoire en majorité contre Abraham Morales (56-56, 58-54, 58-54). Combat plus serré, plus nerveux, mais les deux cartes en sa faveur suffisent à installer un premier sourire dans le clan Garcia avant le grand rendez-vous.

Magsayo – Cortes, un combat étrange, une décision sans appel

Sur la carte principale, Mark Magsayo et Andres Cortes offrent l’affrontement le plus déroutant de la soirée. À la lecture des cartes, pourtant, rien de flou : 97-93 pour Magsayo, à l’unanimité. Le Philippin repart avec la victoire, mais le chemin a été sinueux.

Dès le 1er round, Cortes impose la pression. Il avance, cadre, trouve un crochet du gauche, puis un direct du droit. Magsayo répond par éclairs, mais laisse l’initiative. Le 10-9 pour Cortes s’impose.

Au 2e, Magsayo hausse le ton. Ses contres claquent, ses mains partent plus vite, il tourne mieux, pique au corps pendant que Cortes cherche à installer son jab. Le Philippin égalise, 19-19 sur la carte officieuse.

Le 3e round bascule dans l’étrange. Cortes contrôle l’espace, Magsayo envoie un overhand, un coup au corps, puis se retrouve brièvement à genoux après un court coup de Cortes. L’arbitre compte, knockdown annoncé. Au ralenti, l’impact ne semble pourtant pas l’avoir réellement secoué. Cortes prend le round, 29-28 pour lui.

Le 4e round ajoute une couche de confusion. Cortes continue d’avancer, de toucher en courte distance. Magsayo se plaint des accrochages, puis se retrouve encore à genoux après un contact en dedans, à nouveau compté. Plus tard, les commentateurs préciseront que ces knockdowns seront finalement effacés. La soirée prend des airs de casse-tête administratif, pendant que Cortes engrange les rounds sur le plan du volume.

Au 5e, le scénario se stabilise : Magsayo se penche dangereusement vers l’avant, perd l’équilibre en se jetant sur le buste de Cortes, tandis que ce dernier arrose, sans être toujours propre, mais avec une activité supérieure. Le Philippin encaisse, réplique, mais ne trouve pas encore son rythme. Sur la carte officieuse, Cortes s’envole, 49-46.

Le 6e confirme la tendance. Cortes touche avec son crochet de contrôle, son direct du droit en courte distance, son jeu de jambes le sort des répliques. Chaque fois qu’il entre dans la zone de frappe, Magsayo subit les échanges. 59-55 pour Cortes, qui donne l’impression de « cruiser ».

Le 7e tourne à la frustration. Magsayo vise le corps, mais se heurte encore au même problème : il plonge, perd l’équilibre, finit presque en position de squat après certains impacts. Cortes et son coin s’agacent, l’arbitre rappelle Magsayo à l’ordre. Pourtant, le Philippin trouve aussi quelques belles touches, sans que son langage corporel ne suive. Cortes garde la main, 69-64.

C’est au 8e que Magsayo commence enfin à inverser la dynamique. Il trouve des uppercuts, en série, combine mieux, profite des ouvertures créées par ses feintes. Cortes place encore son direct du droit dès que la tête de Magsayo s’abaisse, mais le Philippin signe son meilleur round jusque-là. 78-74 sur la carte officieuse, toujours pour Cortes, mais l’élan change.

Le 9e confirme le réveil. Magsayo bouge davantage, varie, pique au corps, remonte en uppercut. Un crochet du gauche semble secouer Cortes, les réactions du public montent d’un cran. Les uppercuts passent, le Philippin impose enfin son tempo. Il revient à 87-84, sans toutefois effacer tout son retard.

Le 10e et dernier round s’ouvre sur un bras de fer mental. Cortes place un droit, Magsayo avance, déclenche des rafales. Le Mexicain travaille au corps, Magsayo se plaint brièvement d’un coup bas, puis repart. Le jab de Cortes continue de le guider vers l’avant, mais l’échange final manque de l’explosion qu’aurait exigée un renversement total. Sur la carte officieuse, Cortes prend le dernier round, 97-93.

Les juges, eux, voient tout autrement : 97-93, trois fois, pour Mark Magsayo. Décision unanime. Le Philippin repart gagnant, après un combat où son activité tardive, ses ajustements et sa précision ont visiblement plus convaincu les officiels que la pression continue de Cortes et les séquences brouillonnes marquées par ces genoux au sol à répétition.

Une soirée qui monte, en attendant Garcia – Benn

Pendant que la carte principale se poursuit avec Raphael Akpejiori contre Da’Mazion Vanhouter puis Jai Opetaia face à Noel Mikaelian, tout converge vers la même question : que fera Ryan Garcia de cette nuit-là, face à un Conor Benn lancé sur deux victoires de rang et déterminé à briser l’élan du champion WBC ?

Le décor est planté. Les premiers combats ont livré leurs certitudes, leurs polémiques et leurs éclats. Le titre mondial, lui, attend encore son verdict.