Gasly décroche la pole à Monza, Piastri pénalisé
Le temple de la vitesse a encore frappé. Sous le ciel de Monza, Pierre Gasly a signé la première pole position de sa carrière en Formule 1, et Oscar Piastri a vu la sienne lui filer entre les doigts… dans le bureau des commissaires.
L’Australien avait pourtant claqué le troisième meilleur temps des qualifications. Sur la feuille de chrono, il était bien derrière Gasly et George Russell. Sur la grille, il ne sera que sixième, pénalisé de trois places pour avoir gêné Liam Lawson dans le trafic brûlant de la Q2.
Un incident qui coûte cher à Piastri
La scène se joue à la première chicane, dans les dernières secondes de la Q2. Piastri sort des stands, le rythme très lent pour se placer dans le train et préparer son tour rapide. Devant, la piste se libère. Derrière, Lawson arrive lancé pour sa dernière tentative.
L’Australien se retrouve exactement là où il ne faut pas être : en plein milieu de la trajectoire du pilote Racing Bulls. Le Néo-Zélandais explose à la radio : « Dude, what the f--k ?! »
Piastri, lui, explique après coup une séquence ingérable à ses yeux. « C’était une situation compliquée à gérer, raconte le pilote McLaren. Je sortais des stands, on m’a dit que Lawson et Verstappen arrivaient, mais j’ai dû freiner très fort pour me sortir de la trajectoire de Max, et ensuite je me suis retrouvé dans une position très délicate avec Liam. »
Les commissaires ne lui ont pas accordé de circonstances atténuantes. Verdict : trois places de pénalité sur la grille. Son 1:21.966, réalisé en Q3, reste un tour solide, mais il ne lui offrira qu’un départ depuis la troisième ligne.
Son coéquipier Lando Norris, lui, n’a pas réussi à se hisser au même niveau. Son meilleur tour, un 1:22.067, est resté coincé en Q2, loin de la lutte pour la pole.
Gasly, neuf ans d’attente pour une pole
À la radio, le soulagement explose : « Let’s go ! » « J’attendais ça depuis longtemps ! »
Gasly ne s’en cache pas : cette pole a le goût d’un aboutissement. « Au final, ça ressemblait vraiment à un très bon tour. Je suis tellement heureux – cela fait neuf ans que j’essaie, que je cours après l’opportunité de signer une pole position. Gagner ma première course à Monza, décrocher ma première pole sur ce circuit, c’est quelque chose de spécial ici. »
Monza, décidément, reste le théâtre de ses grands moments. Il y a déjà une victoire pour Gasly sur ce tracé. Il y a désormais une pole.
Russell surpris, Ferrari en embuscade, Verstappen à l’affût
Derrière l’Alpine, George Russell complète la première ligne. Le pilote Mercedes ne s’attendait pas à voir Gasly et son équipe à ce niveau. « Pour être totalement honnête, je ne pense pas qu’on imaginait qu’ils étaient dans le coup, reconnaît le Britannique. Ça montre simplement le travail incroyable qu’il a fait. »
Juste derrière, la grille a des allures de plateau explosif. Charles Leclerc s’élancera troisième, Lewis Hamilton quatrième, Max Verstappen cinquième. Piastri, repoussé en sixième position, se retrouve coincé derrière ce quintette de poids lourds.
Et pourtant, l’Australien estime que McLaren a trouvé quelque chose ce week-end. « Les choses ont été un peu meilleures, dit-il. Les temps n’ont pas été spectaculaires en essais, c’était assez brouillon. Mais en qualifications, la plupart du temps, on s’est bien placés dans le train, on a eu l’aspiration qu’il fallait, et c’était tout ce dont on avait besoin. On s’est mis au bon endroit, et je pense avoir sorti un bon tour. »
Le tour était là. La pénalité aussi.
Pour Gasly, la soirée se termine avec une pole inattendue et un Monza qui lui sourit encore. Pour Piastri, elle commence avec un sentiment mitigé : la vitesse est au rendez-vous, mais il devra se frayer un chemin au cœur d’un peloton armé jusqu’aux dents.
Sur ce circuit où tout peut basculer en un freinage à la chicane, la question n’est plus de savoir qui est le plus rapide sur un tour. Elle est de savoir qui osera tout, au bon moment, quand les feux s’éteindront.




