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George Russell se distingue à Monza et vise la pole

George Russell a choisi son moment. Sous le ciel lourd de Monza, dans une troisième séance d’essais libres tendue comme un samedi d’Italie sait l’être, le pilote Mercedes a claqué un 1’22’’219 qui a mis tout le monde d’accord. Plus de deux dixièmes d’avance sur Lewis Hamilton, la Ferrari locale, et un message clair à tout le plateau avant les qualifications du Grand Prix d’Italie.

Russell en patron, Hamilton au contact

Depuis vendredi, Mercedes et Ferrari se marquent à la roue près. Deux équipes, deux philosophies, un même objectif : dominer sur le temple de la vitesse. Cette fois, c’est Russell qui a pris la main, avec une voiture visiblement à l’aise dans les longues lignes droites de Monza.

Hamilton s’est accroché, mais n’a pas pu faire mieux que deuxième. L’écart n’est pas abyssal, mais suffisamment net pour placer Russell au centre du jeu. Le Britannique de 28 ans vit une saison compliquée, lui qui avait démarré l’année dans la peau du favori avant d’être dominé par son jeune équipier. À Monza, il retrouve enfin du rythme, de la confiance, et une opportunité en or de relancer sa campagne.

Mercedes a même tenté un coup stratégique en utilisant Kimi Antonelli comme lièvre, chargé d’offrir l’aspiration idéale à Russell sur ce circuit où le sillage peut faire la différence. Un plan malin, mais finalement anecdotique : les meilleurs tours de Russell sont tombés sans le moindre tow. Juste lui, sa voiture, et un tour propre.

Antonelli pénalisé, mais toujours menaçant

Le paradoxe est cruel pour Mercedes : leur homme fort au championnat, c’est Antonelli. Le jeune Italien, leader du classement avec 59 points d’avance sur Russell et Hamilton, ne jouera pourtant pas la pole. Des changements de pièces moteur lui valent une série de pénalités qui le renverront au fond de grille, quoi qu’il signe en qualifications.

Cela ne l’a pas empêché de rester dans le coup. Plus concentré sur le rythme de course que sur la performance pure, Antonelli a terminé quatrième de la séance, juste derrière la Red Bull de Max Verstappen. Une position qui en dit long sur son niveau actuel, même en mode gestion.

Devant lui, Verstappen s’est glissé dans le trio de tête, sans faire de bruit mais avec son efficacité habituelle. Loin du tumulte des tifosi, le Néerlandais a signé un tour solide, sans toutefois menacer réellement Russell.

Norris, Leclerc et la chasse au leader

Derrière ce quatuor, Lando Norris continue de se rapprocher, course après course, de la tête du championnat. Vainqueur des deux dernières manches, le pilote McLaren a pris la cinquième place de cette séance, juste devant Charles Leclerc.

Norris est désormais revenu à 83 points d’Antonelli. L’écart reste important, mais sa dynamique est tout autre : il marque gros, souvent, et ne laisse plus passer grand-chose. Monza peut lui offrir une nouvelle rampe de lancement.

Leclerc, lui, porte sur ses épaules l’attente d’un peuple. Ferrari a amené sur son circuit fétiche une deuxième évolution moteur cette saison, et la Scuderia semble avoir enfin réduit son déficit de vitesse de pointe face à Mercedes. Les rouges sont plus affûtées en ligne droite, plus stables, plus dangereuses. Mais pour décrocher une pole qui enflammerait tout un pays, il manque encore un souffle, un dixième, un tour parfait.

Tension maximale entre Hamilton et Verstappen

La séance s’est achevée dans une atmosphère électrique. Dans les dernières minutes, alors que tout le monde se lançait pour un ultime tour rapide, Hamilton et Verstappen ont failli raviver un vieux souvenir.

En approche du dernier virage, Hamilton est passé devant Verstappen dans la lutte pour la position en piste. Le Néerlandais n’a pas apprécié. Sur la ligne de départ-arrivée, il a tenté de repasser et s’est jeté à l’intérieur au premier virage, plongeant agressivement sur la Ferrari.

Hamilton a choisi la voie de la sagesse. Il a relevé le pied, abandonné la manœuvre et évité le contact. On n’est pas passé loin d’un remake de leur célèbre accrochage de 2021 à Monza, lorsque les deux hommes se battaient pour le titre mondial. Les commissaires ont noté l’incident, mais n’ont jugé nécessaire ni enquête, ni sanction. Le message, lui, est clair : la tension ne demande qu’une étincelle.

Mercedes reprend des couleurs

Pour Mercedes, cette troisième séance a le parfum d’un tournant. L’écurie n’a presque rien concédé sur l’ensemble du tour, ni en déploiement, ni en vitesse de pointe, ni en stabilité. Les réglages semblent enfin converger, et Russell en profite pleinement.

Psychologiquement, l’enjeu est énorme. Avec un équipier largement en tête du championnat, Russell a besoin de reprendre la main, de casser la dynamique interne. Une pole à Monza, sur un circuit qui ne pardonne ni les approximations ni les doutes, peut changer le ton de sa saison.

Le décor est planté : un Russell en confiance, un Hamilton toujours incisif, un Antonelli condamné à la remontée furieuse, un Verstappen à l’affût, Norris en embuscade, Leclerc porté par un peuple entier.

Les qualifications à Monza ne se contenteront pas de dessiner une grille. Elles diront aussi qui, dans ce championnat, a encore les épaules pour tout renverser.