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Glamorgan met fin à la malédiction de l’Oval et assure son maintien

Dix ans qu’ils attendaient ça. À l’ombre du Kia Oval, Glamorgan a enfin retrouvé le goût d’une victoire en red-ball sur la pelouse de Surrey, s’imposant par 184 runs et assurant, dans le même mouvement, sa place en Division One la saison prochaine. Une victoire construite à l’ancienne : un énorme total, une cible irréelle pour l’adversaire et, au quatrième jour, des nerfs solides quand la pression s’installe.

Surrey, lui, s’est heurté au mur. Poursuivant un objectif délirant de 612 runs – qui aurait constitué un record mondial en poursuite – le champion londonien a fini par céder à 427, malgré un combat acharné et un chef d’orchestre, Ryan Patel, en état de grâce.

Patel rallume l’espoir… avant le coup de froid

Le scénario du matin avait tout d’un hold-up en préparation. Surrey repart sur 177 pour 2, la cible encore lointaine mais pas totalement hors de portée pour qui veut d’abord sauver le nul. Ryan Patel, déjà bien installé, avance à grands pas. Un straight drive plein axe sur Ray Toole l’emmène dans les 90, le timing est pur, le geste autoritaire.

Puis le jeu se fige. À mesure qu’il s’approche des trois chiffres, Patel se crispe, les runs se font plus rares. En face, Glamorgan ne lâche pas un centimètre. Timm van der Gugten enchaîne les trajectoires tendues, Zain ul Hassan maintient la pression, la marge d’erreur se réduit.

À l’autre bout, Ollie Pope ne respire jamais vraiment la sérénité. Il joue et manque à plusieurs reprises face à Van der Gugten, échappe de peu à la sanction sur un push mal contrôlé qui file près du mid-wicket. La tension monte, la marge de manœuvre fond.

La première fissure arrive avec le changement de rythme. Ul Hassan entre en scène, trois balles suffisent. Il pousse Pope à la faute, drive trop ambitieux, bord extérieur, et Chris Cooke, monté aux stumps, s’empare du ballon. Une association de 168 runs brisée net, un premier tournant.

Patel finit bien par atteindre son cent, un simple dans le côté jambe sur Mason Crane. Soulagement, applaudissements, quatre heures de résistance récompensées. À ses côtés, Dan Lawrence choisit la voie offensive, cogne Van der Gugten vers la limite, et Surrey file vers le déjeuner avec l’idée d’un après-midi à rallonge.

Juste avant la pause, Glamorgan frappe encore. Dernière balle de la session, Mir Hamza trouve le bord, Ben Kellaway s’arrache au gully, plonge sur sa droite et colle une prise splendide. Patel s’arrête à 132, la colonne vertébrale de l’ordre supérieur vient de tomber. Le match bascule.

Spin, audace et nerfs solides

Au retour des vestiaires, Surrey tente de relancer la machine. Lawrence, déjà en confiance, reverse-sweep Kellaway pour quatre et fait passer le total au-delà de 300. Le geste est osé, presque provocateur. Il tente de le répéter quelques overs plus tard. Cette fois, la pièce tombe du mauvais côté. Top-edge, la balle monte, Asa Tribe déboule depuis le slip et sécurise la prise. Un pari de trop, une autre pièce maîtresse qui disparaît.

Glamorgan sent l’ouverture et change de registre. Kellaway reste en place, Crane le rejoint : double spin, champ resserré, pression maximale. La réponse est immédiate. Crane sort une merveille de leg-spin, la balle tourne violemment et vient faucher la off stump d’Adam Thomas. Image brutale, symbole clair : Surrey perd un wicket et un peu de foi.

Les espoirs se concentrent alors sur Ben Foakes. Avec Tom Lawes à ses côtés, il tente de reconstruire, d’user le temps, de faire douter les visiteurs. Les deux hommes ajoutent 49 runs, grignotent le déficit, repoussent l’échéance. Pendant quelques overs, l’ovale se calme, les murmures remplacent les cris.

Puis Van der Gugten revient avec le nouveau ballon. Ligne tendue, longueur parfaite, la balle rase le sol et transperce la défense de Foakes, middle stump arrachée. Un wicket qui sonne comme une sentence. Surrey perd son gardien le plus fiable, Glamorgan se rapproche.

Lawes refuse pourtant de céder sans combattre. Il choisit ses balles, bloque ce qu’il doit, sanctionne ce qui traîne. Les limites repartent, le compteur avance. À 45, la demi-centurie lui tend les bras. Crane lui coupe la route. Balle pleine, impact devant les stumps, l’arbitre n’hésite pas : lbw. Avec lui, c’est une bonne partie des dernières illusions de Surrey qui s’éteignent.

Il ne reste plus qu’à fermer la porte. Van der Gugten s’en charge, encore. James Taylor voit ses stumps voler, le dernier acte se joue en un éclair. Surrey s’écroule à 427, Glamorgan peut enfin laisser éclater sa joie.

Une double victoire sur Surrey et un message envoyé

Ce succès n’efface pas tout, mais il dit beaucoup. Glamorgan restait sur quatre rencontres sans victoire. Ici, au Kia Oval, il signe non seulement un succès éclatant, mais aussi un doublé sur Surrey en Championship cette saison. Les 594 runs du second innings, portés par les 155 d’Asa Tribe et l’invincibilité de Mason Crane à 114*, avaient déjà posé les fondations d’un triomphe. Les bowlers ont fait le reste, en meute : deux wickets chacun pour Van der Gugten, Toole, Ul Hassan et Crane, tous impliqués, tous décisifs au bon moment.

Surrey, emmené par le 132 de Patel et le 75 d’Ollie Pope, a longtemps cru pouvoir arracher au moins le nul. La résistance fut réelle, parfois inspirée, mais jamais suffisante pour faire vaciller un adversaire qui, cette fois, a tenu son plan jusqu’au bout.

Glamorgan repart de l’Oval avec 19 points, un maintien assuré et une certitude nouvelle : cette équipe sait voyager, sait souffrir et sait conclure. La prochaine question n’est plus de savoir s’ils resteront en Division One. Elle est de mesurer jusqu’où cette confiance retrouvée peut les pousser la saison prochaine.