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Harriet Dart triomphe à l'US Open après 19 mois d'attente

À New York, Harriet Dart retrouve l’air des Grands Chelems

Harriet Dart avait l’air de quelqu’un qui venait d’ôter un poids de plusieurs kilos de ses épaules. Sur le court de Flushing Meadows, portée par un clan familial bruyant et soudé, la Britannique a enfin mis fin à dix-neuf mois de disette en Grand Chelem en renversant l’Américaine Peyton Stearns au premier tour de l’US Open, 3-6, 6-3, 6-2.

Une attente de dix-neuf mois qui explose

Depuis le deuxième tour de l’Open d’Australie 2025, plus rien. Pas une victoire dans un tableau principal de majeur. Des qualifications manquées sur quatre des six derniers Grands Chelems. Des invitations à Wimbledon qui se terminaient dès le premier tour. Une trajectoire en pointillés, où la frustration avait fini par devenir une compagne de route.

À New York, Dart est arrivée par la petite porte, encore une fois. Trois tours de qualifications, trois matches en trois sets, deux fois un premier set perdu face à Kristina Penickova puis Heather Watson. Rien n’a été simple, rien n’a été linéaire. Mais tout cela l’a préparée au combat de ce mardi.

Face à elle, Peyton Stearns, Américaine, mieux classée de plus de 75 places, joueuse de puissance, portée par le public. Sur le papier, le piège parfait. Sur le court, une autre histoire.

Une “maison loin de la maison”

Dans les tribunes, on entendait surtout les siens. Ses parents, son oncle, des cousins installés à New York, d’autres venus du Royaume-Uni. Une petite enclave britannique disséminée autour du court, mais qui donnait l’impression de former un seul bloc.

Pour Dart, New York n’est plus seulement un décor de carte postale. C’est devenu ce qu’elle appelle son “home away from home”, une maison loin de la maison. Elle l’a senti sur chaque point accroché, sur chaque échange disputé, lorsque les encouragements fusaient et coupaient le souffle au silence.

Quand la balle de match a enfin terminé sa course dehors, elle n’a pas hésité une seconde. Course vers son clan, accolade avec son équipe, parmi laquelle une figure qui compte : Marion Bartoli.

L’empreinte Bartoli

Depuis janvier, la championne de Wimbledon 2013 accompagne la 131e mondiale. Une présence qui change tout. Bartoli connaît les couloirs des Grands Chelems, la pression des jours de match, les matins de doute, les soirs d’épuisement. Elle sait ce que c’est que de traverser les creux et d’en sortir plus forte.

Dart le répète : elle absorbe tout. Les détails, les routines, les ajustements tactiques, la façon de gérer un début de match manqué sans sombrer. À Vancouver, en juillet, cela s’est traduit par un quart de finale en Challenger. À Cincinnati, par une qualification dans le tableau principal. À New York, par une victoire qui pèse bien plus qu’un simple deuxième tour décroché.

Le match : de la tempête au contrôle

Le début de rencontre n’annonçait pourtant rien de bon. Quatre balles de break pour Dart dès le premier jeu, aucune convertie. Un avertissement brutal : Stearns ne lui offrirait rien facilement.

L’Américaine s’installe, frappe fort, impose son rythme. Elle met une pression constante sur le service de la Britannique, la pousse loin derrière sa ligne, finit par la breaker dans le huitième jeu. Le premier set lui appartient, 6-3, sans qu’elle n’ait concédé la moindre balle de break après ce premier jeu inaugural.

Le scénario se durcit encore au début du deuxième set. Dart perd son engagement d’entrée. Break Stearns, public debout, impression de marche arrière pour la Britannique. C’est là que le match bascule.

Stearns commence à dérailler. Les coups gagnants s’enchaînent toujours – 40 au total – mais les fautes directes explosent, 47 au final. Dart s’accroche, allonge, varie, refuse de lâcher le fil. Elle récupère le break, puis un deuxième. Le 6-3 tombe en sa faveur, presque à contre-courant de la dynamique initiale. Le match repart de zéro, mais l’élan a changé de camp.

Dans le troisième set, Dart ne lâche plus la barre. Les deux joueuses se rendent coup pour coup, les breaks se succèdent, trois de suite. Puis vient le moment clé : ce sixième jeu, tenu au courage par la Britannique. Un jeu qui met fin à cette série de breaks et installe, pour la première fois, un vrai sentiment de contrôle dans sa raquette.

Elle se procure plusieurs balles de match, voit l’occasion lui échapper, puis revient à la charge. La quatrième est la bonne. Après un peu moins de deux heures et demie, elle s’offre une victoire nerveuse, éprouvante, mais fondatrice.

Une deuxième chance à saisir

Harriet Dart ne s’est pas seulement offert un deuxième tour. Elle s’est offert un nouveau point de départ. Elle y retrouvera la tête de série n°25, Marie Bouzkova, joueuse solide, accrocheuse, qui teste la constance plus que la puissance.

Autour d’elle, le camp britannique s’étoffe à New York : Toby Samuel, Katie Boulter, et désormais Dart, tous au deuxième tour. Pour la Londonienne de 30 ans, ce n’est pas un simple résultat à cocher sur une feuille de stats. C’est la preuve que le travail avec son “communauté” – famille, équipe, Bartoli – commence à porter.

À Flushing Meadows, elle a enfin retrouvé la sensation oubliée d’une victoire en Grand Chelem. La question, maintenant, est simple : jusqu’où peut-elle pousser cette nouvelle dynamique dans la ville qui commence à vraiment ressembler à chez elle ?