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Hedges vs Brown : Un combat marquant à Manchester

À Manchester, John Hedges n’est pas monté seul sur la balance. Avec lui, sur son T-shirt blanc, le visage de Ricky Hatton. Un hommage cru, frontal, à l’homme qui l’a accompagné dans ses premiers grands pas chez les pros et qui a bouleversé la ville bien avant lui.

Hatton, double champion du monde, retrouvé mort à son domicile de Manchester en septembre 2025 à 46 ans, reste une ombre immense sur la boxe britannique. Après avoir rangé les gants en 2012, le « Hitman » s’était mué en entraîneur, transmettant son sens du combat à une nouvelle génération. Parmi eux, Hedges, qui l’avait dans son coin lors de sa conquête du titre anglais des cruiserweights en mai 2025.

Hedges hué, mais sûr de lui

Cette fois, à New Century Hall, l’accueil a été tout autre. Hedges, 24 ans, venu d’Essex, a été copieusement hué au moment de monter sur scène pour la pesée de son combat de samedi face à Pat Brown. Salle acquise au local, chants pour Brown, sifflets pour lui. Classique soirée mancunienne.

Loin de se décomposer, Hedges a simplement désigné les images de Hatton sur son T-shirt, comme pour rappeler qu’il connaissait déjà ce genre d’ambiance. Il l’a dit sans trembler : ce n’est pas un environnement hostile pour lui, mais presque un décor familier. Il a rappelé avoir boxé à un haut niveau chez les amateurs, habitué aux atmosphères tendues, aux publics partisans, à ce bruit qui cherche à vous faire douter.

Pour lui, rien de nouveau. Bénédiction d’être là, oui. Surprise, non.

Invaincu en 12 combats professionnels, Hedges arrive à ce rendez-vous avec une feuille immaculée, mais un défi d’un autre calibre : un Brown à 6 victoires, 6 avant la limite, et deux ceintures vacantes en jeu, britannique et Commonwealth chez les cruiserweights.

Brown, enfant de Manchester et puncheur adoré

En face, Pat Brown incarne la nouvelle vague locale. Représentant de Team GB aux Jeux olympiques 2024, il s’est construit, combat après combat, une base de fans bruyante et fidèle dans sa ville. À la pesée, elle s’est manifestée d’une seule voix : « Oh, Patrick the Bomber », scandé en boucle, en référence à son surnom.

Les deux hommes ont affiché le même poids, 14 st 3 lb, soit 90 kg. Équilibre parfait sur la balance, contraste total dans l’attitude. Brown, très détendu toute la semaine face aux médias, a soudain durci le ton une fois la pesée bouclée. Regard fixe, voix ferme : il a répété que c’est pour ce genre de soirée qu’il est né. Il raconte que, depuis ses sept ans, depuis que son père l’a emmené pour la première fois dans une salle de boxe, tout le mène à ce moment-là.

L’arène aussi a changé de dimension. Le combat devait initialement se tenir à Planet Ice, à Altrincham. La demande de billets a forcé un déménagement vers une scène bien plus grande : Co-op Live. Un signal fort. Matchroom et son promoteur Eddie Hearn s’attendent à environ 5 000 personnes pour cette nuit de boxe. Pour un titre britannique et Commonwealth, c’est une montée en gamme qui en dit long sur la cote des deux hommes.

Une nuit pour écrire une histoire

D’un côté, l’invaincu d’Essex, marqué par l’héritage d’un Ricky Hatton disparu trop tôt, qui débarque en territoire ennemi avec le visage de son ancien mentor sur la poitrine. De l’autre, le puncheur olympien, enfant de Manchester, porté par une ville entière qui rêve de voir éclore un nouveau champion maison.

Les chiffres sont clairs, les trajectoires aussi. Reste une seule question : qui, samedi soir, fera rugir Co-op Live à son nom ?