Les Hornets échangent Buddy Hield pour Dorian Finney-Smith
Le coup est tombé en plein après-midi, signé Shams Charania. Un trade sec, sans fioritures, mais aux implications lourdes pour deux franchises en quête de cap clair et d’identité de jeu plus tranchée.
Les Atlanta Hawks envoient Buddy Hield, Ryan Nembhard et du cash aux Charlotte Hornets. En retour, Dorian Finney-Smith prend la direction de la Géorgie.
Charlotte allume la mèche à trois points
Pour les Hornets, l’idée est limpide : empiler les artilleurs et étirer le parquet jusqu’à la rupture. Buddy Hield sort certes d’une saison discrète sur le plan statistique – 7,6 points, 2,3 rebonds, 1,4 passe décisive de moyenne, à 43,7 % au tir et 34,9 % à trois points en 51 matchs entre Golden State et Atlanta – mais son CV parle pour lui. C’est l’un des shooteurs longue distance les plus prolifiques de la ligue sur la durée.
Il arrive en renfort dans un groupe déjà obsédé par la ligne à trois points. Kon Knueppel, Brandon Miller, Coby White, Naz Reid, Grayson Allen, Royce O’Neale… et désormais Buddy Hield. Andy Bailey l’a résumé d’une phrase : le record de tirs à trois points sur une saison (1 457) n’est plus une utopie pour Charlotte.
Sur les réseaux, les fans des Hornets ont aussitôt déroulé la profondeur de banc comme un argument de force. Buddy Hield, Ryan Nembhard, Dennis Schroder, Grayson Allen, Royce O’Neale, Christian Anderson, Sion James, Ryan Kalkbrenner, Liam McNeely, Tidjane Salaun, Hannes Steinbach, Grant Williams, Pat Connaughton, PJ Hall. Une liste interminable. Un banc qui ressemble à un laboratoire offensif.
L’association entre Kon Knueppel et Buddy Hield intrigue déjà les spécialistes de la stat. StatMuse rappelle que Knueppel affiche la meilleure moyenne de tirs primés par match de l’histoire pour un joueur jouant moins de 32 minutes, et Hield la meilleure pour un joueur sous les 28 minutes. Deux snipers sur le même flanc. Même sans ballon, la menace sera permanente.
Charlotte récupère aussi Ryan Nembhard, contrat abordable à 2,1 millions de dollars, et devrait créer une trade exception d’environ 4,5 millions, selon Bobby Marks. Un détail comptable, mais un outil de plus pour ajuster l’effectif.
La contrepartie ? Un embouteillage. Keith Smith le souligne : avec 18 joueurs sous contrat standard, les Hornets devront couper trois éléments. Le message est clair : la concurrence sera féroce, personne n’est assuré de sa place en bout de rotation.
Atlanta choisit la flexibilité et la polyvalence
Côté Hawks, le mouvement ressemble à une opération chirurgicale sur la masse salariale autant qu’à un choix sportif assumé. Dorian Finney-Smith arrive avec un contrat à 14,1 millions de dollars cette saison, puis 13,3 millions non garantis sur les deux suivantes. Un profil idéal pour garder une porte de sortie ouverte.
Brett Siegel l’a résumé : en échange d’un Buddy Hield doté d’une player option à 10 millions pour 2027-28, Atlanta récupère un ailier vétéran, athlétique, capable de défendre plusieurs postes, tout en se ménageant une vraie marge de manœuvre financière. Bobby Marks précise que les Hawks créent aussi une trade exception de 2,1 millions.
Finney-Smith, c’est le profil typique du role player que les équipes de playoffs recherchent : dur sur l’homme, solide dans les coupes, assez fiable derrière l’arc pour punir les aides. Atlanta accepte de prendre environ 2,4 millions supplémentaires sur sa masse salariale, mais reste à environ 1,4 million sous la luxury tax avec 15 contrats standards. La ligne rouge n’est pas franchie, la flexibilité reste intacte.
Le message envoyé à l’effectif est limpide : autour du noyau existant, les Hawks veulent des ailiers capables de défendre et de courir, pas seulement des spécialistes du tir.
Buddy Hield, de la loterie à un nouveau pari
Choisi en 6e position de la Draft 2016 en sortie d’Oklahoma, Buddy Hield a déjà beaucoup voyagé. New Orleans, Sacramento, Indiana, Golden State, Atlanta… et désormais Charlotte. À 32 ans, il ne vient plus pour apprendre, mais pour peser immédiatement.
Son passage à Golden State, puis à Atlanta, n’a pas retrouvé l’éclat de ses meilleures années, mais le tir reste sa signature. Et dans une équipe qui promet un volume record de tirs extérieurs, il n’aura aucune excuse : les systèmes seront pour lui, l’espace aussi.
Pour Charlotte, le pari est simple : entourer ses jeunes talents d’une armée de shooteurs pour accélérer leur développement et imposer un style de jeu identifiable. Pour Atlanta, la logique est différente : densifier les ailes, garder le cap sous la luxury tax, et se donner la possibilité de bouger encore.
Reste une question, simple et brutale : dans une NBA saturée de spacing, lequel de ces deux paris prendra vraiment feu quand les matchs compteront en avril ?




