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Inaki Williams met fin à son aventure avec le Ghana

Le message est tombé un vendredi après‑midi, discret mais définitif. Sur son compte X, Inaki Williams a annoncé qu’il mettait fin à son aventure avec la sélection du Ghana. Une phrase, surtout, résume tout : il part « heureux, fier et avec la tranquillité d’esprit de savoir » qu’il a tout donné chaque fois qu’il a enfilé ce maillot.

Pour les Black Stars, c’est une page qui se tourne. Pour lui, une boucle qui se referme.

Un dernier Mondial comme épilogue

L’attaquant de l’Athletic Bilbao sort tout juste d’une Coupe du monde 2026 frustrante avec le Ghana. L’équipe avait bâti sa confiance sur une phase de groupes solide, marquée par deux clean sheets face au Panama et à l’Angleterre. L’espoir grandissait, les ambitions aussi.

Puis la chute. Une défaite 1-0 contre la Colombie, cruelle par son minimalisme, a scellé l’élimination. Ce match aura finalement servi de dernier chapitre de Williams en sélection.

C’est dans ce contexte, encore chargé d’émotion, qu’il a choisi de dire stop.

L’Espagne en premier choix, le Ghana comme retour aux racines

Pendant longtemps, son destin international semblait tracé vers la Roja. Inaki Williams a connu sa première convocation avec l’Espagne en mars 2015, chez les moins de 21 ans. Il a porté ce maillot, mais sans jamais s’installer dans les grandes compétitions avec l’équipe A.

Le tournant arrive en 2022. Le 5 juillet, il officialise sa décision de représenter le Ghana, pays de ses parents, à l’approche de la Coupe du monde 2022. Un choix mûri, loin d’un simple opportunisme sportif.

Quelques années plus tôt, interrogé sur la possibilité de jouer pour les Black Stars, il rappelait que ses parents venaient d’Accra, mais que sa culture était façonnée en Espagne. Finalement, le lien du sang et des origines a pris le dessus.

Dans son message d’adieu, il insiste : le Ghana lui a offert bien plus que du football. La sélection lui a permis de « revenir à la maison », de se sentir plus proche de ses racines et de vivre la fierté immense de représenter son pays d’origine, drapeau sur la poitrine.

Une histoire familiale hors norme

Derrière le joueur, il y a un récit qui dépasse le cadre du terrain. Né de parents ghanéens arrivés en Espagne au terme d’un périple éprouvant – Sahara traversé à pied, barrière de Melilla franchie –, Inaki Williams a grandi avec cette histoire en toile de fond.

Enfant, il forge son talent ballon au pied. À 18 ans, l’Athletic Bilbao le repère et l’intègre à son équipe de jeunes. Le club basque, fidèle à son identité, voit en lui un profil à façonner sur la durée.

Dès 2014, il débute en équipe première en Liga. Un an plus tard, il marque son premier but. La progression est linéaire, mais son impact va rapidement dépasser les simples statistiques.

Avec le temps, Williams devient une pièce maîtresse de l’Athletic. Il s’illustre dans les grands rendez‑vous, notamment avec ce but spectaculaire de 20 mètres face au FC Barcelona en finale de Supercoupe d’Espagne, symbole de son importance dans les grandes soirées du club.

Un contrat hors norme et une loyauté assumée

En 2019, l’Athletic Bilbao verrouille son attaquant. Williams signe un contrat de neuf ans, l’un des plus longs de l’histoire récente du football européen. Une rareté, presque un anachronisme dans un marché dominé par les mouvements incessants.

Ce bail rappelle un autre contrat légendaire, celui de Denilson avec le Real Betis à la fin des années 90, étalé sur dix ans. La comparaison dit tout de la confiance placée en lui et de la relation particulière entre le joueur et son club.

Pendant que son avenir en club s’écrivait sur le long terme, sa trajectoire internationale, elle, restait plus incertaine. Espagne ou Ghana ? Le choix final l’a ramené vers le continent africain.

Un adieu sans rupture

Aujourd’hui, Inaki Williams ferme le chapitre Black Stars, mais ne tourne pas le dos au Ghana. Il promet de continuer à soutenir la sélection et le football ghanéen.

Il n’y aura plus ses courses en profondeur sous le maillot national, plus ses appels dans le dos des défenses au Mondial. Mais il restera cette image : celle d’un joueur qui a choisi de représenter le pays de ses parents, d’assumer ses racines et de les honorer sur la scène mondiale.

La suite se jouera à Bilbao, sous les couleurs de l’Athletic. Avec, désormais, la liberté de se concentrer entièrement sur son club, et la certitude d’avoir, pour le Ghana, tenu sa promesse jusqu’au bout.