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L’Inde atteint la finale de la Women’s Asia Cup après avoir battu le Bangladesh

À Dubai, l’histoire se répète. L’Inde jouera une sixième finale consécutive de Women’s Asia Cup après avoir maîtrisé le Bangladesh par 40 runs, dans une demi-finale où le talent a fini par étouffer la résistance.

Les Indiennes attendent désormais la gagnante de Pakistan – Sri Lanka, qui se joue le 11 septembre. Mais ce jeudi soir, tout tournait autour d’un trio familier : Shafali Verma avec le bâton, puis le carrousel de spin emmené par Deepti Sharma, N. Shree Charani et Prema Rawat.

Shafali, miraculée puis destructrice

Envoyée à la batte après le toss perdu, l’Inde a d’abord vacillé. Smriti Mandhana, à 68 runs de devenir la meilleure marqueuse de l’histoire du T20I féminin, n’a jamais vraiment démarré. Elle tombe pour 2 (5 balles), prise par Shorna Akter après une prise impeccable sur une balle de Sultana Khatun. 9/1 au bout de deux overs, et déjà un premier frisson.

Shafali, elle, a flirté avec le précipice. Première alerte dès le deuxième over : gros coup manqué, la balle monte, Fahima Khatun a tout le temps sous la sphère… et la laisse tomber. Première vie sur 6. Ce ne sera pas la dernière.

Marufa Akter, la meilleure preneuse de wickets en PowerPlay du tournoi, pensait la punir. Au lieu de ça, Shafali enclenche la machine. Un flick pour quatre, un coup de poing sur la longueur, l’Inde passe la barre des 20 dès le troisième over, portée aussi par un cover drive plein champ de Pratika Rawal.

Puis vient la première véritable accélération. Sultana Khatun revient, Shafali avance, et le Dubai International Stadium découvre le mode surpuissance. Deux six consécutifs, plein axe puis au-dessus de mid-off, la balle file dans les tribunes comme si le spin n’avait jamais régné sur ce tournoi. 34/1 après quatre overs, le ton est donné.

Le Bangladesh se ressaisit un instant. Les spinners serrent la vis, Rabeya Khan et Fahima Khatun enchaînent les overs sans boundary. Pratika tente de briser le carcan avec un six sur Rabeya au sixième over, mais l’Inde termine le PowerPlay sur 45/1, légèrement freinée.

Le vrai tournant, pourtant, tient dans les mains… bangladaises. Trois fois, Shafali est mise en jeu. Trois fois, elle est relâchée : sur 6, 11 puis 56. Des balles qui flottent, des trajectoires simples, des erreurs qui coûtent cher à ce niveau. Chaque répit, Shafali le transforme en punition.

Elle s’offre finalement un cinquantième T20I à 22 ans – son 20e déjà – dans un mélange de puissance brute et de chance insolente. Reverse sweep pour quatre, charges sur les spinners, edges qui fuient les mains et les gants. À 92/3, quand elle finit par tomber pour 64 (40 balles, 7 fours, 3 six) en cherchant encore la limite sur Sultana Khatun, son travail est fait. L’Inde tient son socle.

Harmanpreet en souffrance, Richa et Deepti recollent les morceaux

Entre-temps, le milieu d’ordre indien a une nouvelle fois montré ses fissures. Pratika, entrée à la place de Jemimah Rodrigues dans ce tournoi, n’a pas converti son départ. L’Inde perd aussi un peu de rythme, puis Harmanpreet Kaur s’enlise.

La capitaine vit un long supplice statistique. Bloquée à 2 runs sur 10 balles, puis 13 sur 22, incapable de trouver le timing sur une surface qui demande de la patience et des poignets souples, elle voit les overs défiler. Les spinners bangladaises, notamment Fahima et Nahida Akter, la ligotent avec une précision clinique.

Heureusement pour l’Inde, Richa Ghosh ramène de la percussion. Entrée après le départ de Shafali, elle tente le switch hit, cherche la profondeur, force les erreurs de longueur. Un six monstrueux sur Shorna Akter au 18e over, puis un autre plus tôt, rappellent que même dans un tournoi dominé par les tweakers, une frappeuse peut encore dicter le tempo.

Richa finit par se faire piéger, stumping net par Nigar Sultana sur une belle balle de Nahida, pour 21 (16 balles, 2 six). Mais la fin d’innings appartient à Deepti Sharma.

Arrivée au 19e over, elle lit parfaitement les variations de Marufa. Un slash derrière le carré pour quatre, puis un loft juste au-dessus de long-on pour six, avant un nouveau coup plein axe pour deux. Elle tente une dernière frappe et se fait cueillir par Rabeya à mid-off pour 13 (6 balles), mais elle a déjà injecté l’élan nécessaire.

Un run out sur Bharti Fulmali sur la dernière balle n’empêche pas l’Inde de fermer la manche sur 149/6. Sur un terrain où les spinners dictent la loi et où le run rate moyen reste modeste, ce total ressemble à un mur.

Charani dans l’histoire, la machine à spin se met en marche

Le Bangladesh sait qu’il lui faudra une entame parfaite. Kranti Gaud et Nandani Sharma ouvrent pour l’Inde, mais ce sont surtout les spinners qui attendent leur heure. La surface, déjà décrite comme un paradis pour tweakers, n’attend qu’elles.

Les premières minutes laissent entrevoir un espoir. Dilara Akter et Juairiya Ferdous posent une base : quelques fours, un swivel derrière square leg, un coup au-dessus de mid-wicket. 26/0 après cinq overs, sans casse. Le required rate grimpe doucement, mais la chase est encore en vie.

Puis N. Shree Charani entre en scène.

Un over d’avertissement, un rappel : elle n’est qu’à un wicket de son 50e scalp en T20I sur l’année civile, et à hauteur de Poonam Yadav pour le record indien. Son deuxième over scelle l’instant. Un top edge de Ferdous, Richa Ghosh ne tremble pas. 14 (18) et retour au pavillon. Charani termine sur un maiden avec wicket. Record égalé, Bangladesh ralenti.

La pression s’accumule. Shafali est introduite, son « golden arm » immédiatement mise à contribution. Les runs se raréfient, le required rate dépasse les huit par over, puis neuf. Dilara tente de briser le carcan avec un superbe coup dans le couvert sur Deepti, mais la réponse est brutale.

Deepti, justement, lance le début de la fin. Dilara, 21 (26), cherche encore l’agression, mais trouve Kranti à mid-wicket. Prise nette, le partenariat clé se brise. Le score : 35/2 après huit overs. Le poids des points de retard commence à écraser les Bangladaises.

Le Bangladesh s’accroche, l’Inde serre l’étau

Sobhana Mostary et Nigar Sultana tentent de reconstruire. Les singles arrivent, quelques doubles, une sweep de Nigar pour quatre, puis un énorme six qui redonne un souffle au camp bangladais. Mais la réalité est têtue : au 14e over, le Bangladesh n’est qu’à 73/3, exactement cinq runs par over. Loin, beaucoup trop loin des 7, 8, puis 9 nécessaires.

Deepti ne lâche rien. Elle revient, ligne pleine, trajectoire droite, et pulvérise les stumps de Sobhana pour 18 (24). Une balle simple, un effet maximum. 73/3 devient 73/4, puis 76/4 quand Prema Rawat frappe à son tour.

La leggie d’Uttarakhand, déjà précieuse au milieu des overs indiens, piège cette fois la capitaine adverse. Nigar, 19 (17, 1 four, 1 six), tente d’accélérer, mais ne trouve qu’un edge qui file vers short third. Nandani Sharma s’y jette et l’attrape. Le cœur tactique de la chase bangladaise vient de tomber.

À 84/5 après 16 overs, la mission devient quasi impossible. Shorna Akter, pourtant, refuse de s’éteindre sans bruit. Elle claque un six sur Deepti, puis un autre plus tôt sur Shafali, frappes pleines de courage vers long-on. Mais chaque boundary ressemble à un sursaut isolé, pas à un renversement de tendance.

Nandani ferme la porte, l’Inde valide son billet

Les derniers overs ne sont plus qu’une question de marge. Le Bangladesh a besoin de miracles à deux balles, l’Inde a simplement besoin de rester calme.

Charani, encore elle, continue de tourner autour des batteuses. Prema varie les angles, les vitesses, les trajectoires. Les singles s’empilent, mais les limites ne viennent pas. La chase se dissout dans le temps.

À 98/5 après 18 overs, il reste 52 runs à inscrire sur 12 balles. Mathématiquement possible, pratiquement irréaliste. Shorna tente le tout pour le tout contre Shafali, frappe un six plein champ, puis se retrouve impliquée dans une collision effrayante entre Richa et Kranti sur un top edge. Les deux Indiennes restent au sol, le stade retient son souffle. Elles se relèvent finalement, pouce levé. Plus de peur que de mal.

Le symbole est fort : même dans le chaos, l’Inde ne lâche rien.

Le dernier acte appartient à Nandani Sharma. Chargée de conclure, elle se fait d’abord punir par un sublime dilscoop de Fahima Khatun, probablement le plus beau coup de la soirée, quatre plein de culot. Mais le répit est bref. Fahima (14 sur 14, 2 fours) trouve short backward point et offre une prise à Prema Rawat.

Sur la dernière balle, Rabeya Khan se frappe elle-même hors du match : hit wicket, sans le moindre run. Le tableau final est sans appel : 109/8 en 20 overs. L’Inde s’impose de 40 runs, pour une sixième qualification d’affilée en finale de Women’s Asia Cup.

Les chiffres racontent une histoire claire : un top-order bangladais trop timide, un milieu de chase asphyxié par la qualité du spin indien, et un India XI qui, malgré les doutes persistants autour de son middle-order, trouve toujours quelqu’un pour tenir la barre.

La question n’est plus de savoir si cette équipe ira au bout du tournoi. Elle est simple, plus tranchante : qui, entre Pakistan et Sri Lanka, osera vraiment défier ce bloc de spin et cette puissance de feu en finale à Dubai ?