Isack Hadjar forfait, Liam Lawson prolonge chez Red Bull à Madrid
Isack Hadjar va manquer un troisième Grand Prix consécutif. Le jeune Français, espoir majeur du programme Red Bull, n’est toujours pas remis de sa fracture au poignet et renonce au Grand Prix d’Espagne, disputé ce week-end sur le nouveau tracé urbain de Madrid.
À sa place, Red Bull reconduit Liam Lawson aux côtés de Max Verstappen. Une continuité logique, mais qui raconte aussi la brutalité du calendrier et la fragilité d’une carrière en pleine ascension.
Hadjar freiné par un simple entraînement… aux lourdes conséquences
Tout est parti d’une séance de boxe, banale, pendant la pause estivale. Un exercice de routine, un mauvais mouvement, et une fracture fine dans un os du poignet. Rien de spectaculaire, mais suffisant pour écarter Hadjar des Grands Prix des Pays-Bas, d’Italie, puis désormais d’Espagne.
Red Bull l’a confirmé dans un communiqué : la convalescence progresse bien, mais pas assez pour l’autoriser à reprendre le volant. Pas question de le précipiter dans un cockpit de Formule 1 avec un poignet encore fragile.
Le Français sera tout de même présent à Madrid, au cœur du garage, pour suivre le travail de l’équipe et rester au contact de son environnement de course. Les dirigeants de Red Bull l’assurent : ils l’attendent « très bientôt » de retour en piste. Reste à savoir quand ce « bientôt » se transformera en feu vert médical.
Lawson saisit sa chance
Dans ce contexte, Liam Lawson enchaîne une troisième course consécutive avec Red Bull. Et il n’arrive pas en simple figurant.
À Zandvoort, le Néo-Zélandais s’est offert une qualification à un dixième seulement de Max Verstappen. Un écart infime face au triple champion du monde, sur un circuit piégeux, balayé par le vent et les erreurs. En course, il a converti ce rythme en un solide top 10, septième à l’arrivée du Grand Prix des Pays-Bas, loin de ses débuts hésitants au début de la saison précédente, avant d’être écarté.
À Monza, le week-end a été plus heurté. Éliminé en Q2 après avoir été gêné sur son meilleur tour par Oscar Piastri, il a ensuite été relégué au départ depuis la voie des stands à cause de pénalités moteur. Sa course s’est compliquée dès la relance sur départ arrêté, avec un contact contre la voiture Audi de Nico Hülkenberg qui l’a contraint à changer d’aileron avant. Il a tout de même remonté jusqu’à la quatorzième place, tandis que Verstappen montait sur le podium.
Madrid lui offre donc une nouvelle vitrine. Un circuit inédit, une pression immense, et une question simple : peut-il faire assez pour rester dans les plans de Red Bull sur le long terme ?
Tsunoda solide, mais sous la loupe
Chez Racing Bulls, Yuki Tsunoda traverse lui aussi une séquence charnière. Le Japonais vient d’enchaîner deux week-ends propres, sans éclat majeur mais avec une constance que son début de carrière ne laissait pas toujours présager.
Aux Pays-Bas, il termine juste devant son coéquipier Arvid Lindblad. À Monza, il arrache un point important avec une dixième place, dans une course dense et stratégique. Un résultat qui pourrait toutefois ne pas rester gravé dans le marbre.
Audi prépare en effet un appel après un incident lors du départ arrêté à Monza : Tsunoda s’est rangé dans la mauvaise case sur la grille, ce qui a déclenché un tour de formation supplémentaire. Un détail de procédure, mais un détail qui peut peser lourd si les commissaires estiment que l’avantage ou le désordre créé mérite sanction.
L’épisode tombe mal pour un pilote qui joue gros. À 26 ans, écarté par Red Bull la saison passée, Tsunoda l’a dit avant l’Italie : il veut convaincre qu’il mérite un baquet sur la grille en 2027. Il se sait libre, à l’écoute, mais aussi conscient de la rareté des places.
Madrid, un week-end à enjeux multiples
Le Grand Prix d’Espagne version Madrid ne se résume donc pas à la quête d’un nouveau succès pour Max Verstappen. Derrière la star de Red Bull, les trajectoires se croisent.
Isack Hadjar doit regarder les choses de l’extérieur, poignet en rééducation et avenir à protéger. Liam Lawson joue une partie de son futur à chaque tour, déterminé à transformer un intérim en opportunité durable. Yuki Tsunoda, lui, tente de bâtir un dossier de candidature pour 2027, tout en espérant que Monza ne se retourne pas contre lui sur le tapis vert.
Pour certains, ce week-end ne sera qu’une course de plus au calendrier. Pour d’autres, il pourrait peser bien plus lourd dans la suite de leur carrière.




